C’est précisément cette conviction que le Parti de l’Istiqlal entend traduire dans son programme électoral pour la période 2026-2031, présenté sous le slogan « Mon pays… Mon avenir ».
Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une lecture politique selon laquelle la famille ne constitue ni une simple donnée démographique, ni un bénéficiaire passif des politiques sociales.
Elle est envisagée comme une institution centrale de la société, un espace de transmission, de protection et de solidarité, mais aussi un acteur à part entière du développement national.
De la protection sociale à une véritable politique familiale
La réponse proposée se veut, à cet égard, à la fois sociale et préventive.
Elle ne se limite pas à accompagner les familles lorsqu’elles rencontrent des difficultés, mais vise également à créer les conditions permettant de consolider leur stabilité dès la constitution du foyer.
Parmi les mesures mises en avant figure ainsi un soutien financier pouvant atteindre 5 000 dirhams au profit des jeunes souhaitant se marier, accompagné de la création d’une « prime de lancement familial » destinée notamment à contribuer aux dépenses liées au premier logement ou à l’acquisition des équipements essentiels.
Le programme prévoit également un dispositif national, volontaire, de préparation à la vie familiale.
Au-delà de son aspect financier, cette proposition porte un message politique : faciliter l’accès des jeunes à la vie familiale revient à considérer la constitution du foyer comme un enjeu de stabilité sociale et comme un investissement dans l’avenir.
Le logement, condition de stabilité et d’ascension sociale
Le programme propose ainsi de mettre en place un mécanisme national destiné à faciliter le financement du logement principal, en réduisant notamment l’apport initial, en assouplissant les conditions de financement et en allongeant les durées de remboursement.
Il prévoit également de développer une offre de logement adaptée à la classe moyenne. L’enjeu dépasse donc la seule politique de l’habitat : il s’agit de faire du logement un levier d’intégration, de stabilité et de mobilité sociale.
Protéger l’enfance dans un environnement en mutation
La transformation numérique constitue ici un défi particulier.
Le programme propose notamment un cadre légal visant à protéger les moins de 15 ans contre certains risques liés aux réseaux sociaux et aux jeux électroniques considérés comme dangereux, ainsi que l’interdiction de l’usage des smartphones dans les établissements d’enseignement primaire.
Cette orientation traduit une volonté de ne pas laisser la transformation numérique sans régulation lorsqu’elle touche directement l’enfance et l’équilibre familial.
Elle pose également une question plus large : comment concilier l’ouverture au numérique avec la protection des repères éducatifs, psychologiques et sociaux des nouvelles générations ?
La santé mentale, nouvelle composante de la politique familiale
Cette proposition témoigne d’une évolution importante de l’approche sociale : la protection de la famille ne peut plus être pensée uniquement à travers le revenu, le logement ou l’accès aux services essentiels.
Elle implique également de prendre en compte le bien-être psychologique, les fragilités individuelles et la qualité des relations au sein du foyer.
Le programme propose, dans le même esprit, une politique de soutien aux familles qui prennent en charge les personnes âgées ou les personnes en situation de handicap, notamment à travers la structuration du métier d’« assistant familial » et le développement des services d’accompagnement à domicile.
Les valeurs comme rempart face aux mutations sociales
Elle repose également sur un socle culturel et éducatif capable de transmettre aux nouvelles générations les valeurs de solidarité, de responsabilité, de citoyenneté et d’attachement à l’identité nationale.
Le programme propose ainsi de renforcer les liens entre l’école et la famille, de mobiliser la culture, l’éducation, les médias et les arts autour d’une politique publique cohérente des valeurs, tout en développant un environnement numérique plus protecteur pour les enfants et les adolescents.
Cette orientation s’inscrit dans une conception plus large du rôle de l’État : protéger, accompagner, mais aussi transmettre.
La famille comme premier investissement dans l’avenir
C’est là que réside la portée politique de l’engagement : faire de la famille non pas un simple objet de politique sociale, mais l’un des fondements du projet de société. Dans cette perspective, la protection de la famille devient indissociable de la construction du Maroc de demain.
Car une politique publique qui soutient le jeune couple, protège l’enfant, accompagne les parents, préserve les personnes âgées et renforce les valeurs de solidarité ne répond pas seulement aux urgences du présent : elle prépare les équilibres sociaux du futur.
Sous le slogan « Mon pays… Mon avenir », le message est ainsi clairement posé : l’avenir du pays ne peut être dissocié de celui de ses familles. Et investir dans la stabilité, la dignité et la résilience du foyer marocain revient, en définitive, à investir dans la solidité même de la nation.












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La petite révolution administrative cachée dans le programme de l’Istiqlal












