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De l’arabisation à la francisation, le système de l’éducation nationale va-t-il s’engouffrer encore plus ?


Le Maroc a arabisé le système de l’éducation nationale et dans la même tendance les administrations et ministères depuis plus de trente années. Il a enregistré des hauts et des bas, surtout pour ce qui est du système du MEN, connaissant les problématiques encourues pour le rendre meilleur, malgré certaines réformes éducatives et moult stratégies avec tout nouveau gouvernement.
L’arabisation a été un grand échec, sachant que si l’arabe siège au primaire, collège et lycée, le français prime et s’impose au supérieur, d’où l’échec de l’arabisation qui, normalement n’a pas eu de conséquences graves pour ce qui est de l’histoire- géographie et l’éducation civique.
En cette rentrée scolaire commence la francisation des matières scientifiques. Quelles seront les conséquences de ce nouveau revirement et pour les élèves et pour les enseignants ? Aurons-nous besoin de 30 autres années pour se rendre des bêtises, des échecs et des décisions à la hâte ?
Après plus de 30 ans d’arabisation du système éducatif, la francisation achèvera-t-elle de couler notre système éducatif ?



Aux années 80, le gouvernement avait opté pour l’arabisation des matières scientifiques (math, SVT et physique), Histoire-géographique, Education islamique et Education civique, des matières en ce temps dispensées en français. Une période pendant laquelle a « galéré » pas mal d’enseignants, en tout premier lieu, mais aussi les élèves qui se sont retrouvés, du jour au lendemain, livrés à eux-mêmes, et des parents qui ne pouvaient pas leur venir en aide, sachant que ceux qui ont été instruits l’ont été avec la langue française. Et ceux qui ont essayé connaissent très bien cette problématique l’ayant vécu, et la difficulté de travailler avec eux et de traduire la physique et les mathématiques.

L’arabisation ayant été lancée dans les années 80, le dernier bac en français a été en 1987 et le premier bac arabisé en 1988. Cela fait plus de 30 ans que cela dure.
 
En cette fin 2021, le gouvernement partant a voulu célébrer son départ avec une bombe à retardement. En cette rentrée scolaire, les matières scientifiques seront progressivement dispensées en français, une décision qui risque d’engouffrer notre système d’éducation encore plus, sachant qu’il ne s’est pas encore relevé de ses déboires. Le niveau de certains élèves, collégiens et lycéens laisse à désirer. Si l’enseignement privé n’en pâtira pas beaucoup, pour le public, ce sera la galère.

Le seul avantage est le fait que les matières à franciser soient seulement les scientifiques. Aussi, à trois jours de la rentrée scolaire, des tests de français sont faits aux enseignants dans certains établissements, à savoir ce que leur servira de connaitre leur niveau juste en ce moment !

Seulement, les élèves ont-ils le choix de servir de cobayes en cette période d’essai, après deux années où ils n’ont quasiment pas étudié (en distanciel)?

Les lycéens auront-ils, comme pendant les premières années de transition du français à l’arabe, la matière : Traduction ?

Rien n’est en vue. Ce qui est sûr, c’est qu’une personne qui a enseigné pendant toute sa vie professionnelle en arabe aura-t-elle la capacité de donner des cours en français ?

La note parvenue aux directeurs des établissements scolaires par le MEN parle de tests spécifiques Eva@lang, ayant pour projet la formation de professeurs en disciplines non linguistiques (DNL).

Ce qu’on apprend de certains directeurs de lycées, c’est que la classe Tronc commun verra une transformation significative cette année. Au lieu de deux classes enseignant les maths et autres en français et le reste en arabe (qui se fait depuis des années), c’est le contraire qui va se passer, deux classes en arabe et les reste en français.

Cette combinaison va-t-elle rentrer dans l’ordre ? L’avenir nous le dira !

Il est certes incongru que l’élève poursuive un cursus en langue arabe pendant 14 ans, (depuis la maternelle) et se retrouve avec ces mêmes matières enseignées en français après le bac.

Il est vrai que les professeurs universitaires ont beau alerté sur cette problématique, en corrigeant les copies des étudiants, sans trouver ouïe attentive.

Il a fallu l’arrivée du Bachelor à quatre années qu’il fallait « mettre en place » coûte que coûte, et gagner du temps, pour remuer le couteau dans la plaie et parler ouvertement des langues au niveau du système universitaire.

On a enfin trouvé où mettre la cerise sur le gâteau.






Journaliste professionnelle. 30 ans d'expérience à L'Opinion. Actuellement journaliste à Radio Web... En savoir plus sur cet auteur
Samedi 2 Octobre 2021




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