Chapeau bas, Madame la Cheffe du gouvernement. Vous m’avez agréablement surpris.
Il faut pouvoir l’écrire simplement. Sans tourner autour du compliment comme s’il s’agissait d’une faute professionnelle. Nous réclamons des responsables politiques capables de parler clairement, puis nous devenons parfois soupçonneux lorsqu’une personnalité publique y parvient. Pour ma part, je préfère garder cette liberté : reconnaître une intervention réussie, même lorsque tout reste à démontrer dans l’exercice du pouvoir.
Dans vos réponses au Parlement, j’ai apprécié une présence. Une façon d’occuper votre fonction, de répondre sans vous effacer, de faire passer une conviction avec ce mélange de vivacité et d’ironie que l’on associe volontiers à Marrakech. L’humour, lorsqu’il porte une idée, peut rendre un débat politique plus intelligible. Il rapproche la parole institutionnelle de ceux qui l’écoutent.
Le moment le plus fort, à mes yeux, concerne votre réponse au Parti de la justice et du développement sur la place des femmes. Vous avez contesté cette représentation de la femme en « lustre » du foyer, en rappelant notamment les contraintes vécues par les veuves et les mères divorcées.
Voilà un sujet qui mérite mieux qu’une bataille de petites phrases. Derrière les images et les métaphores, il y a des existences. Une femme qui travaille peut financer les études de ses enfants, faire vivre ses parents, construire un projet ou simplement exercer une compétence. Sa place dans la société ne saurait dépendre de l’autorisation morale accordée par un adversaire politique.
Vous avez également reproché à vos interlocuteurs d’encourager les études et la carrière de leurs propres filles tout en tenant un autre discours pour les autres Marocaines. L’accusation vous appartient. La question qu’elle soulève, elle, mérite d’être posée à tous : acceptons-nous pour les filles des autres les possibilités que nous souhaitons pour les nôtres ?
C’est cette exigence de cohérence que je retiens. Elle traverse les appartenances partisanes. Elle oblige chacun à regarder ce qu’il défend publiquement et ce qu’il pratique chez lui.
J’ai apprécié, surtout, que la défense des femmes prenne la forme d’une parole assumée, portée au cœur de l’institution. Une cheffe du gouvernement n’a pas à demander pardon d’avoir du caractère. Elle a à exercer ses responsabilités, avec autorité, discernement et respect de la contradiction.
Votre parole sociale crée maintenant une obligation de cohérence
Votre position sur les inégalités mérite également attention. Le 21 octobre, vous avez affirmé votre refus d’une trajectoire qui laisserait les plus favorisés progresser pendant que les plus modestes reculeraient. Vous avez aussi défendu le rôle des entreprises, de l’investissement et de la simplification administrative.
Cette articulation me paraît féconde. Le Maroc a besoin d’entreprises qui investissent, embauchent et innovent. Il a besoin, dans le même mouvement, que les fruits de cette activité élargissent les perspectives de ceux qui attendent encore leur chance. L’ambition économique gagne en crédibilité lorsqu’elle se mesure aussi à la mobilité sociale qu’elle permet.
Vos mots ouvrent donc une attente. Celle d’un gouvernement capable de regarder ensemble la création de richesse, les conditions de travail, l’accès aux services publics et la possibilité de vivre dignement de son activité. Le projet de loi de finances sera un premier rendez-vous pour observer comment cette intention se traduit dans les arbitrages.
Sur le départ de Madiha Khayr, la rapidité de la décision peut être comprise comme un signal de responsabilité politique. Le gouvernement a présenté cette démarche comme une appréciation politique et institutionnelle, et la demande de fin de fonctions a été approuvée par SM le Roi. Cela ne préjuge en rien d’une culpabilité judiciaire.
L’exigence à retenir pour la suite est simple : les mêmes règles devront s’appliquer à tous. Une autorité devient convaincante lorsque ses décisions restent cohérentes, y compris lorsqu’elles concernent ses propres soutiens.
Bien sûr, les réserves existent. Tout le monde reconnaît la qualité de votre prestation parlementaire tout en interrogeant la capacité à transformer cette maîtrise de la parole en exercice durable du pouvoir. La question est légitime.
Mais elle ne doit pas nous empêcher de reconnaître ce qui commence bien. Une société qui refuse par principe toute bonne surprise finit par décourager jusqu’à la possibilité du changement. Nous pouvons applaudir un moment politique et conserver nos questions sur les moyens, les délais et les résultats.
Alors oui, Madame la Cheffe du gouvernement, chapeau bas pour cette entrée dans le débat. Vous avez donné envie d’écouter. Vous avez montré du répondant. Vous avez défendu des convictions avec une énergie qui mérite d’être reconnue.
