Le message était clair : une mobilisation économique et corporatiste peut provoquer une réaction immédiate de l’autorité publique.
Depuis plusieurs mois, les représentants de cette spécialité multiplient les demandes d’audience auprès du ministère.
Leur objectif n’est pas de défendre un intérêt corporatiste immédiat, mais de discuter de l’évolution des soins oculaires au Maroc, des défis de la cécité évitable, et des moyens d’améliorer l’accès aux traitements pour des milliers de patients.
Jusqu’à présent, ces demandes sont restées sans réponse.
Le réseau des pharmacies assure un maillage indispensable du territoire et participe à la continuité des soins. Mais une autre question mérite d’être posée avec la même gravité : les soins oculaires ne relèvent-ils pas, eux aussi, d’un enjeu médical, social et national ?
Chaque année, au Maroc, des milliers de patients souffrent de pathologies visuelles qui pourraient être traitées ou évitées grâce à un diagnostic précoce et à des techniques chirurgicales éprouvées.
Cataracte, glaucome, rétinopathies, traumatismes oculaires : autant de situations où l’intervention d’un ophtalmologiste peut faire la différence entre la lumière et l’obscurité.
Les ophtalmologistes ne demandent pas des privilèges.
Autrement dit : parler de la vue des Marocains. Dans ce contexte, l’attitude du ministère soulève une question de cohérence politique.
Lorsque ceux qui vendent les médicaments obtiennent une audience sous pression, tandis que ceux qui rendent la vue aux patients peinent à obtenir un rendez-vous, un malaise s’installe.
Car la santé publique ne peut pas se gérer uniquement sous la pression des rapports de force. Elle doit aussi écouter les voix de ceux qui, chaque jour, dans les blocs opératoires et les cabinets médicaux, réparent patiemment ce que la maladie menace de détruire.
Au fond, la question est simple.
Par Dr Anwar CHERKAOUI.












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