Un début d’année marqué par un net ralentissement
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À fin février 2026, les livraisons de ciment au Maroc se sont établies à un peu plus de 2,09 millions de tonnes, soit une baisse de 15,81 % par rapport à la même période en 2025. Les données proviennent du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, qui compile les statistiques du secteur.
Le recul est également visible sur le seul mois de février. Les livraisons ont atteint 1.048.338 tonnes, contre 1.199.868 tonnes un an plus tôt. Cela représente un repli de 12,63 % en glissement annuel.
Dans l’univers du BTP, ces variations ne passent jamais inaperçues. Les professionnels le savent bien : quand le ciment ralentit, c’est souvent toute la chaîne du bâtiment qui marque le pas. Promoteurs, entreprises de construction, distributeurs de matériaux… tous observent ce type de signal avec une attention particulière.
La distribution reste le premier débouché
Dans le détail, la distribution demeure de loin le principal canal de consommation. Sur les deux premiers mois de l’année, ce segment totalise 1.080.084 tonnes de livraisons. Une part importante du marché, qui reflète notamment la demande des petits chantiers et de l’auto-construction, un phénomène toujours bien présent dans plusieurs régions du Royaume.
Derrière, on retrouve le béton prêt à l’emploi (BPE) avec 558.667 tonnes, un segment directement lié aux chantiers structurés, qu’ils soient immobiliers ou industriels. Le béton préfabriqué (PREFA) suit avec 217.497 tonnes, confirmant le rôle croissant des solutions industrialisées dans la construction.
Les infrastructures représentent pour leur part 155.322 tonnes de livraisons. Ce volume reste significatif, même si les grands projets publics peuvent parfois créer des effets de cycle d’une année à l’autre.
Plus modestes, les segments du bâtiment et des mortiers enregistrent respectivement 70.646 tonnes et 10.415 tonnes sur la période.
Un secteur structuré autour de quelques grands acteurs
Ces statistiques reposent sur les données internes des membres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), qui regroupe les principaux producteurs opérant au Maroc. Parmi eux figurent Asment Temara, Ciments de l’Atlas, Ciments du Maroc, LafargeHolcim Maroc ainsi que Novacim, intégré à l’association depuis janvier 2024.
Ce groupe d’industriels constitue l’ossature de la production nationale. Leur suivi statistique mensuel est devenu, au fil des années, une référence pour analyser la dynamique du secteur de la construction.
Dans les rédactions économiques marocaines, ces données sont souvent scrutées comme un thermomètre avancé de l’économie réelle. Car derrière chaque tonne de ciment livrée se cachent des chantiers, des emplois et des investissements.
Le recul observé en ce début d’année ne signifie pas forcément un retournement durable du marché, mais il rappelle à quel point le secteur reste sensible aux cycles économiques et immobiliers.
Dans un pays où la construction demeure un moteur important de l’activité, la consommation de ciment reste un indicateur précieux pour comprendre les dynamiques du BTP, de l’habitat et de l’investissement public.
Pour les professionnels, la question n’est donc pas seulement celle du chiffre brut, mais de son évolution dans les prochains mois. Car si le ciment parle peu, il dit souvent beaucoup sur l’état réel de l’économie.












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