Cette décision, avant tout technique, ne se limite pas à une simple note ministérielle lue à la va-vite dans un coin. Elle s’inscrit dans un effort plus large de modernisation de la monnaie fiduciaire marocaine, de lutte contre la contrefaçon et de mise à jour de la qualité de billets en circulation – enjeux essentiels alors que l’usage du cash reste significatif dans l’économie nationale.
Chose rare dans notre expérience quotidienne du dirham, ce retrait touche des billets qui ont pour certains accompagné plusieurs générations de Marocains dans leurs transactions quotidiennes. Parmi eux, on retrouve les coupures suivantes :
• Les billets de 10, 50, 100 et 200 dirhams émis en 1987,
• Les billets de 10 dirhams de 1990,
• Et les billets de 20 dirhams de 1996.
Autrement dit, si vous avez encore des billets portant ces dates, ils ne sont plus recevables comme moyen de paiement chez les commerçants ou dans les transactions privées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
Pour beaucoup, ce chiffre cogne un peu sur l’affect : ces billets sont parfois assez usés, certains racontent même des histoires personnelles dans lesquelles un vieux billet de 100 dirhams de 1987 leur rappelle un premier salaire ou un premier achat important… Mais l’institution monétaire a tranché, et c’est avant tout une question de sécurité des transactions et de confiance dans la monnaie qui motive cette mesure.
Échange jusqu’à fin 2030 – attention au délai
Bank Al-Maghrib a tenu à rassurer : aucune perte financière n’est prévue pour les détenteurs de ces billets historiques. Tous ceux qui les possèdent peuvent les échanger sans condition, que ce soit auprès des guichets de la banque centrale ou dans l’ensemble des établissements bancaires du pays. Cette période d’échange s’étend du 1ᵉʳ janvier 2026 au 31 décembre 2030.
Cette fenêtre de quatre ans vise à laisser suffisamment de temps aux citoyens, petites entreprises comme ménages, pour se conformer à la mesure sans engorger les guichets bancaires ou laisser de côté des détenteurs occasionnels d’anciennes coupures.
Pourquoi ce retrait maintenant ? Une logique monétaire sous-jacente
Au-delà de la simple mise à jour, cette décision s’inscrit dans un contexte plus vaste. À la fin de 2025, Bank Al-Maghrib avait elle-même souligné la nécessité de renforcer la qualité des billets en circulation et d’inciter au recours aux billets plus récents, notamment ceux dotés de meilleures caractéristiques de sécurité.
Dans un pays où le cash demeure largement utilisé, la présence de billets anciens – parfois endommagés ou plus faciles à falsifier – pose des défis visibles pour les banques, les commerçants et les particuliers. La mise à jour progressive de la monnaie est une démarche classique des banques centrales, mais qui peut devenir sensible lorsqu’elle touche des générations entières de billets.
Pour les lecteurs marocains de 24 à 54 ans, ce changement se révèle concret : il faut faire le tri dans ses tiroirs, vérifier les dates d’émission des billets encore en possession, et surtout planifier leur échange avant le 31 décembre 2030.
On a tendance à l’oublier, mais ce type d’opération, quand il est bien géré, peut aussi renforcer la confiance dans notre dirham et contribuer à une économie plus sûre et résiliente.
Et si un billet ancien vous raconte une histoire, c’est peut-être l’occasion de le troquer pour un billet plus neuf… tout en positivement tourné vers l’avenir économique du Maroc.
Ce retrait n’est pas une rupture sèche mais une invitation à actualiser notre rapport au cash – une monnaie qui circule certes dans nos poches, mais aussi dans la confiance collective que nous accordons à l’économie marocaine.












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