I. Un gain diplomatique et géopolitique mesurable : le soft power en action
Pendant un mois, le Royaume est devenu :
- le centre diplomatique informel du continent,
- un hub de rencontres bilatérales et multilatérales,
- et une vitrine de stabilité institutionnelle dans un environnement régional sous tension.
Ce capital image est stratégique : il renforce la crédibilité du Maroc dans ses négociations économiques, ses partenariats Sud-Sud et ses ambitions continentales .
La CAN a ainsi consolidé le positionnement du Royaume comme puissance africaine d’équilibre, capable de fédérer, d’organiser et de sécuriser un événement continental majeur — un atout diplomatique clé à l’approche de la coupe du monde 2030.
II. Un impact économique direct et indirect significatif
Selon plusieurs estimations concordantes :
- Les retombées économiques directes de la CAN 2025 sont évaluées entre 10 et 12 milliards de dirhams, principalement dans le tourisme, l’hôtellerie, les transports et les services .
- En valeur globale, certaines analyses estiment que l’événement a généré jusqu’à 1 milliard d’euros de revenus, mobilisant plus de 3 000 entreprises et créant près de 100 000 emplois directs et indirects, temporaires et permanents.
Au-delà de l’événement, la CAN a permis d’accélérer l’exécution d’infrastructures structurantes — stades, mobilité urbaine, équipements hôteliers — dont près de 80 % serviront directement la Coupe du Monde 2030, réduisant ainsi le coût marginal des investissements futurs pour développer des villes en retard comme Fès et Agadir .
III. Un choc touristique historique et durable
En 2025, le Maroc a enregistré 19,8 millions d’arrivées touristiques, en hausse de 14 % par rapport à 2024, frôlant pour la première fois le seuil symbolique des 20 millions de visiteurs. Les recettes voyages ont atteint près de 124 milliards de dirhams, soit une progression annuelle de 19 % .
Dans certaines villes hôtes, l’impact a été immédiat :
- Rabat a accueilli à elle seule au moins 150 000 touristes supplémentaires pendant la CAN, selon les opérateurs du secteur.
- Les aéroports, notamment Casablanca Mohammed V, ont enregistré des pics de trafic dépassant 290 000 passagers sur la période, confirmant l’effet “accélérateur de flux” de l’événement.
Elle a transformé des visiteurs occasionnels en ambassadeurs touristiques durables, notamment en provenance d’Afrique subsaharienne, un marché à fort potentiel de croissance.
IV. Un héritage stratégique pour 2030
La CAN 2025 a permis :
- de tester les infrastructures sportives et urbaines,
- d’éprouver les dispositifs de sécurité et de mobilité,
- d’identifier les faiblesses organisationnelles à corriger avant 2030.
La CAN 2025 n’a pas été une dépense événementielle.
Le Maroc y a gagné :
- une crédibilité internationale renforcée,
- une économie locale stimulée,
- et une industrie touristique projetée dans une nouvelle dimension.
Par Saad Faouzi












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