Pour le consultant sportif Abdelhak Sarhane, l’argument du manque d’expérience des jeunes joueurs ne suffit pas à expliquer la défaite marocaine. Selon lui, les deux équipes appartenaient à la même catégorie d’âge et présentaient des profils similaires en termes de maturité et de développement.
L’analyste estime que les Lionceaux de l’Atlas disposaient même d’un avantage sur le plan technique et individuel. Toutefois, il considère que ces qualités n’ont pas été exploitées de manière optimale en raison de certaines insuffisances tactiques observées durant la rencontre.
« Cette génération possède un réel potentiel, mais celui-ci n’a pas été pleinement mis en valeur sur le terrain », souligne-t-il. Pour Sarhane, le match a révélé des limites dans l’approche tactique du sélectionneur portugais Tiago Lima Emanuel, notamment en matière d’organisation collective et de gestion des temps forts de la rencontre.
L’expert regrette particulièrement l’absence d’animations offensives clairement identifiables ainsi que le manque d’ajustements tactiques capables de modifier le scénario du match lorsque l’équipe s’est retrouvée en difficulté.
De son côté, le technicien et analyste sportif Mohamed Achibane estime que le changement intervenu sur le banc de la sélection après le départ de Nabil Baha a pu affecter la stabilité du groupe. Selon lui, la continuité constitue un élément essentiel dans les catégories de jeunes, où la relation entre les joueurs et leur entraîneur joue un rôle déterminant dans la progression collective.
Achibane affirme également que certaines fragilités étaient visibles dès les premières rencontres du tournoi. À ses yeux, les performances de l’équipe ont souvent reposé sur des exploits individuels plutôt que sur une véritable organisation collective ou une identité de jeu clairement définie.
L’ancien cadre technique plaide ainsi pour une plus grande confiance envers les entraîneurs marocains, rappelant les résultats obtenus ces dernières années par plusieurs techniciens nationaux. Il cite notamment Walid Regragui avec les Lions de l’Atlas, Tarik Sektioui avec la sélection olympique ou encore Saïd Chiba dans les catégories de jeunes.
Mohamed Achibane pointe également certaines lacunes dans la gestion de la séance des tirs au but. Selon lui, le choix des tireurs ainsi que les zones privilégiées lors des frappes ont facilité la tâche du gardien sénégalais et pesé sur l’issue de la rencontre.
Au final, cette élimination dépasse le simple cadre d’une défaite sportive. Elle ouvre une réflexion plus large sur la stratégie de formation, la continuité des projets techniques et la place que pourraient occuper davantage les entraîneurs marocains dans le développement des sélections nationales. Un débat qui devrait continuer d’animer les discussions au sein du football marocain dans les mois à venir.












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