Exportations de sardines au Maroc : un régime de licence pour 12 mois
À partir du 1er février 2026, l’exportation des sardines fraîches et congelées sera soumise à un régime de licence pour une durée d’un an.
Une décision officielle publiée au Bulletin officiel, qui vise à protéger la ressource et à stabiliser les prix dans un contexte de tensions sur le marché.
Une mesure qui change la donne pour le secteur
Concrètement, toutes les exportations de sardines, ainsi que certains poissons, crustacés et mollusques, devront obtenir une autorisation spécifique avant de quitter le territoire marocain.
Cette mesure fait partie d’un plan préventif destiné à garantir l’approvisionnement du marché national, notamment à l’approche du mois de Ramadan.
La secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a confirmé au Parlement que la sardine congelée ne pourra plus être exportée librement, afin de contenir les tensions sur un produit de première nécessité pour les familles marocaines.
Pourquoi cette décision maintenant ?
Le contexte est clair : les débarquements de sardines ont baissé et les prix commencent à grimper.
Selon le délégué des pêches maritimes de Laâyoune, des mesures ont déjà été prises en janvier pour limiter la pression sur le marché intérieur.
Mais derrière cette logique de stabilisation se cache un enjeu plus large : la surdépendance sur certaines ressources halieutiques.
La Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme dans son dernier rapport : en Méditerranée, la sardine est exploitée à 150 % de sa capacité de renouvellement. D’autres espèces, comme le merlu blanc, atteignent des niveaux d’exploitation encore plus critiques.
Le Maroc, 1er pays africain et 13ᵉ mondial en matière de pêche, voit son secteur stratégique (1,1 % du PIB, plus de 260.000 emplois directs) menacé par la surpêche, des outils de contrôle incomplets et l’absence de stratégie post-Halieutis (2009-2020).
Les scientifiques alertent : la gestion actuelle reste centrée sur des stocks individuels, sans considérer l’équilibre global des écosystèmes marins.
Entre prix stables et préservation des ressources
Cette année, la sardine devient un produit sous surveillance. Pour les familles marocaines, l’objectif est clair : protéger le marché intérieur et stabiliser les prix.
Pour le secteur, c’est un signal fort : la durabilité n’est plus optionnelle.
À suivre : comment le régime de licence sera appliqué, et si cette mesure sera suffisante pour éviter la pénurie et la flambée des prix, surtout dans les semaines qui précèdent le Ramadan. Un équilibre délicat entre économie et préservation des mers est désormais à l’ordre du jour.












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