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Hanaâ Foulani : « Il n'y a pas d'impossible !! »




PAR HIND CHAOUAT

Quelles sont vos origines ?
 

C’est compliqué (rire). Au fait je suis originaire de Tafilalet, mon grand père paternel était commerçant et a fini par s’installer et se marier à Fès. C’était la rencontre avec les traditions et la culture fassies qui ont bercé mon enfance du côté maternel. Voilà pour la partie storytelling maintenant dans la vraie vie, la mienne, je suis née et j’ai grandi à Casablanca et je me considère complètement casablancaise. 
 

Quel a été votre premier job dans la presse et pourquoi ce choix ?
 

Je n’ai pas choisi la presse, c’est elle qui m’a choisie. Depuis toujours j’adorais écrire et raconter des histoires, je notais tout, j’avais de longues discussions avec mes cahiers et les personnages de romans et de bandes dessinées qui avaient le malheur de tomber entre mes mains (rires). Je lisais tout, même les prospectus. J’imitais beaucoup mes parents. Pour mon père la séance de lecture est sacrée dans la journée, pour ma mère c’était plutôt lecture avant de dormir et donc toujours un livre de chevet et un magazine féminin à portée de main. Un jour j’ai envoyé un de mes textes à L’Opinion des jeunes et ils l’ont publié… c’était la révélation. Voir mon nom sur un journal c’était quelque chose ! A l’époque j’étais loin d’imaginer que j’en ferai un jour mon métier. Mon premier emploi dans la presse a été un poste de correctrice à mi-temps. J’étais encore étudiante et L’Economiste venait de démarrer. C’était un hebdomadaire à l’époque, au début des années 90. Ma mère qui était comptable à Eco-médias m’a parlé d’un job à mi-temps, j’ai passé un test et un entretien et j’ai eu le poste. L’histoire a commencé comme ça. 
 

Comment s’est déroulé votre parcours et quelles sont les rencontres qui ont été déterminantes pour vous ?
 

Dans la grande famille qu’est L’Economiste, j’ai trouvé plusieurs personnes qui m’ont encouragée et qui m’ont aidé à trouver ma vocation. J’étais un peu « touche à tout » (correction, documentation, annonces légales, conférences, expositions, courrier des lecteurs…). Un véritable trésor pour l’assoiffée de savoir et d’infos que j’étais. Je continuais à écrire tout en occupant d’autres postes que celui de journaliste jusqu’au jour où Nadia Salah, à qui je rend un très grand hommage, m’a fait publier un article que j’avais écrit suite à une conférence à laquelle j’avais assisté à l’Institut Français et m’a proposé par la suite de rejoindre la rédaction. A partir de là j’ai compris que tous les rêves étaient réalisables tant qu’il y avait de la passion, de la rigueur et de l’assiduité.

J’ai multiplié les formations, les lectures, la documentation… je voulais que mon mentor, Nadia Salah, soit fière de moi et qu’elle ne regrette jamais de m’avoir donné ma chance. J’ai pu gagner la confiance de mes supérieurs et de mes collègues et j’ai fait mon bout de chemin à la rédaction jusqu’à passer journaliste financière puis spécialiste de dossiers et de spéciaux. Entre temps j’ai eu deux magnifiques enfants et de grandes responsabilités personnelles.

J’ai eu ensuite l’opportunité de rejoindre le magazine Economie et Entreprises en 2002 pour m’occuper des enquêtes, un exercice journalistique nouveau pour moi et ô combien passionnant. J’ai quitté ma première famille Eco-médias pour rencontrer ma deuxième famille journalistique Success Publications, une époque extraordinaire où j’ai repoussé encore plus mes imites et j’ai relevé de grands défis. J’ai fait des enquêtes dont je suis encore fière aujourd’hui. J’en garde jalousement les numéros d’ailleurs.

Au bout de quelques années Hassan Alaoui et Nawal Houti m’ont fait confiance et m’ont confié la responsabilité de la rédaction. J’ai aussi eu l’occasion d’animer et de participer à des forums et des débats de très haut niveau. C’était six belles années bien pleines avec des rencontres et des projets incroyables et improbables dont celui de reprendre mes études et de réorienter ma carrière.
 

Justement qu’est-ce qui vous a poussée à réorienter votre carrière ?
 

En 2008, j’étais arrivée à une période de ma vie où je me posais beaucoup de questions sur ma carrière et sur mes compétences. J’avais comme j’ai dit la confiance de mes supérieurs et la cohésion de mon équipe mais j’avais envie de mettre la barre encore plus haut. On m’a conseillé de faire un bilan de compétences et cela m’a permis de mieux me connaître et de me fixer de nouveaux défis personnels et professionnels. On m’a dit que j’avais les compétences d’une « femme de projets » et que c’est vers cela que je devais m’orienter. Je me suis donc inscrite pour un Master Management/Ingénierie de Projet organisé conjointement par l’Ecole Hassania des Travaux Publics et le Collège de Polytechnique en 2008. J’ai décroché mon diplôme haut la main. Pour l’anecdote je me rappelle que j’étais une icône qui venait du monde des médias et de la communication au milieu d’une majorité d’ingénieurs. Au début j’étais sur liste d’attente, j’y croyait même pas.

