Loin d’être un simple ajustement technique, il s’agit d’une ambition stratégique pour renforcer la compétitivité du port dans un contexte mondial où les chaînes logistiques se recomposent sous la pression de la croissance des échanges et des exigences écologiques accrues.
L’idée de départ n’est pas nouvelle pour les initiés du secteur, mais l’ampleur donnée à ce chantier l’est. Au TCE, l’opération prévoit d’approfondir le quai à -15,00 mZH, avec une capacité technique d’extension jusqu’à -16,00 mZH dans le futur une profondeur qui permettra à Casablanca de recevoir des navires encore plus volumineux, déjà la norme dans le commerce maritime contemporain.
À première vue, ces chiffres peuvent sembler hermétiques pour le grand public. Mais pour les acteurs du commerce ou les logisticiens, cela signifie moins d’attente en rade, plus de rotations par jour et des coûts moindres sur les grandes liaisons internationales. C’est aussi une réponse directe à la croissance du trafic conteneurisé, qui selon les comptes du groupe Marsa Maroc a déjà dépassé 1 million d’EVP traités annuellement sur l’ensemble de ses installations au Maroc.
L’opération ne s’arrête pas à l’eau. L’extension du quai TCE de 200 mètres s’accompagne de travaux de génie civil importants : démolition de bâtiments obsolètes, construction de passerelles dédiées au trafic Ro-Ro et réaménagement complet des zones de manœuvre.
Sur le terminal TC3, le plan est plus modéré mais tout aussi significatif : une extension linéaire du quai de 80 mètres et une nouvelle poutre de couronnement qui garantissent une liaison solide avec l’infrastructure existante. Les rails des portiques seront repositionnés avec soin pour optimiser le flux des opérations.
Ce que ce projet met en lumière, c’est une vision intégrée de l’opérateur portuaire. Marsa Maroc ne se contente pas de creuser ou d’ajouter des mètres. Il s’agit de repenser la performance opérationnelle globale. Les installations prévues incluent des équipements modernes comme des bollards, des défenses, des systèmes shore-power pour alimenter les navires à quai proprement, et même des réservations pour futurs amarrages automatisés.
Dans un Maroc qui aspire à être un hub logistique continental, l’amélioration des infrastructures du port de Casablanca s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un renforcement de l’excellence portuaire, en symbiose avec l’essor des exportations nationales et l’attraction d’investissements étrangers.
Pour les exportateurs marocains, les transitaires et les armateurs, l’enjeu est tangible : plus de capacité, moins de coûts, une meilleure fluidité. Pour le citoyen lambda, c’est un signal fort celui d’un pays qui mise sur son positionnement stratégique en Méditerranée et sur l’efficacité de ses chaînes logistiques pour soutenir la croissance économique.
Alors que ces travaux se précisent, reste à voir comment ils s’intégreront dans la feuille de route Marsa Maroc 2030, laquelle prévoit d’importants investissements dans plusieurs ports du Royaume, confortant davantage Casablanca comme un pilier incontournable de l’infrastructure portuaire nationale.
À l’heure où le commerce mondial se redessine à grande vitesse, Marseille, Rotterdam ou Hambourg ne sont plus les seuls points de repère. Casablanca, avec son port rénové et prêt pour l’avenir, s’affirme désormais comme un acteur clé des routes maritimes africaines et mondiales, capable de répondre aux défis d’une économie globale en mutation.












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