Présentés à Casablanca, les résultats 2025 de Crédit du Maroc traduisent un changement d’échelle amorcé depuis la prise de contrôle par Holmarcom fin 2022. Dans un environnement financier marqué par une reprise progressive de l’investissement et une demande soutenue en financement, la banque a enregistré une hausse globale des crédits de 11 %, atteignant 62,86 milliards de dirhams à fin décembre.
La dynamique provient d’abord des entreprises. Les financements accordés au tissu productif progressent de 12,2 %, pour s’établir à 37,38 MMDH, soutenus par les crédits à l’équipement et aux promoteurs immobiliers, tous deux en hausse de 16,6 %. Dans les couloirs de la place financière casablancaise, certains analystes évoquent un signal encourageant : les entreprises recommencent à investir, timidement mais sûrement.
Le financement des ménages reste, lui aussi, orienté à la hausse, bien que sur un rythme plus mesuré. Les encours progressent de 4,8 % à 22,28 MMDH, portés par les crédits à la consommation (+11,2 %) et par l’habitat (+3,3 %). Cette évolution reflète un arbitrage prudent des ménages, entre besoins immédiats et incertitudes économiques persistantes.
Du côté des dépôts, la confiance des clients se confirme. Les ressources consolidées atteignent 61,2 MMDH, en progression de 7,4 % sur un an. Les dépôts à vue, colonne vertébrale de la liquidité bancaire, augmentent de 11,6 % pour atteindre 44,5 MMDH, traduisant une base clientèle plus stable et engagée.
Sur le plan financier, la trajectoire de croissance se consolide. Le produit net bancaire s’élève à 3,56 MMDH, en hausse de 8 %, tandis que le résultat brut d’exploitation progresse de 12,8 % à 1,91 MMDH, grâce à la maîtrise des charges et à l’amélioration de l’efficacité opérationnelle. Le coefficient d’exploitation s’améliore de 228 points pour s’établir à 46,3 %, un niveau jugé compétitif dans le secteur.
La gestion prudente des risques reste une constante. Le coût du risque recule de 3,8 % à 383 MDH, confirmant une politique anticipative face aux incertitudes économiques. Au final, le résultat net part du groupe bondit de 16,5 % pour atteindre 864 MDH, renforçant la capacité bénéficiaire de l’établissement.
Pour Ali Benkirane, président du directoire, cette performance dépasse l’effet conjoncturel. « Les revenus progressent de manière significative depuis trois ans, portés par l’ensemble des lignes de métiers », souligne-t-il, insistant sur la cohérence stratégique engagée depuis l’arrivée de Holmarcom.
La feuille de route « CDM Boost 2028 » vise 4 MMDH de produit net bancaire, 1 MMDH de bénéfices et 900 000 clients. Selon la direction, près des deux tiers de cette trajectoire seraient déjà réalisés. Après une phase de stabilisation des process, de renforcement technologique et de structuration des équipes, la banque prévoit une accélération à partir de 2026.
Dans cette dynamique, le directoire proposera la distribution d’un dividende brut de 48 dirhams par action, en hausse de 15 %, avec un taux de distribution de 65 % du résultat.
Au-delà des chiffres, Crédit du Maroc cherche désormais à affirmer une identité : une banque moderne, accessible et solide, capable d’accompagner les transformations économiques du Royaume. Dans un système financier marocain en mutation, cette trajectoire n’est pas anodine. Elle illustre la capacité d’un acteur historique à se réinventer sans rompre avec ses fondamentaux.
Si la prudence reste de mise dans un contexte international incertain, les indicateurs 2025 confirment que la stratégie engagée commence à produire ses effets. Pour Crédit du Maroc, l’enjeu n’est plus seulement de se redresser, mais de s’imposer durablement comme un pilier fiable du financement de l’économie nationale.












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