Commençons par la France.
La comparaison avec le Maroc ne supprime pas les différences entre les deux pays. Elle invite toutefois à se garder d’une cause unique, qu’il s’agisse de l’arabisation, de la marocanisation ou d’un ministre.
Comment sont formés et accompagnés les enseignants ? Que savent réellement lire, écrire et résoudre les élèves ? Comment les écarts sociaux et territoriaux évoluent-ils ? Ce sont des questions de fonctionnement, de continuité et de résultats. Il faut ensuite poser franchement la question du privé.
Son essor a-t-il contribué à dégrader la situation du public, alors qu’il attire les familles disposant de ressources et fait parfois appel à des enseignants fonctionnaires qui interviennent également dans ses établissements ? Je ne prétends pas que ce mécanisme explique à lui seul les résultats de PISA.
Je demande qu’on l’étudie : combien d’enseignants du public travaillent aussi dans le privé, combien d’heures y consacrent-ils, sous quelles règles et avec quels effets sur le temps et la qualité de leur enseignement dans le public ?
Il faut également distinguer les établissements privés entre eux. Le prix payé par les familles ne constitue pas, en soi, une mesure de la qualité pédagogique.
Je tiens à rappeler une réalité que les discours sur le déclin tendent à effacer.
Elle s’inscrivait dans un enseignement public qui a ouvert des possibilités à des enfants de milieux modestes. Mon parcours, comme celui de tant d’autres, rappelle que cette école a su former des générations et permettre une mobilité sociale réelle.
Il ne s’agit pas de prétendre que tout était parfait autrefois. Il s’agit de retrouver l’ambition qu’elle incarnait : une bonne école accessible à chaque enfant, indépendamment des moyens de sa famille.
Enfin, que signifie une moyenne nationale lorsque coexistent des établissements publics marocains, des établissements privés marocains et des écoles françaises au Maroc ?
Le questionnaire des établissements de PISA 2025 distingue déjà les écoles publiques des écoles privées. Je demande donc que les résultats marocains soient analysés et publiés selon cette distinction, avec les effectifs concernés, le territoire et le milieu social des élèves.
Il faut aussi dire clairement si les écoles françaises au Maroc figurent dans l’échantillon, et selon quelle catégorie elles ont été comptées.
Une comparaison de scores bruts entre écoles qui n’accueillent pas les mêmes élèves pourrait confondre sélection sociale et efficacité pédagogique.
Je propose de compléter ces résultats par un suivi des acquis dès le primaire, là où se construisent la lecture, l’écriture et le raisonnement.
Le numérique et l’IA peuvent aider à ce suivi et à l’accompagnement des élèves, sous la responsabilité des enseignants ; ils ne remplacent ni leur formation ni le travail quotidien en classe. Le Maroc n’a pas besoin d’un requiem pour son école.
Il a besoin de données assez précises pour juger les réformes, de règles claires entre le public et le privé, et d’une volonté durable de refaire de l’école publique une promesse crédible pour toutes les familles.












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