La diffusion de cette note intervient dans un climat d’attention soutenue des opérateurs économiques. Dans les cabinets comptables de Rabat comme dans les zones industrielles de Casablanca, la fiscalité reste un sujet sensible, presque quotidien. La DGI y rappelle d’emblée que le Budget 2026 s’inscrit dans la continuité de la loi-cadre n°69-19 portant réforme fiscale, adoptée en 2021. Cette feuille de route a structuré, depuis trois ans, une transformation graduelle du système fiscal national.
La réforme de l’impôt sur les sociétés (IS), engagée en 2023 et étalée sur quatre ans (2023-2026), constitue l’un des piliers de cette mutation. Elle vise à unifier les taux, alléger la pression fiscale sur les PME et améliorer la contribution des grandes entreprises. Le dispositif a également réduit les taux de retenue à la source sur les dividendes ainsi que la cotisation minimale, un ajustement salué par de nombreux chefs d’entreprise qui y voient un signal favorable à l’investissement.
Dans le même esprit, la refonte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), adoptée en 2024 selon une trajectoire progressive sur trois ans (2024-2026), cherche à restaurer la neutralité fiscale pour les entreprises. Le système repose désormais sur deux taux principaux 20 % et 10 % tout en généralisant l’exonération des produits de base de large consommation. L’objectif est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages tout en simplifiant la structure de la taxe. Sur le terrain, commerçants et distributeurs évoquent une meilleure lisibilité, même si des ajustements pratiques restent nécessaires.
La réforme de l’impôt sur le revenu (IR), introduite en 2025, marque une inflexion sociale notable. La révision du barème a réduit la charge fiscale des salariés, tandis que les retraités bénéficient désormais d’une exonération totale sur leur retraite de base. Cette mesure, discrète mais structurante, répond à une attente forte dans une société où la solidarité intergénérationnelle demeure un pilier.
Parallèlement, les autorités fiscales ont renforcé les dispositifs visant l’intégration du secteur informel et la lutte contre la fraude fiscale. L’instauration de nouveaux mécanismes de retenue à la source et le renforcement des procédures de contrôle traduisent une volonté d’élargir l’assiette fiscale tout en rétablissant l’équité entre contribuables.
Selon la DGI, ces réformes ont contribué à stabiliser le système fiscal, améliorer l’environnement des affaires et stimuler l’investissement. Elles visent également à sécuriser des recettes durables pour l’État et les collectivités territoriales, condition essentielle pour financer les politiques publiques et les services sociaux.
La Loi de finances 2026 s’inscrit dans cette continuité. Elle cherche à consolider les acquis tout en accélérant la transformation économique du pays. Les mesures introduites s’articulent autour de quatre axes majeurs : l’intégration de l’informel et la lutte contre la fraude, l’amélioration de la compétitivité des entreprises, l’harmonisation des règles fiscales et la consolidation de la cohésion sociale.
Dans un contexte mondial incertain, le Maroc poursuit ainsi une trajectoire fiscale qui se veut à la fois pragmatique et inclusive. La fiscalité, souvent perçue comme contrainte, devient progressivement un levier de modernisation économique et de justice sociale. Pour beaucoup d’acteurs économiques, le défi réside désormais dans l’application concrète de ces mesures et leur appropriation par le tissu productif.
Si la réforme fiscale ne fait jamais l’unanimité, elle trace néanmoins une ligne directrice claire : construire un système plus équitable, plus lisible et plus favorable à la croissance. À mesure que ces changements s’ancrent dans les pratiques, ils pourraient renforcer la confiance cette ressource invisible mais essentielle entre l’État, les entreprises et les citoyens.












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