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« Bourse de Casablanca : un rebond sélectif soutenu par les résultats et les matières premières, sous vigilance pétrolière »


Rédigé par La rédaction le Samedi 22 Août 2026



Analyse hebdomadaire en partenariat avec AFI

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Performances du MASI, MASI 20 et MASI RB
 
Du 31 juillet au 19 août 2026, le MASI a réalisé une performance de +6,44%, ce qui a permis à l’indice phare de la Bourse de Casablanca de renouer avec le positif avec une performance, depuis le début de l’année ou YTD, de 0,77%. Le MASI 20 a réalisé une performance moins significative (+3,67%) et en YTD, il affiche encore une contre-performance de -8,06%.
Pendant cette période, des détachements de dividendes ont eu lieu et le MASI Rentabilité Brut affiche une performance légèrement supérieure à celle du MASI Brut (communément appelé MASI) avec +6,57%, ce qui ramène sa performance YTD à +3,19%, en raison des dividendes des valeurs cotées qui ont été détachés depuis mars 2026.
 
Les volumes sur le Marché Central
Du 31 juillet au 19 août 2026, ce sont 2 702 millions de dirhams (millions de MAD) qui ont été échangés ou 2,7 milliards de dirhams, sur 13 jours de cotation. Cela correspond à une moyenne quotidienne de 207,8 millions de MAD.
Pour comparer avec les périodes précédentes et les semaines que nous avons analysées précédemment, la moyenne mobile à 20 jours des volumes sur le marché central remonte à 207,8 millions de MAD, contre 185,02 millions de MAD pour la moyenne mobile à 50 jours, 268,5 millions de MAD pour la moyenne mobile à 100 jours et 380,7 millions de MAD pour la moyenne mobile à 200 jours.
Cette remontée est notamment due à la journée du 7 août qui a vu transiger 560,6 millions de MAD sur le marché central, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne du volume de l’année 2025 sur le marché central qui est de 489,5 millions de MAD.
 
Valeurs du MASI 20
Au sein du MASI 20, qui regroupe les 20 valeurs les plus liquides parmi les 40 plus grandes capitalisations boursières en termes de flottant – c’est à dire la part du capital la plus susceptible de faire l’objet de transactions sur le marché central –, les volumes les plus importants de la période du 31 juillet au 19 août ont été enregistrés sur Maroc Telecom avec 228,8 millions MAD, sur Addoha avec 201,2 millions MAD, sur Attijariwafa Bank avec 170,45 millions MAD, sur Marsa Maroc avec 138,4 millions MAD et sur Holcim Maroc SA avec 125,2 millions MAD. Tout comme pendant les périodes analysées précédemment, à l’exception de la semaine qui a vu les premières cotations de T2S Holding, les volumes échangés sur le marché central sur les valeurs du MASI 20 concentrent 60% des volumes échangés sur l’ensemble des valeurs du MASI.
 
Sur un mois, les valeurs qui ont connu les plus fortes hausses sont Alliances (+16,20%), Addoha (+15,68%), Label’Vie (+15,07%), Maroc Telecom (+11,56%) et Cosumar (+7,03%). Les seule valeur du MASI qui affiche une performance légèrement en baisse est Marsa Maroc avec -0,92%.
 
Parmi les actualités des émetteurs : les résultats trimestriels T2 2026
Du 31 juillet au 19 août 2026, parmi les actualités des émetteurs, plusieurs sociétés ont publié leurs résultats trimestriels T2 2026, dont une partie mentionne leurs réalisations semestrielles (S1-2026), notamment :
 
- Managem : Managem affiche une accélération marquée de son activité au deuxième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires trimestriel atteint 6 011 millions de MAD, contre 2 098 millions de MAD au T2-2025, tandis que les investissements (CAPEX) reculent à 845 millions de MAD, contre 1 382 millions de MAD. Au premier semestre, le chiffre d’affaires consolidé bondit de 166% à 11 764 millions de MAD. Les investissements semestriels diminuent de 40% à 1 731 millions de MAD. L’endettement consolidé baisse de 21 % à 9 963 millions MAD.
 
- SMI : La SMI affiche une croissance soutenue au T2-2026, avec un chiffre d’affaires de 441 millions de MAD contre 326 millions de MAD un an auparavant, tandis que les CAPEX passent de 40 à 122 millions de MAD. Au premier semestre, le chiffre d’affaires atteint 852 millions de MAD, en hausse de 36% par rapport aux 628 millions de MAD réalisés au S1-2025. Les investissements semestriels bondissent de 111% à 190 millions de MAD. La trésorerie nette s’établit à 243 millions de MAD, en retrait de 297 millions de MAD par rapport à la clôture 2025.
 
