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Carburants : la CGEM alerte sur les limites des aides et pousse l’indexation des tarifs


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 19 Mars 2026

La hausse des carburants remet sous pression le transport au Maroc. Si la CGEM salue l’aide de l’État, elle en souligne les failles et appelle à une réponse plus durable : transparence, réforme du secteur et indexation des tarifs.



La réaction est mesurée, presque prudente. Oui, l’aide accordée par l’État aux professionnels du transport arrive à point nommé. Mais pour Abdelilah Hifdi, président de la FTL affiliée à la CGEM, elle ne règle qu’une partie du problème. Et encore.
 

Intervenant récemment dans un format médiatique économique, il qualifie la subvention d’«opportune». Le mot est choisi. Car derrière ce soutien, une réalité plus rugueuse persiste : celle d’un secteur fragmenté, parfois opaque, où les effets d’aubaine ne sont jamais très loin. «Le dispositif actuel manque de transparence», insiste-t-il, pointant des critères d’attribution encore flous et une répartition qui ne reflète pas toujours l’activité réelle.
 

Sur le terrain, certains transporteurs le confient à demi-mot : ce ne sont pas forcément les plus actifs qui bénéficient le plus. Le système des agréments, en particulier, cristallise les critiques. Il favoriserait des logiques de rente au détriment des opérateurs effectifs. Résultat : les chauffeurs, eux, continuent de subir la volatilité des prix sans véritable filet durable.
 

Un chiffre revient comme un rappel brutal : près de 70 % du secteur évolue dans l’informel. Difficile, dans ces conditions, de déployer une politique publique parfaitement ciblée. La plateforme numérique dédiée à la distribution des aides, censée objectiver les choses, reste elle aussi perfectible. Absence de prise en compte du kilométrage réel, du volume d’activité… autant de biais qui, selon la FTL, limitent l’impact du soutien.
 

D’où cette proposition, récurrente mais toujours en suspens : indexer les tarifs du transport sur les prix des carburants, via une clause d’échelle mobile. Le principe est simple sur le papier : ajuster automatiquement les prix pour absorber les chocs énergétiques. «C’est la solution la plus pertinente», défend Hifdi. Une revendication ancienne du secteur, aujourd’hui bloquée au Secrétariat général du gouvernement.
 

Mais le sujet est sensible. Une telle mesure pourrait nourrir des tensions inflationnistes et compliquer l’équilibre macroéconomique, notamment dans un contexte où la politique monétaire reste vigilante. L’arbitrage est donc délicat.
 

Au-delà de l’urgence conjoncturelle, la CGEM plaide pour une transformation plus profonde : libéraliser, professionnaliser, sortir progressivement d’un modèle basé sur les agréments. L’exemple de pays comme la France, où des mécanismes d’indexation existent déjà, est souvent cité non comme un modèle à copier, mais comme une piste à adapter.
 

En filigrane, une conviction : sans réforme structurelle, les aides resteront des rustines. Et le secteur, lui, continuera d’avancer à contre-courant.
 

Dans un Maroc engagé dans ses transitions économiques, le transport ne peut plus être un angle mort. L’équation est connue : plus de transparence, moins de rente, et une régulation qui colle enfin à la réalité du terrain.






Jeudi 19 Mars 2026

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