Les finances publiques marocaines poursuivent leur trajectoire sous le regard attentif des analystes. Dans son rapport « Budget Focus – Janvier 2026 », Attijari Global Research (AGR) anticipe une hausse modérée de la dette du Trésor, qui devrait atteindre 1.211 milliards de dirhams (MMDH) à fin 2026, contre 1.156 MMDH en 2025.
L’augmentation reste contenue mais significative. Elle reflète les besoins de financement de l’État dans un contexte marqué par la poursuite des grands programmes économiques, sociaux et d’infrastructures engagés par le Royaume.
Dans le détail, la dette intérieure continuerait de représenter la principale source de financement du Trésor. Elle devrait s’établir à 887 MMDH en 2026, soit une progression de 4,5 % par rapport à son niveau attendu à la fin de l’année 2025.
Ce choix de privilégier le marché domestique n’est pas anodin. Il permet au Maroc de limiter sa dépendance aux marchés internationaux tout en mobilisant l’épargne nationale. Une stratégie qui, selon plusieurs analystes financiers à Casablanca, contribue à renforcer la résilience des finances publiques face aux turbulences économiques mondiales.
De son côté, la dette extérieure connaîtrait une progression légèrement plus rapide. Elle passerait de 307 MMDH en 2025 à 324 MMDH en 2026, soit une hausse de 5,7 %. Cette évolution reste toutefois maîtrisée et s’inscrit dans une structure d’endettement relativement équilibrée.
Les données disponibles pour le début de l’année confirment cette tendance. À fin janvier 2026, la dette globale du Trésor aurait atteint 1.171 MMDH, selon AGR. La composante intérieure représenterait 863 MMDH, tandis que la dette extérieure se situerait autour de 308 MMDH.
Un indicateur particulièrement scruté par les investisseurs concerne la part de la dette extérieure dans l’endettement total. Sur ce point, les projections restent rassurantes. Le poids de la dette extérieure devrait se situer à 26 % de la dette globale à fin janvier 2026, avant de remonter légèrement à 27 % à la fin de l’année.
Ce niveau demeure dans la fourchette de référence retenue par AGR, comprise entre 25 % et 30 %, considérée comme un seuil prudent pour un pays émergent. En restant dans cet intervalle, le Maroc limite son exposition aux fluctuations des marchés internationaux et aux variations de change.
Au-delà du volume global de la dette, le ratio d’endettement rapporté au produit intérieur brut (PIB) constitue un autre baromètre clé. Sur ce terrain, les projections associées à la Loi de Finances 2026 indiquent que le Trésor devrait maintenir ce ratio autour de 65,5 % du PIB en 2026.
À titre de repère, ce ratio s’établissait déjà à 63,4 % à fin janvier 2026, selon les estimations du rapport. Un niveau qui reste relativement stable au regard des standards observés dans plusieurs économies comparables.
Dans les milieux financiers, cette trajectoire est souvent analysée avec une certaine nuance. L’endettement public n’est pas perçu uniquement comme une contrainte budgétaire. Il représente aussi un levier pour financer les investissements structurants et soutenir la dynamique économique.
La question centrale demeure donc celle de l’équilibre. Comment continuer à financer les priorités nationales infrastructures, programmes sociaux, transition économique tout en maintenant une dette soutenable sur le long terme ?
Pour l’instant, les projections suggèrent une trajectoire relativement maîtrisée. Mais, comme le rappellent régulièrement les économistes, la soutenabilité de la dette dépendra avant tout de la capacité de l’économie marocaine à maintenir une croissance solide et durable dans les années à venir.
Entre prudence budgétaire et impératifs de développement, le Maroc poursuit ainsi une ligne d’équilibre. La dette du Trésor progresse, certes, mais dans des proportions que les analystes jugent encore maîtrisables. L’enjeu, désormais, sera de transformer cet endettement en véritable levier de croissance et d’opportunités pour l’économie nationale.












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