Le Maroc avance quand le monde freine
Alors que le commerce mondial marque le pas, le Royaume surprend. Seules cinq économies font mieux : Suisse, Argentine, Taipei chinois, Viet Nam et Hong Kong.
L’OMC explique cette poussée par deux facteurs : une montée des investissements et une forte dépendance aux produits intermédiaires importés, utilisés dans l’automobile, l’électronique ou l’industrie aéronautique.
Même face aux géants comme l’Union européenne ou les États-Unis (+6%), le Maroc affiche une énergie à contre-courant. « Kayna l’haraka », comme on dit dans nos marchés.
Exportations : un bilan positif malgré les défis
Côté export, le Maroc grimpe aussi avec +8% sur janvier-novembre 2025. Mieux que les États-Unis (+6%), la Chine (+5%), le Japon (+5%) ou l’Espagne (+4%).
À l’échelle africaine, le Royaume dépasse la moyenne régionale, où les importations ont progressé de 12,7% et les exportations de 6,1%.
Une belle performance qui confirme le rôle stratégique du Maroc dans le commerce continental.
Port de Casablanca : congestion et coûts lourds
Mais tout n’est pas rose. Avec près de 100.000 conteneurs traités chaque mois, le port de Casablanca connaît une congestion qui commence à peser lourd.
Les surcharges des compagnies maritimes grimpent à 150 dollars par conteneur, et certains navires restent bloqués à 10.000 dollars par jour.
Sur deux semaines, le coût pour l’économie marocaine est estimé à 7 millions de dollars. Une alerte pour les entreprises qui dépendent des importations et exportations.
L’IA et la tech boostent la demande
Un autre moteur de cette croissance : les produits liés à l’intelligence artificielle. Puces, semi-conducteurs et équipements de transmission de données ont vu leurs échanges augmenter de près de 20%.
Ces produits représentent 15% du commerce mondial et expliquent 42% de la croissance en valeur.
Le Maroc, intégré dans les chaînes industrielles mondiales, profite indirectement de cette dynamique. Mais elle souligne aussi sa dépendance aux importations stratégiques.
Dynamique à suivre
Le Maroc avance vite, investit et commerce. Mais la congestion portuaire et la dépendance aux importations restent des défis.
2026 sera l’année du vrai test : la croissance pourra-t-elle se transformer en valeur durable et en renforcement de la production locale ? Les prochains mois vont le dire.












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