Le ministère de l’Agriculture engage en effet une vaste campagne de contrôle du cheptel à l’échelle nationale. Elle cible précisément les femelles ovines et caprines recensées entre le 26 juin et le 11 août 2025, puis identifiées par bouclage. Derrière cette mécanique administrative, un enjeu simple : s’assurer que les animaux déclarés sont toujours présents et dédiés à la reproduction.
Le dispositif mobilise large. Des commissions locales seront déployées dans l’ensemble des préfectures et provinces. Trois départements travaillent de concert : Agriculture, Intérieur et Économie et Finances. Une coordination qui, sur le papier, vise l’efficacité. Sur le terrain, elle sera jugée à l’aune de sa capacité à éviter les lenteurs et les incompréhensions, souvent pointées par les professionnels.
Car cette vérification n’est pas anodine. Elle conditionne le déblocage de la deuxième et dernière tranche du soutien direct aux éleveurs. Autrement dit, sans validation, pas de paiement. Le ministère assure que les versements interviendront « dans les plus brefs délais », en s’appuyant sur les mêmes circuits que lors de la première tranche. Une promesse attendue, dans un secteur fragilisé par les aléas climatiques et la pression sur les coûts d’alimentation.
Au-delà des chiffres, c’est toute une logique de reconstitution du cheptel national qui se joue. Le programme, déployé sur Hautes Instructions Royales, s’inscrit dans une vision plus large : sécuriser la production, préserver les équilibres ruraux et soutenir les revenus des éleveurs. Une ambition légitime, mais qui repose sur une exécution rigoureuse.
Les autorités appellent d’ailleurs à une mobilisation totale des agriculteurs et éleveurs concernés. Une invitation qui sonne aussi comme un rappel : la réussite du programme dépend autant de l’administration que de l’engagement des bénéficiaires.
À ce stade, le contrôle devient un test de crédibilité. S’il est mené avec rigueur et transparence, il pourrait renforcer la confiance dans les politiques agricoles. Dans le cas contraire, il risquerait d’alimenter un doute déjà latent. Dans les campagnes marocaines, on ne demande pas l’impossible — juste que les règles du jeu soient claires, et tenues.












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