Une perturbation climatique sous vigilance orange
Dans les plaines agricoles de Chtouka Aït Baha, les traces du vent sont encore visibles. Plastiques déchirés, filets de protection arrachés, structures fragilisées. Les rafales qui ont soufflé les 26 et 27 février ont parfois atteint 110 km/h, accompagnées de tempêtes de sable et de poussière. La Direction de la météorologie nationale avait d’ailleurs placé la zone en vigilance orange, signalant un épisode climatique particulièrement intense.
Mercredi, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, s’est rendu sur place pour évaluer l’ampleur des dégâts. Une visite de terrain au plus près des exploitations, dans une région qui constitue l’un des piliers de l’agriculture marocaine.
Les premières évaluations indiquent que près de 1.500 hectares de cultures sous serres agricoles ont été touchés par ces vents violents. Dans la majorité des cas, les dégâts concernent principalement les plastiques de couverture des serres et les filets de protection, des équipements essentiels pour préserver les cultures maraîchères.
Pour l’heure, les pertes de production restent en cours d’évaluation. Mais selon les constats réalisés sur le terrain, l’impact global sur la production agricole demeure limité, un point rassurant pour un secteur stratégique.
Les exploitations de tomates particulièrement concernées
Durant sa tournée, le ministre s’est rendu dans plusieurs exploitations maraîchères spécialisées dans la production de fruits et légumes, notamment dans les communes d’Inchaden et de Belfaa. Ces zones figurent parmi les principaux bassins de production de tomates sous serre au Maroc.
Dans certaines exploitations, les vents ont soulevé ou déchiré les bâches plastiques, exposant temporairement les cultures. Les agriculteurs évoquent un épisode court mais particulièrement brutal.
Ahmed El Bouari a également visité une importante unité d’approvisionnement du marché national en tomates rondes, disposant d’une capacité de production d’environ 200 tonnes par jour. L’objectif était d’évaluer concrètement l’impact des vents sur les installations et sur la continuité de l’activité agricole.
Malgré les dégâts observés sur certaines structures, l’activité de production reste globalement opérationnelle. Un élément important pour l’approvisionnement du marché national, notamment en tomates, produit sensible pour les consommateurs marocains.
Un mécanisme de soutien pour les agriculteurs
Au cours de cette visite, le ministre a également tenu une réunion de concertation avec les professionnels agricoles de la région. Les discussions ont porté sur la mise en place d’un mécanisme de soutien et d’accompagnement destiné à aider les exploitants à réparer rapidement les structures endommagées.
Ahmed El Bouari a réaffirmé à cette occasion le soutien du gouvernement aux agriculteurs, tout en les encourageant à entamer sans tarder les travaux de remise en état des serres.
Dans une agriculture moderne fortement dépendante des infrastructures sous serre, la rapidité de réaction est souvent déterminante pour limiter les pertes et préserver les cycles de production.
Une région stratégique pour l’agriculture marocaine
Cet épisode climatique rappelle, au passage, l’importance stratégique de la région. Les provinces de Chtouka Aït Baha et Taroudant constituent aujourd’hui l’un des principaux pôles de production maraîchère du Maroc.
La région de Souss-Massa représente à elle seule près de 85 % des exportations nationales de fruits et légumes. Elle compte également plus de 24.000 hectares de maraîchage sous serre, pour une production annuelle avoisinant les 2 millions de tonnes.
Autrement dit, derrière ces serres secouées par les vents violents se joue une part essentielle de l’approvisionnement du marché national mais aussi de la compétitivité des exportations agricoles marocaines.
À Chtouka Aït Baha, les agriculteurs ont déjà commencé à réparer les serres endommagées. L’épisode rappelle néanmoins une réalité de plus en plus tangible : dans un secteur agricole stratégique pour le Maroc, la capacité d’adaptation face aux aléas climatiques devient presque aussi essentielle que la production elle-même.












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