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Cet art naïf coûte-t-il les yeux de la raison ?




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Oeuvre de Chaïbia Talal exposée à la fondation CDG
Oeuvre de Chaïbia Talal exposée à la fondation CDG
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Un sujet à vous emmêler et votre quiétude bien engoncée dans l’aléatoire d’un dimanche dépareillé. Un bavardage enchevêtré, prêt à buter et son écheveau resté à travers gorge, contre le tumulte de vos postillons déchainés, de vos trémolos, ce siège vieillot prêt à vous soudoyer d’une sagesse arrachée aux épitaphes, contraire à vous et votre zèle imprégnée, loufoque, d’une science infuse, à vous ébranler ce qui vous reste de tête.   

Une trainée de vocables discordants, qui vous dérègle le cours du soleil, jusqu’à vous brûler les doigts, et vos allégations endiablées des lettres.  Vous discourez en maître des contrastes, en vous juchant au rang des couleurs, vous êtes ce noir fait trou, cette étoile nombriliste, narcissique sur les bords, qui s’effondra, imbue de ses lubies, sur sa pauvre matière.

Vous jugez, du haut de votre griserie couleur éther, qu’une œuvre d’art, de surplus,  agrémentée, ou badigeonnée à votre guise,  de par un souffle posthume, né sur le tard, et n’en déplaise à tout anachronisme cabré de ce non-sens artistique, un souffle qui, à présent, voltige sur votre répulsion, rabattue de toute l’onomatopée qu’on lui reconnait, sur ce contemporain, bas et miséreux.  

Comme moi, par moments, et c’est selon, et vous pouvez mettre autant de réserves dans vos éléments de langage, pour me préserver et ma plume de tout manichéisme, de toute binarité mal venue, comme moi, donc, et vous pouvez, je vous prie,  donner libre cours à votre prose ou diatribe pour juger de la qualité de l’exemple que je suis.

Comme moi, donc, vous chargez votre œil d’une mystique, de tout le feu requis pour l’exercice avant que de le transmuer, plutôt que de le laisser choir, sur la première  toile de Chaïbia Talal. Là où elle composait et sa verve pendue au frétillement de son pinceau amateur, avec ses démangeaisons du dimanche,  et sa vocation à peine ébauchée, chuchotée dans le délire d’une jeune pousse à la quête de l’expression.

De l’art naïf, dit-on. Certains, terre-à-terre, utilitaristes, à même de juger de la qualité du tintement des pièces, menues et autres, reposant sur les errances d’une bourse, vous renseignent, de même, et  en bon médecin des humeurs, sur vos neurones décrépis, vous confondent dans leur constat dressé sur pièce, avec la folie, finissent par faire de vous, et vos sornettes bon marché, l’allégorie du délire.


Ceci, quand vous jugez utile, et mal vous en prenne, d’étayer la valeur par-delà les maisons, de cette œuvre d’art marchandée, monnayée, contre le bon flair, bon vouloir, bonne naïveté ? d’un acheteur fou d’abord, potentiel après.

Une œuvre  que l’on confond, de vitesse et d’un sourcillement dénigrant,  à tort ou à raison, d’avec celle d’un enfant mauvais peintre, dont les doigts mal dérouillés, cahin-caha,  trébuchent sur l’être et l’avoir.

Comment dire à ces gens-là, en terme simplet,  ce qui pour eux, relève d’une mauvaise fioriture  du langage, jusqu’à invoquer pour vous ce tonnerre de Dieu, à vous redresser le mot juste, et utile, que Nietzsche dit un jour, que la sagesse était de retrouver le sérieux que l’on avait au jeu quand on était enfant ? 

Hicham Aboumerrouane






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