- Label’Vie : LabelVie enregistre une solide progression au T2-2026, avec un chiffre d’affaires de 5 375 millions de MAD (+17,6%) et des ventes Grande Distribution de 4 607 millions de MAD (+19%), soutenues par une croissance à périmètre constant de 6,6%.

Les investissements trimestriels atteignent 666 millions de MAD (+58,6%). Au S1-2026, le chiffre d’affaires atteint 10 193 millions de MAD (+16,8%), tandis que les ventes de la grande distribution progressent de 17,4% à 8 794 millions de MAD. L’endettement net demeure maîtrisé à 4 650 millions de MAD.
 
- Aradei Capital : Le communiqué ne détaille pas les agrégats du seul T2, mais fait état d’un chiffre d’affaires semestriel hors promotion immobilière de 334 MMAD, en hausse de 8%, et d’un chiffre d’affaires consolidé IFRS de 393 MMAD, incluant 60 MMAD non récurrents liés à Sela Plaza Dar Bouazza. Les investissements semestriels progressent à 222 MMAD, contre 142 MMAD. La dette nette atteint 3 142 MMAD, contre 2 805 MMAD fin 2025.
 
D’après les données disponibles sur le site de la Bourse de Casablanca, entre le 31 juillet et le 19 août 2026, Dari Couspate, TGCC, Akdital et Sanlam Maroc ont détaché leurs dividendes, ce qui explique la différence de performance entre le MASI Rentabilité Brut et le MASI sur cette période.
 
 
Calendrier économique international et principaux indices mondiaux à vendredi 21/8/2026 16h
 
Depuis début août, le calendrier économique a mis en évidence un ralentissement de l’activité en Chine, une reprise industrielle européenne et une nette fragilisation de la conjoncture américaine.
 
Chine
Les indicateurs chinois signalent un essoufflement généralisé. Le PMI manufacturier RatingDog s’est établi à 50,9 en juillet, sous le consensus de 51,5 et en baisse par rapport à 51,7. Le commerce extérieur demeure dynamique, avec des exportations en hausse de 23,9% sur un an, au-dessus des 22,2% attendus, mais en décélération par rapport à juin. Les importations ont progressé de 27,5%, légèrement sous les 27,9% anticipés. L’inflation est ressortie à 0,5%, sous les 0,8% attendus. La production industrielle (+4,5%) et les ventes au détail (+0,6%) ont également déçu les attentes, confirmant la faiblesse de la demande intérieure.
 
Japon
Au Japon, la croissance du PIB au T2 a atteint 0,3% en glissement trimestriel, contre 0,5% attendu. Le déficit commercial de juillet s’est creusé à 634,5 Mds JPY, tout en restant moins marqué que les 680 Mds JPY anticipés. L’inflation annuelle a accéléré à 1,9% en juillet, après 1,6% en juin, sans consensus indiqué.
 
Europe
En Europe, les signaux restent contrastés mais s’améliorent en Allemagne : le PMI manufacturier flash a bondi à 54,1 en août, largement au-dessus du consensus de 52,0. Le ZEW allemand s’est aussi amélioré à 34,2, contre 30 attendu. En revanche, l’excédent commercial allemand a déçu à 15,4 Mds EUR, contre 17,4 Mds anticipés. Au Royaume-Uni, l’activité a progressé au T2 (+0,4%), conforme aux attentes, tandis que l’inflation a atteint 2,9%, en ligne avec le consensus.
 
États-Unis
Les États-Unis affichent des données plus préoccupantes : le NFP a reculé de 23 000 emplois en juillet, contre une création attendue de 80 000, malgré une baisse du chômage à 4,1%. Les ventes au détail ont reculé de 0,6%, contre +0,1% attendu, et le sentiment des ménages a nettement déçu. L’inflation a néanmoins respecté les attentes, à 3,4% sur un an, tandis que les permis de construire ont surpris favorablement.
 
Les principaux indices boursiers mondiaux ont globalement progressé sur un mois, avec une surperformance des actions émergentes, dans un environnement marqué par une inflation américaine modérée, mais aussi par des signaux contrastés sur la croissance mondiale.
 
MSCI World (+2,76%) : l’indice a bénéficié de la hausse des marchés développés, soutenue par le reflux de l’inflation américaine à 3,4% et une inflation sous-jacente à 2,5%. Les données d’activité ont toutefois signalé un ralentissement de la consommation et de l’emploi aux États-Unis.
 
