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Des importations difficiles à comprimer
Au cœur de son argumentaire, un chiffre revient comme un pivot : près de 62 % des importations marocaines sont jugées incompressibles. Dans le détail, elles se répartissent entre 13 % de produits énergétiques, 24 % de biens d’équipement, 21 % de matières premières et 4 % de produits agricoles, principalement les céréales. Autant de postes essentiels au fonctionnement de l’économie nationale et à la continuité de l’activité productive.
Le responsable gouvernemental a rappelé que le Maroc ne peut se soustraire à certaines importations sans remettre en cause ses ambitions. Routes, ports, aéroports, stades : les infrastructures stratégiques, notamment celles liées à l’organisation de grands rendez-vous sportifs comme la Coupe d’Afrique des nations ou la Coupe du monde, exigent des équipements et des intrants venus de l’étranger. Un choix assumé, car pensé comme un investissement de long terme.
Industrie et montée en gamme
Même logique du côté de l’industrie. Automobile, aéronautique, construction navale : ces filières, souvent citées comme des succès de la politique industrielle marocaine, reposent sur une intégration progressive dans les chaînes de valeur mondiales. Cela suppose, à court et moyen terme, un recours soutenu aux importations de biens d’équipement et de matières premières. « On ne monte pas en gamme sans s’approvisionner en technologies et en composants », a résumé Omar Hejira.
Cette réalité nourrit pourtant le déficit commercial. Et c’est là que le bât blesse. Car, face à des importations dynamiques, les exportations peinent encore à suivre le rythme.
Cinq leviers pour rééquilibrer la balance commerciale
Le secrétaire d’État reconnaît sans détour une croissance des exportations « faible ». Pour y remédier, un programme spécifique de commerce extérieur a été déployé autour de cinq axes. Premier levier : diversifier les produits exportés, aujourd’hui concentrés autour de six grandes filières. L’objectif est clair : réduire la dépendance sectorielle et élargir la base exportatrice.
Deuxième axe, tout aussi stratégique : la diversification des marchés. Actuellement, près de 70 % des exportations marocaines se dirigent vers l’Europe, principalement la France et l’Espagne. Une concentration jugée excessive. Le gouvernement cherche donc à renforcer la présence marocaine sur d’autres zones, en Afrique, en Asie ou en Amérique.
Troisième pilier : l’accompagnement direct des entreprises. Environ 400 nouvelles structures devraient être soutenues pour franchir le cap de l’export. À cela s’ajoute une évaluation des accords de libre-échange existants, notamment avec la Turquie. L’enjeu est double : stimuler les exportations marocaines ou encourager davantage d’investissements étrangers sur le territoire national. Des annonces sont attendues courant janvier.
Enfin, la stratégie intègre la digitalisation du commerce extérieur, afin de simplifier les procédures et d’aligner le Maroc sur les standards du commerce mondial.
Une adhésion encore insuffisante des entreprises
Reste un point de fragilité : la faible adhésion des entreprises aux dispositifs de soutien. Manque d’information, contraintes opérationnelles, complexité perçue ? Le diagnostic n’est pas tranché. Omar Hejira assure toutefois que son département demeure à l’écoute des opérateurs, prêt à ajuster les outils et à lever les freins.
Au-delà des chiffres, le débat sur le déficit commercial renvoie à un choix de trajectoire. Celui d’un Maroc qui investit, construit et industrialise, quitte à creuser temporairement ses déséquilibres extérieurs. Le défi, désormais, est de transformer ces investissements en moteurs d’exportations solides, inclusives et durables. C’est à cette condition que la balance commerciale cessera d’être un point de tension pour devenir un levier de souveraineté économique.












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