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Économie marocaine face au choc géopolitique : Bank Al‑Maghrib entre prudence et résilience


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 17 Mars 2026

Bank Al‑Maghrib (BAM), la banque centrale du Royaume, a livré une analyse inattendue mais mesurée de l’impact possible de la guerre au Moyen‑Orient sur l’économie marocaine. Au‑delà des chiffres bruts et des communiqués aseptisés, c’est la sagesse d’une institution consciente des fragilités extérieures qui se dessine soulignant à la fois les risques réels et la solidité intérieure du modèle économique national.



Bank Al‑Maghrib a pris la parole récemment pour disséquer les répercussions possibles du conflit dans la région du Moyen‑Orient sur l’économie du Maroc. Ce qui frappe d’emblée, c’est la prudence du diagnostic : aucun scénario extrême n’est exclu, mais l’impact, dans l’hypothèse d’un conflit de courte durée, serait relativement contenu. Dans un communiqué officiel publié à l’issue de son Conseil, la banque centrale met en avant les canaux par lesquels la crise internationale pourrait se transmettre à l’économie marocaine notamment les comptes extérieurs et les cours de l’énergie, deux variables sensibles pour un pays fortement dépendant des importations d’hydrocarbures.
 

La lecture du scénario central par BAM ne se limite pas à une alerte automatique alarmiste. Au contraire, la banque insiste sur la forte dynamique des secteurs non agricoles, tirée par des investissements publics dans les infrastructures économiques et sociales. Cette dynamique, déjà observable sur le terrain, donne de la marge de manœuvre à l’économie marocaine pour amortir des chocs externes une ressource précieuse à un moment où les marchés internationaux naviguent à vue. La banque centrale évoque aussi une possible amélioration de la production agricole, rendue plus probable par des conditions climatiques favorables ces derniers mois un contraste saisissant avec les années de sécheresse qui ont pesé sur la croissance nationale.
 

Sur le plan des prix, BAM observe que l’inflation est restée à des niveaux bas, en grande partie grâce à l’amélioration de l’offre alimentaire et à la baisse des prix des carburants. Mais attention, avertit la banque centrale : ces effets positifs sont temporaires. À moyen terme, avec la dissipation de ces « effets transitoires » et une éventuelle remontée des prix du pétrole dans le scénario central, l’inflation devrait repartir à la hausse, tout en restant modérée. Les projections publiées tablent sur une inflation annuelle quasi‑stable de 0,8 % en 2026, avant un léger ressaut à 1,4 % en 2027. Ce sont des niveaux très mesurés, notamment comparés à d’autres économies émergentes sujettes à des pressions inflationnistes plus fortes ces dernières années.
 

Un autre point intéressant soulevé par la banque centrale concerne les anticipations d’inflation du secteur financier. Selon l’enquête trimestrielle réalisée avant le récent déclenchement de hostilités dans certaines zones du Moyen‑Orient, les experts anticipaient un taux moyen d’environ 1,5 % à l’horizon de huit trimestres et 1,8 % à douze trimestres des chiffres qui reflètent une confiance prudente dans la stabilité des prix à moyen terme.
 

Au fond, ce qui ressort de l’analyse de Bank Al‑Maghrib, c’est une lecture pragmatique des risques mondiaux : le modèle marocain n’est pas immunisé contre les chocs loin s’en faut, mais il est doté d’un coussin de résilience interne qui peut atténuer des perturbations surprenantes comme celles provoquées par les tensions géopolitiques. L’investissement public, le dynamisme structurel hors agriculture et une inflation maîtrisée constituent autant de garde‑fous dans un contexte international volatil. Pour le lecteur marocain de 24 à 54 ans, souvent confronté à des titres anxiogènes ou des discours trop techniques, ce rapport de Bank Al‑Maghrib est une invitation à dépasser le réflexe immédiat de peur. Il y a bien des défis la dépendance énergétique reste une vulnérabilité mais il y a aussi, simultanément, des leviers concrets de stabilité et de croissance. Et cela mérite d’être souligné, discuté et compris dans toute sa mesure, plutôt que balayé d’un revers d’inquiétude standard.


Dans un monde où les lignes de fracture géopolitiques se répercutent vite sur les cours du pétrole et les marchés financiers, le message de Bank Al‑Maghrib ne se résume pas à un simple diagnostic économique. Il esquisse une vision tempérée mais lucide d’un Maroc capable de naviguer entre incertitudes externes et forces internes. Et c’est peut‑être là, plus que dans tout chiffre, la vraie histoire à retenir pour l’économie marocaine en 2026.






Mardi 17 Mars 2026

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Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


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