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Carburants au Maroc : jusqu’à fin avril, le vrai risque n’est pas l’explosion, c’est l’installation du cher


Rédigé par le Samedi 21 Mars 2026

​Les premières hausses ont déjà eu lieu. Depuis le 16 mars, le gasoil s’affiche autour de 12,77 à 12,80 DH le litre à Casablanca, tandis que l’essence tourne autour de 13,93 DH. Beaucoup espèrent un simple accès de fièvre. Ce serait une erreur de lecture. En recroisant les marchés, le change, la fiscalité marocaine et le scénario macro crédible, la perspective la plus crédible d’ici au 30 avril n’est pas celle d’un retour au calme, mais celle d’un palier haut, avec trois dates à surveiller de près: le 31 mars, le 15 avril et le 30 avril.



Les trois dates à surveiller de près: le 31 mars, le 15 avril et le 30 avril.

Il faut partir d’une idée simple: au Maroc, le prix à la pompe ne suit pas le bruit médiatique, il suit une mécanique. Et cette mécanique est lente. Les distributeurs ne répercutent pas en temps réel le Brent de la veille. Ils répercutent des achats, du fret, des stocks, des délais et des arbitrages commerciaux. Autrement dit, la hausse déjà visible n’est peut-être pas la fin du mouvement, mais le début de sa traduction locale.

Cette analyse, qui mérite, a être réviser chaque semaine met justement le doigt sur le point central : la guerre, pour le Maroc, devient d’abord une affaire de pétrole. Si la crise se referme vite, le Brent peut revenir vers 70-80 dollars. Si elle s’étire, il reste dans une zone 90-110 dollars. Et si elle s’enlise vraiment, on ouvre un autre régime de risque, autour de 120-130 dollars. C’est cette grille qui permet de sortir des commentaires émotifs pour revenir à ce qui compte: combien coûtera l’énergie importée, et à quel rythme ce coût montera jusqu’au consommateur marocain.

​La première date, le 31 mars, sera un test de nervosité.

Pas forcément parce qu’une nouvelle hausse sera automatique ce jour-là, mais parce que ce sera le premier point de vérification après la secousse de mi-mars. Si les tensions internationales restent élevées et si les produits raffinés continuent de coûter cher, le marché marocain peut connaître un nouvel ajustement, même limité. À ce stade, le plus probable n’est pas une flambée supplémentaire de deux dirhams d’un coup.

Le plus probable, c’est une correction plus modeste, mais politiquement sensible, parce qu’elle confirmerait que le premier relèvement n’était pas un accident isolé.

​La deuxième date, le 15 avril, sera sans doute la plus importante.

C’est là que l’on commencera à voir si le Maroc entre dans une logique d’usure. L'analyse objective se doit d'insister, à juste titre, sur le fait que le scénario économiquement le plus crédible n’est pas celui du choc bref, mais celui de la tension prolongée. C’est souvent ainsi que les crises abîment réellement les économies importatrices: non par le spectaculaire, mais par la durée. Dans ce scénario central, le Maroc verrait la croissance un peu rognée, l’inflation remonter, le déficit courant se tendre et, surtout, le surcoût énergétique grimper jusqu’à 40 à 50 milliards de dirhams. Ce n’est plus une secousse, c’est une pression continue.

C’est précisément pour cela qu’il faut regarder aussi le change. Pour l’instant, le dirham ne décroche pas brutalement. Bank Al-Maghrib affichait le 19 mars un dollar à 9,392 dirhams, avec une dépréciation limitée face au billet vert au début de mars. Cela signifie que le cœur du problème n’est pas encore monétaire: il reste énergétique. Mais si le pétrole cher s’installe, la pression sur la devise peut devenir un deuxième canal de transmission. À court terme, le dollar n’explique pas tout. À moyen terme, il peut alourdir la facture.

Il y a ensuite un angle trop peu discuté: la fiscalité. La TVA sur les carburants est fixée à 10 %, et elle monte mécaniquement avec le prix de vente. Quant à la TIC, elle rigidifie le plancher du prix final. C’est ce qui rend les baisses lentes et les hausses immédiatement douloureuses. les observateurs rappelaientt dès le 10 mars qu’une hausse était attendue vers le 15 ou 16 mars, avant qu’elle ne se matérialise effectivement. Le même débat revient aujourd’hui: tant que ni la TIC ni la TVA ne sont retouchées, l’État amortit peu le choc à la pompe, même s’il aide certains transporteurs pour contenir l’effet sur les tarifs.

​La troisième date, le 30 avril, sera donc le vrai verdict.

À cette échéance, on ne parlera plus d’une hausse ponctuelle, mais d’une tendance. Et la tendance la plus crédible, en croisant les données disponibles et les simulations possibles, est celle d’un plateau haut durable.

Dans ce cas le scénario plausible sera le suivant : à fin avril, le gasoil pourrait évoluer dans une fourchette de 13,20 à 13,90 DH/litre, et l’essence entre 14,20 et 14,95 DH/litre, sauf accalmie rapide et crédible sur le front énergétique mondial. Ce n’est pas encore le scénario catastrophe. Mais ce n’est déjà plus une simple parenthèse.

Ce qu’il faut dire franchement, c’est que le danger social ne réside pas seulement dans le montant affiché. Il réside dans son effet de diffusion. Quand le carburant monte, tout le reste prend peur: le transport, la logistique, certains prix alimentaires, les arbitrages des petites entreprises, le budget des ménages, la confiance.

Une flambée brutale crée un choc. Un niveau élevé qui dure crée une fatigue. Et la fatigue, au Maroc comme ailleurs, mine plus profondément que le coup de tonnerre.

​Le plus mauvais service à rendre au public serait de lui vendre l’illusion d’un retour rapide à la normale.

D’ici au 30 avril, le scénario le plus sérieux n’est ni l’effondrement ni le soulagement. C’est la banalisation du cher.

Voilà pourquoi les trois dates du 31 mars, du 15 avril et du 30 avril comptent: non comme des rendez-vous mécaniques garantis, mais comme les trois moments où les Marocains pourront mesurer si la hausse de mars n’était qu’un épisode… ou le début d’un nouveau normal à la pompe.





Samedi 21 Mars 2026

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