MSCI Emerging Markets (+4,10%) : les émergents surperforment, portés par l’amélioration de l’appétit pour le risque et par des anticipations de conditions monétaires américaines moins restrictives. Cette dynamique demeure néanmoins hétérogène, notamment en Chine.
Chine : le Shanghai Composite gagne 0,99%, alors que le CSI 300 recule de 2,08% et le Chinext perd 0,59%. Les données économiques ont déçu, avec une production industrielle en hausse de 4,5% mais inférieure au consensus et des ventes au détail limitées à 0,6%, tandis que les volumes vendus restent contraints.
 
Japon (-0,15%) : le Nikkei 225 termine quasi stable. Le ralentissement du PIB au T2 (+0,3%), le déficit commercial et la remontée de l’inflation à 1,9% ont limité l’appétit pour les actions.
Europe (+1,12%) : le STOXX 600 est en train d’avancer modestement, appuyé par l’amélioration du PMI manufacturier allemand à 54,1 et du sentiment économique en Allemagne ZEW. Le ralentissement de la demande britannique et une inflation à 2,9% ont toutefois pesé. Le FTSE 100 affiche une performance mensuelle de +0,89%.
 
États-Unis : le S&P 500 est en train de progresser de +2,35%, le Dow Jones de +1,76% et le Nasdaq 100 de +0,94%. La désinflation a soutenu les valorisations, mais le repli des ventes au détail  (-0,6%) et la baisse de la confiance des ménages ont pénalisé les valeurs technologiques.
 
Au-delà des marchés actions, les matières premières ont également reflété la coexistence d’un assouplissement des anticipations monétaires américaines et de tensions géopolitiques persistantes. Si ce contexte a soutenu les métaux précieux, il a aussi ravivé la prime de risque sur l’énergie.
 
Le Brent gagne +4,27% sur un mois, principalement sous l’effet d’une prime géopolitique accrue. L’impasse des discussions États-Unis–Iran, les attaques contre des navires et la persistance des perturbations autour du détroit d’Ormuz ont ravivé les craintes sur l’offre mondiale. Les tensions sur les exportations russes et le resserrement du marché des distillats ont renforcé ce mouvement, malgré des perspectives de demande mondiale plus modérées.
 
L’or progresse de +12,20%, porté par le recul des anticipations de resserrement monétaire américain après des données d’emploi et d’inflation plus favorables. La baisse des rendements et du dollar, les achats continus des banques centrales et la demande de valeur refuge face aux tensions au Moyen-Orient ont soutenu la hausse.
 
Calendrier économique africain et principaux indices boursiers :
 
Depuis début août, le calendrier africain a fait ressortir une situation contrastée : désinflation plus rapide qu’attendu en Afrique du Sud, modération de l’inflation globale au Nigéria, amélioration du marché du travail au Maroc et statu quo monétaire au Kenya.
 
Afrique du Sud
Les indicateurs d’activité restent mitigés. Le PMI Absa manufacturier a reculé à 46,8 en juillet, contre 47,3, confirmant une contraction du secteur. Le PMI S&P Global s’établit à 50,3, légèrement sous 50,5 précédemment, mais demeure en zone d’expansion. La production manufacturière baisse de 1,7% sur un an, un recul néanmoins moins prononcé que -4,4% précédemment. La production minière recule encore de 4% sur un an, après -5,1%, tandis que la production d’or progresse de 6,2%.
 
L’inflation annuelle ralentit à 4,3%, sous le consensus de 4,5% et après 5%, alors que l’inflation sous-jacente augmente à 4,2%, contre 4,1%. Les ventes au détail déçoivent : +1,6% sur un an, sous le consensus de 2,3%, et -0,6% sur un mois. Le chômage atteint 33,6%, contre 32,7%, mais la confiance SACCI s’améliore à 125,4 contre 123,5.
 
Egypte
L’inflation annuelle décélère à 14,9%, contre 15,6% anticipé et 14,3% précédemment ; l’inflation sous-jacente ressort à 14,7%, sous le consensus de 14,9%. La croissance monétaire ralentit à 16,7%, contre 19,6%, tandis que les réserves de change augmentent à 56,29 Mds USD, après 55,07 Mds USD. Le PMI s’améliore à 46,8, contre 46,0, mais reste en contraction. La banque centrale maintient son taux directeur à 19%, conformément aux attentes ; le chômage baisse à 5,8%, contre 6%.
 