Le plus beau prolongement serait désormais que cette surprise quitte l’hémicycle pour entrer dans la vie quotidienne : celle du jeune qui cherche son premier emploi, de la mère qui attend un rendez-vous médical, du salarié qui compte ses dépenses.
Vous m’avez agréablement surpris par votre parole. Je vous souhaite de nous surprendre davantage encore par votre action.
Dans vos réponses au Parlement, j’ai apprécié une présence. Une façon d’occuper votre fonction, de répondre sans vous effacer, de faire passer une conviction avec ce mélange de vivacité et d’ironie que l’on associe volontiers à Marrakech. L’humour, lorsqu’il porte une idée, peut rendre un débat politique plus intelligible. Il rapproche la parole institutionnelle de ceux qui l’écoutent.
Le moment le plus fort, à mes yeux, concerne votre réponse au Parti de la justice et du développement sur la place des femmes. Vous avez contesté cette représentation de la femme en « lustre » du foyer, en rappelant notamment les contraintes vécues par les veuves et les mères divorcées.
Voilà un sujet qui mérite mieux qu’une bataille de petites phrases. Derrière les images et les métaphores, il y a des existences. Une femme qui travaille peut financer les études de ses enfants, faire vivre ses parents, construire un projet ou simplement exercer une compétence. Sa place dans la société ne saurait dépendre de l’autorisation morale accordée par un adversaire politique.
Vous avez également reproché à vos interlocuteurs d’encourager les études et la carrière de leurs propres filles tout en tenant un autre discours pour les autres Marocaines. L’accusation vous appartient. La question qu’elle soulève, elle, mérite d’être posée à tous : acceptons-nous pour les filles des autres les possibilités que nous souhaitons pour les nôtres ?
C’est cette exigence de cohérence que je retiens. Elle traverse les appartenances partisanes. Elle oblige chacun à regarder ce qu’il défend publiquement et ce qu’il pratique chez lui.
J’ai apprécié, surtout, que la défense des femmes prenne la forme d’une parole assumée, portée au cœur de l’institution. Une cheffe du gouvernement n’a pas à demander pardon d’avoir du caractère. Elle a à exercer ses responsabilités, avec autorité, discernement et respect de la contradiction.
Votre parole sociale crée maintenant une obligation de cohérence
Votre position sur les inégalités mérite également attention. Le 21 octobre, vous avez affirmé votre refus d’une trajectoire qui laisserait les plus favorisés progresser pendant que les plus modestes reculeraient. Vous avez aussi défendu le rôle des entreprises, de l’investissement et de la simplification administrative.
Cette articulation me paraît féconde. Le Maroc a besoin d’entreprises qui investissent, embauchent et innovent. Il a besoin, dans le même mouvement, que les fruits de cette activité élargissent les perspectives de ceux qui attendent encore leur chance. L’ambition économique gagne en crédibilité lorsqu’elle se mesure aussi à la mobilité sociale qu’elle permet.
Vos mots ouvrent donc une attente. Celle d’un gouvernement capable de regarder ensemble la création de richesse, les conditions de travail, l’accès aux services publics et la possibilité de vivre dignement de son activité. Le projet de loi de finances sera un premier rendez-vous pour observer comment cette intention se traduit dans les arbitrages.
Sur le départ de Madiha Khayr, la rapidité de la décision peut être comprise comme un signal de responsabilité politique. Le gouvernement a présenté cette démarche comme une appréciation politique et institutionnelle, et la demande de fin de fonctions a été approuvée par SM le Roi. Cela ne préjuge en rien d’une culpabilité judiciaire.
L’exigence à retenir pour la suite est simple : les mêmes règles devront s’appliquer à tous. Une autorité devient convaincante lorsque ses décisions restent cohérentes, y compris lorsqu’elles concernent ses propres soutiens.
Bien sûr, les réserves existent. Tout le monde reconnaît la qualité de votre prestation parlementaire tout en interrogeant la capacité à transformer cette maîtrise de la parole en exercice durable du pouvoir. La question est légitime.
Mais elle ne doit pas nous empêcher de reconnaître ce qui commence bien. Une société qui refuse par principe toute bonne surprise finit par décourager jusqu’à la possibilité du changement. Nous pouvons applaudir un moment politique et conserver nos questions sur les moyens, les délais et les résultats.
Alors oui, Madame la Cheffe du gouvernement, chapeau bas pour cette entrée dans le débat. Vous avez donné envie d’écouter. Vous avez montré du répondant. Vous avez défendu des convictions avec une énergie qui mérite d’être reconnue.
Le plus beau prolongement serait désormais que cette surprise quitte l’hémicycle pour entrer dans la vie quotidienne : celle du jeune qui cherche son premier emploi, de la mère qui attend un rendez-vous médical, du salarié qui compte ses dépenses.
Vous m’avez agréablement surpris par votre parole. Je vous souhaite de nous surprendre davantage encore par votre action.












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