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CP du Club des Entrepreneurs Bio


Le courrier du Ministère de l'Agriculture, annonçant la suspension de la Fimabio le 25 décembre dernier, est une nouvelle importante et critique pour la filière biologique ; néanmoins cette annonce était prévisible et elle est effectivement logique.



Depuis quelques années déjà, des opérateurs directement concernés et dynamiques sur le terrain demandaient à revoir les manières de travailler de la Fimabio, la prise en compte des intérêts collectifs des professionnels, la représentation sérieuse des opérateurs certifiés, une stratégie proactive vis-à-vis des consommateurs et la mobilisation de toutes les organisations concernées, coopératives et entreprises, petites, moyennes et grandes. Ces mêmes opérateurs ont souvent attirer l'attention sur les actions du contrat programme qui étaient loin d'atteindre les objectifs et sur les actions en matière de recherche qui étaient dans l’impasse ; ils alertaient souvent sur les bras de fer inutiles et contre-productifs de la Fimabio avec le Ministère de tutelle, ainsi que sur la conception erronée d'un Etat Providence dans le secteur, Etat qui devait tout prendre en charge, selon les dirigeants de la fédération. 

Les multiples départs des adhérents de la Fimabio, jusqu'à récemment encore, et l'absence totale de représentativité n'ont pas changé les pratiques associatives des dirigeants de la Fimabio, sourds et aveugles aux demandes, critiques constructives et propositions significatives en provenance des professionnels de la filière. Des décisions essentielles ont été prises en dehors de toute concertation et sans respecter le cadre réglementaire de l’interprofession ; la rétention d'information est devenue la règle et la prise de décision se fait en cercle restreint, alors qu’elle engage l’avenir de la filière.

La création du Club des Entrepreneurs Bio (CEBio) en 2018, association indépendante, a permis en deux ans de regrouper des dizaines d'entrepreneurs autour de plans d'action concrets et mobilisateurs et de partenariats gagnant-gagnant, de mettre en place une communication proactive dans les média sur l'intérêt du Bio et la promotion des produits vers les consommateurs, ainsi que le rayonnement du Bio « Made in Morocco » à l'export. Cette dynamique a permis de démontrer la capacité des professionnels à agir pour l'intérêt collectif et mis en évidence le potentiel de la filière ; la démarche de CEBio reposait notamment sur la concertation avec les responsables publics du secteur et avec les organisations patronales, ce qui a facilité la réussite d'actions marquantes, comme par exemple le grand salon national « Bio Expo 2019 » à Casablanca.

Aujourd'hui, il est plus que temps de mettre à plat la filière et de revoir sa représentation et sa structuration, afin de repartir sur des bases claires et acceptées par le plus grand nombre de professionnels certifiés. L'expérience acquise et le benchmarking des institutions similaires dans les pays avancés permettent de proposer des pistes sérieuses et pragmatiques, susceptibles de conduire à une architecture fonctionnelle et à même de piloter les plans stratégiques de Génération Green, dans leurs conceptions et leurs implémentations. Nous devons sans perdre un instant nous atteler à cette mission nationale, qui va dans le sens des intérêts du secteur privé, et appeler tous les professionnels qui ont à cœur l'intérêt de la filière à se rapprocher les uns des autres, de tourner la page des anciennes pratiques qui ont échoué, à débattre de l'avenir et avancer vers de nouvelles manières de faire.

Slim Kabbaj, Président CEBio
Yasser Medkouri, Vice-Président CEBio








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