Nigéria
L’activité privée demeure expansionniste mais ralentit : le PMI Stanbic IBTC recule à 52,5 en juillet, contre 53,4. L’inflation globale annuelle baisse à 15,43%, après 15,91%, mais l’inflation alimentaire accélère fortement à 20,31%, contre 17,52%, signalant une persistance des pressions sur le pouvoir d’achat. 
 
Maroc
Le taux de chômage recule à 9,5% au T2, contre 10,8%. L’inflation se contracte de 1% sur un mois en juillet, après -0,4%, et atteint -0,6% sur un an, après +0,3%, confirmant une détente marquée des prix.
 
Kenya
La banque centrale a maintenu son taux directeur à 8,75%, conformément au consensus et inchangé par rapport à la décision précédente.
 
Côte d’Ivoire
La production industrielle ivoirienne a progressé de 1,6% au premier semestre 2026. La dynamique aurait été soutenue par le redressement des activités manufacturières ainsi que par les secteurs de l’énergie et de l’environnement, malgré un recul des industries extractives.
 
Sur un mois, les principaux marchés africains ont affiché une forte progression, portée par l’appétit pour le risque, la désinflation dans plusieurs économies et des facteurs locaux favorables. La BRVM et l’Afrique du Sud ont particulièrement surperformé.
MSCI Frontier Markets
 
Le MSCI Frontier Markets USD gagne 5,64% sur le mois. Cette performance traduit une revalorisation des marchés frontières, soutenue par une amélioration relative des perspectives de politique monétaire dans plusieurs économies et par la recherche de rendement. La hausse des marchés africains, notamment sud-africain, kényan et ouest-africain, a contribué à cette dynamique, malgré une conjoncture mondiale encore contrastée.
 
FTSE JSE All Africa 40
Le FTSE/JSE Africa Top 40 progresse de 10,07% grâce à la forte hausse des valeurs minières, tirées par l’or et les métaux précieux, ainsi qu’au repli de l’inflation sud-africaine à 4,3%, sous le consensus de 4,5%. Le renforcement du rand et l’anticipation de conditions monétaires moins restrictives ont également soutenu les financières et les valeurs cycliques.
 
Afrique du Sud
Le South Africa Top 40 progresse de 8,63%. Les investisseurs ont favorablement accueilli le ralentissement de l’inflation à 4,3% en juillet, contre 5% précédemment et 4,5% attendu, ce qui améliore les perspectives de détente monétaire. La hausse de 6,2% de la production aurifère et le bond de 30,5% des permis de construire ont également soutenu le sentiment. Les risques restent toutefois élevés : chômage à 33,6%, ventes au détail décevantes (+1,6% sur un an contre 2,3% attendu) et activité industrielle fragile.
 
Égypte
L’EGX 30 augmente de 1,49%. Le marché a bénéficié d’une inflation annuelle de 14,9%, inférieure au consensus de 15,6%, ainsi que d’une hausse des réserves de change à 56,29 milliards USD. Le maintien du taux directeur à 19%, conforme aux anticipations, a conforté la lisibilité monétaire. Le PMI demeure toutefois sous 50, à 46,8, confirmant une activité privée encore en contraction.
 
Kenya
Le NSE 20 s’apprécie de 5,30%, soutenu par la stabilité du cadre monétaire : la banque centrale a maintenu son taux directeur à 8,75%, conformément au consensus. Cette décision favorise la visibilité pour les banques et les entreprises, tout en préservant l’ancrage anti-inflationniste.
 
BRVM
Le BRVM Composite signe la meilleure performance, à +12,14%. La hausse reflète principalement un mouvement de réévaluation des actions régionales, dans un contexte de liquidité et d’appétit pour les marchés ouest-africains. En Côte d’Ivoire, la production industrielle a progressé de 1,6% au S1-2026, apportant un soutien modéré aux perspectives économiques régionales.
 
Implications pour le marché marocain

Le rebond du MASI s’inscrit dans un environnement favorable aux actifs risqués, marqué par la progression des marchés mondiaux, émergents et africains. La hausse de l’or et des métaux soutient les perspectives des minières marocaines, tandis que la désinflation locale et le recul du chômage favorisent les valeurs domestiques de consommation, de distribution et d’immobilier.

La hausse du Brent constitue néanmoins un risque pour les marges des entreprises et la facture énergétique nationale. Enfin, l’écart de performance entre le MASI et le MASI 20 confirme un rebond encore sélectif, dépendant des résultats semestriels et de la liquidité.





Samedi 22 Août 2026

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Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


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