Une dépendance mondiale aux engrais azotés
Les pays du Golfe et l’Iran assurent plus d’un tiers des exportations mondiales d’urée et environ un quart du commerce de l’ammoniac, deux composants indispensables pour la production agricole. Tout blocage dans cette zone pourrait impacter directement les flux mondiaux, notamment à l’approche des saisons de culture dans l’hémisphère nord. Selon David Laborde, économiste à la FAO, « les engrais azotés sont les plus sensibles aux fluctuations géopolitiques », en raison de leur dépendance au gaz naturel, concentré dans un nombre limité de pays.
Le Maroc, pilier du phosphate
Le Maroc, via le groupe OCP, détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate et produit chaque année 35 millions de tonnes de roche phosphatée et plus de 12 millions de tonnes d’engrais phosphatés, exportés vers plus de 160 pays. Cette position confère au Royaume un rôle central dans la sécurité alimentaire mondiale, en complément des engrais azotés et potassiques.
Vers une recomposition des flux commerciaux
Si les tensions perdurent, le Maroc pourrait bénéficier d’un rééquilibrage des flux mondiaux. Selon Laborde, le risque d’une pénurie immédiate reste limité, mais des perturbations de prix et des modifications des sources d’approvisionnement sont possibles. Les marchés restent également contraints par des politiques nationales, comme celles de la Chine, qui limite ses exportations pour sécuriser son marché intérieur.
Les crises successives : Pandémie, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient ont déjà mis sous pression de nombreuses économies dépendantes des importations d’engrais, notamment en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est.












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