Parallèlement, j’ai eu l’occasion de rejoindre une grande entreprise industrielle pour m’occuper des relations publiques dans la toute première équipe de communication du groupe. Une expérience plutôt courte mais intense durant laquelle j’ai découvert la communication certes mais aussi d’autres facettes du métier de journaliste. C’était très passionnant. J’étais convaincue que j’avais des choses à réaliser dans ce sens mais que le moment n’était pas encore venu car je sentais que je devais encore revenir aux médias accomplir une nouvelle mission celle du management de la rédaction. J’ai donc intégré la rédaction du Soir Eco en tant que conseillère à la rédaction pour mener un projet de développement qui, à ma grande surprise, a pris un autre tournant et a donné naissance aux Echos quotidien, actuellement Les Inspirations Eco, un quotidien économique spécialisé. 

J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe fondatrice du journal aux côtés de professionnels chevronnés tels que Samir Chaouki en tant que directeur de publication, Hicham Mekouar en tant que directeur commercial et de développement, le tout, sous l’orientation d’un Conseil d’Administration prestigieux présidé par Moulay Hafid Elalamy que je ne remercierai jamais assez pour la confiance qu’il m’a accordée depuis le premier jour. Lorsque le quotidien que nous avons lancé en 2009 était devenu un groupe de presse et qu’il avait trouvé son envol j’ai décidé, en 2013, de quitter mon poste de directrice des rédactions et par la même occasion le salariat pour lancer mon propre projet. 


Qu’est-ce qui vous a poussée vers l’entreprenariat et la création de votre cabinet Intellection ?
 

La réflexion a duré plusieurs mois. J’avais décidé de ne pas rester dans les médias mais en même temps je ne pouvais pas vraiment m’en éloigner. C’est donc naturellement que je me suis orientée vers la communication stratégique et les Relations publiques. Un métier qui allait donner un sens à la suite de ma carrière et me permettrait de capitaliser sur mes acquis. En fait, je me suis rappelée que lors de mon passage en entreprise je me suis rendue compte que les deux mondes, les médias et l’entreprise ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre mais qu’ils se tournaient le dos car ils ne parlaient pas le même langage.

Je me suis donné donc pour mission de mettre mon expérience et mon expertise (entre temps je n’ai pas arrêté d’apprendre et de profiter de plusieurs formations) au service des chefs d’entreprises et des médias, en passant par toutes les parties prenantes de l’écosystème business. C’est comme ça qu’est né le cabinet Intellection. Mais pour que mon immersion dans le métier soit totale j’avais besoin d’effectuer un passage en agence ou dans un cabinet conseil.

Donc pour commencer j’ai établi un partenariat avec un cabinet spécialisé en affaires publiques. Une expérience qui m’a confortée dans mes choix et qui m’a prouvé que j’avais vraiment trouvé ma nouvelle vocation. A partir de 2014, Intellection a commencé à signer ses premiers contrats en direct. L’équipe a été étoffée et les missions se sont enchaînées, les unes plus passionnantes que les autres. Aujourd’hui le cabinet vient de boucler sa 8ème année, il compte plusieurs clients dans l’industrie, les services, le transport, les médias, les finances ou encore le commerce, national et international…

Nous agissons aussi bien pour les entreprises marocaines que pour les multinationales, nous intervenons dans le privé et le public. Nous avons quelques domaines de prédilection dont notamment les RP, la communication sensible et d’influence, la communication de crise, la communication digitale et la e-réputation. Notre force c’est le sur-mesure et le ciblage. Pour nous chaque client et chaque problématique est unique et les journalistes sont des professionnels et des personnes pas des fichiers presse. 
 

En quoi consiste précisément votre mission ?
 

Nous aidons les entreprises à mieux comprendre leur environnement et leur écosystème pour mieux valoriser leurs actions, leur savoir-faire, leurs compétences, mieux gérer leur image et surtout prendre les bonnes décisions au bon moment. Dans les Relations publiques (ou publics) il  y a deux mots que j’adore : relations et publics. Ma mission consiste donc à aider les entreprises à gérer leurs relations avec leurs différents publics ou comme on dit dans notre jargon professionnel avec leurs différentes parties prenantes (médias certes mais pas que….) et ce pour préserver leur image, gérer leur communication ou défendre leurs intérêts et leur business en cas de crise. Mes expériences croisées en entreprise et dans les médias font que je connais le processus de bout en bout. J’ai à mes côtés d’autres experts, chacun dans son domaine et ensemble on intervient en immersion totale dans le secteur d’activité du client pour l’aider à bien mesurer ses propos, à valoriser son Histoire avec un grand H,  à préserver ses intérêts et à choisir le bon timing pour communiquer. Il est vital pour une entreprise quelle que soit sa taille et son activité de s’ouvrir sur l’extérieur et de s’adapter à son environnement pour réussir un développement durable de son business. Il ne faut rien laisser au hasard et encore moins improviser. C’est le pire qu’une entreprise peut faire à une époque où le consommateur et le public prennent le pouvoir à travers les réseaux sociaux.
 

Qu’est ce que vous avez retenu de l’année 2020 ?
 

Je retiendrai qu’il n’y a pas d’impossible !!  Que même au creux de la vague il existe des opportunités et de nouveaux départs à l’infini, à condition bien sûr d’avoir la passion, la patience et la persévérance qu’il faut pour aller le plus loin possible. 2020 m’a aussi appris qu’il était important de faire des pauses de temps en temps pour évaluer nos réalisations, nos projets, nos méthodes, nos équipes, nos partenariats, nos relations humaines… C’est important pour mieux gérer la suite, anticiper, recadrer, reclasser ses priorités dans la vie professionnelle comme personnelle. Certains choix sont durs parfois mais nécessaires pour préserver les fondamentaux.


PAR HIND CHAOUAT  
Source : 
https://visagedumaroc.ma/r





Mercredi 23 Juin 2021

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