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De ces médecins mauvais gestionnaires !




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Une vindicte populaire, prête à lyncher, à s’éprendre et sa raison à point, parente unanime d’une exaspération polyphonique, d’un cri mûri par un cumul chaud bouillon de ressentis aux confins du désagréable.

D’abord, à s’immiscer et nos conduits auditifs, par trop fouineurs, indiscrets sur les bords,  dans les séquelles travaillées, restituées  par leurs éléments de langage à la senteur de l’aigre et de l’impromptu, on y décèle dans le tracé de leur joute oratoire une hostilité téméraire qui se joue, taquine mais austère, à l’encontre du médecin.

« Le médecin grande gueule » ouïe-t-on, si tant est qu’on puisse rester fidèle à la trame verbeuse, bon train, de leur jet de mots, qui vous asperge d’un semblant d’honnêteté, ingénu, le cœur vaillant.

À creuser davantage, l’on rajoute une couche à ce qui prend lieu et place d’une notoriété publique, prête, dans ses démêlements,  à saper tout contraste, à clore ce débat, pour eux, stérile, gravé dans l’absolu d’une conviction.

À creuser, le nez en avant, nous levons, chez nombre de gens, un leitmotiv qui sous-tend que tout médecin serait boursoufflé d’un égo surnature, gros comme quatre, prêt à en venir, non pas au nécessaire, mais aux fioritures indisciplinées, pour vous acculer contre toute échappée verbale, la vôtre, triompher de toute rétorque, vous plier à leur démesure simulée.

Tout ceci tranche de fait avec la clarté requise en la matière journalistique, avec votre droit-au-but qui peine à souffrir, et à tort, de ces tournures, qui, pour votre gouverne, et passez-moi l’expression, est à même de dire davantage des êtres et des choses.

Heureusement, un exemple est là pour vous sauver de ce que vous confondez, et de vitesse et de chagrin, avec l’ésotérisme, heureusement, donc, que ces gens-là, de ceux qui tiennent en horreur la gente médicale, vous disent, après moult imprécations, que je passe, ici , sous silence par souci de convenance, que les médecins seraient  mauvais gestionnaires, qu’ils seraient à tel point imbus de leur scalpel, et bistouri, et tout l’accompagnement, qu’ils juchent leur tâche première sur un piédestal, sacrifie sur l’autel de l’indifférence  toute autre tâche voisine qu’ils relèguent au coin du subsidiaire, comme celle de l’accueil, de l’attente qui traine en longueur jusqu’à vous infliger un tout autre mal, à vous travailler les nerfs, à en faire des acrobates en puissance, prêts à vous sauter à l’œil, le défigurer de venin et de mépris envers la gente assistante.

Vous pouvez vous accoler, confier votre nerf tapageur à votre siège, heureux encore que vous en trouviez un , puis chuchoter un merci à l’adresse de la secrétaire qui vous toise d’un regard condescendant.

Des heures d’attente, de nonchalance, vous sont servis et votre hébétude, avant que daigne vous recevoir le maître des lieux.

Intarissables, et sur les bords, ces gens-là vous apprennent, vaille que vaille,  que ces médecins fauteurs de trouble seraient des rapaces, et c’est là leur expression, qu’il font sciemment de boucler des rendez-vous à n’en plus finir à la même heure que vous avez élue, que, là-haut, on ne badine avec le fric, qu’ils n’auraient pas la décence, qu’il n’en ressentent pas le besoin dans leur ciel constellé de grandeurs, que d’avertir votre petite personne d’un retard dans l’exécution de vos doléances pourries, qu’un médecin aurait tout le temps pour lui, qu’en définitive, le votre ne vaudrait pas un clou, que le leur serait dessiné dans le ciel et qu’il suffirait de sortir votre chéquier. Qu’il sied, en bon citoyen, que de porter leur grandeur jusqu’à l’oreille du ministère éponyme, que par-là, un équilibre se devrait tempérer leurs airs amis du déluge. 

Hicham Aboumerrouane 







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