Il y a des partenariats qui traversent les cycles politiques, les mutations économiques et les urgences climatiques sans perdre leur cohérence. Celui qui lie l’AFD à l’ONCF depuis deux décennies appartient à cette catégorie. Derrière la célébration institutionnelle, un constat s’impose : le ferroviaire est devenu, au Maroc, un levier silencieux mais décisif de transformation économique et sociale.
Depuis vingt ans, l’AFD accompagne l’ONCF dans la mise en œuvre de projets structurants, pensés autant pour les voyageurs que pour le fret. L’objectif n’a jamais été seulement technique. Il s’agit de renforcer la compétitivité des territoires, d’améliorer les mobilités du quotidien et de préparer une transition progressive vers des modes de transport moins émetteurs de carbone. Une logique de continuité, loin des effets d’annonce.
Pour Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, cette coopération dépasse le simple financement. Elle s’inscrit dans une vision nationale claire, celle d’un rail érigé en colonne vertébrale de la mobilité durable. Un discours qui résonne particulièrement dans un pays où l’urbanisation rapide et la pression sur les infrastructures routières imposent des arbitrages structurants, parfois coûteux mais nécessaires.
Cette dynamique trouve aujourd’hui un prolongement concret dans le programme de développement ferroviaire national à horizon 2030. Extension du réseau à grande vitesse, montée en puissance de services ferroviaires métropolitains de proximité à Rabat, Casablanca et Marrakech : les priorités sont connues, assumées, et alignées sur les besoins réels des citoyens. L’enjeu n’est plus seulement de relier les villes, mais de fluidifier les déplacements quotidiens.
À Rabat, le projet de trains de proximité soutenu par l’AFD illustre cette approche intégrée. Pensé en complémentarité avec le réseau de tramway, également accompagné par l’agence française, il répond à une problématique concrète : réduire la congestion, améliorer la ponctualité et offrir une alternative crédible à la voiture individuelle. Un changement de culture de mobilité, lent mais structurant.
Du côté de l’AFD, le message est cohérent. Catherine Bonnaud, directrice de l’agence au Maroc, rappelle que l’extension de la Ligne à Grande Vitesse constitue un projet à fort impact économique, social et environnemental. Derrière ces mots, une réalité : le rail est l’un des rares secteurs capables de concilier croissance, inclusion territoriale et transition écologique sans opposer développement et durabilité.
Ce partenariat AFD–ONCF, au fond, raconte autre chose qu’un bilan. Il traduit un choix de société. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, désengorger les grands axes, renforcer l’égalité d’accès à la mobilité : autant d’objectifs qui prennent forme à travers des infrastructures publiques pensées sur le long terme.
À l’heure où le Maroc affine ses priorités économiques et sociales, le rail apparaît moins comme une option que comme une évidence stratégique. Fortes de vingt ans de coopération, l’AFD et l’ONCF misent sur la continuité, la rigueur et l’impact durable. Une trajectoire discrète, mais essentielle, pour une mobilité plus juste, plus propre et résolument tournée vers l’avenir.












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