Importations Maroc : la demande interne en première ligne
Les importations de biens atteignent 752,34 milliards de dirhams, en hausse de 9,2 %, soit 63,2 milliards de dirhams supplémentaires par rapport à fin novembre 2024. Cette progression reflète une économie marocaine toujours dynamique côté demande, mais aussi fortement dépendante de l’extérieur pour ses intrants.
Les biens d’équipement enregistrent une hausse notable de 15 %, tirée par l’explosion des achats de voitures utilitaires (+69,3 %) et par les importations d’avions et de pièces aéronautiques. Les produits de consommation suivent la même trajectoire (+12,9 %), avec des augmentations marquées pour les voitures de tourisme (+39,7 %) et les produits pharmaceutiques (+17,4 %).
Plus discrètement mais tout aussi significatif, le bond de 34,9 % des importations de produits bruts, notamment le soufre brut (+79,6 %), rappelle la dépendance structurelle de certaines filières industrielles, en particulier les engrais. Les produits alimentaires progressent plus modérément (+4,3 %), malgré un recul des importations de blé (-4 %). Quant à la facture énergétique, elle recule de 5,3 %, mais reste élevée à 98,7 milliards de dirhams, exposée aux fluctuations des marchés internationaux.
Exportations Maroc : des moteurs qui s’essoufflent
En face, les exportations marocaines ne progressent que de 1,8 %, pour s’établir à 423,5 milliards de dirhams. Le secteur automobile, longtemps pilier du commerce extérieur, recule de 3,1 %, pénalisé par la chute de la construction de véhicules (-15 %), malgré la résistance du câblage (+6,1 %).
Le textile et cuir poursuit sa tendance baissière (-4,7 %), tandis que l’électronique décroche franchement (-8,7 %), sous l’effet de l’effondrement des exportations de composants électroniques (-39,5 %). L’agroalimentaire frôle la stagnation (-0,2 %), la hausse des exportations agricoles ne suffisant pas à compenser les replis observés ailleurs. Seuls les phosphates et dérivés (+13,8 %) et l’aéronautique (+8,5 %) apportent un soutien tangible.
Balance commerciale et amortisseurs extérieurs
Conséquence directe, le taux de couverture chute à 56,3 %, contre 60,4 % un an plus tôt. Autrement dit, pour 100 dirhams importés, le Maroc n’en exporte plus que 56,3. Des amortisseurs existent toutefois. L’excédent des voyages progresse de 20,8 %, porté par des recettes touristiques en hausse de 18,7 %. Les transferts MRE augmentent de 1,6 %, et les investissements directs étrangers affichent une progression de 16,4 %, signe d’une attractivité économique préservée.
Au final, le déficit commercial Maroc révèle un déséquilibre profond entre une économie importatrice dynamique et une offre exportatrice encore fragile. Le défi est clair : renforcer la compétitivité, diversifier les marchés et accélérer la substitution des importations. Dans un contexte international volatil, l’équation reste complexe, mais incontournable pour la soutenabilité de l’économie marocaine.












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