Longtemps perçu comme un simple rouage administratif, l’inspecteur du travail pourrait bientôt devenir un véritable régulateur de terrain. Le nouveau statut particulier en cours de finalisation répond à l’une des revendications majeures portées par les centrales syndicales lors des cycles récents du dialogue social. Élaboré au sein du ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, sous la supervision de Younes Sekkouri, ce texte vise à libérer la fonction de ses contraintes procédurales pour la rapprocher des standards internationaux.
Jusqu’ici, le cadre juridique limitait l’inspecteur à un rôle de médiateur et de constatateur. Dans les faits, nombre de litiges se soldaient par la rédaction de procès-verbaux transmis aux juridictions compétentes, enclenchant des procédures longues et coûteuses. « Contrairement aux standards internationaux, nos inspecteurs ne disposent pas d’un pouvoir d’intervention suffisant », déplore Hicham Sabiry. La réforme du Code du travail entend donc leur conférer une capacité d’arbitrage effective afin de trancher les différends lorsque la solution est clairement prévue par la loi. Une évolution qui pourrait réduire l’engorgement des tribunaux et accélérer la résolution des conflits.
L’autre pilier de cette réforme concerne la gestion des délais. Actuellement, les services de l’inspection saisissent les employeurs dans un délai de 24 à 48 heures après réception d’une plainte, un rythme jugé satisfaisant du côté administratif. Le véritable ralentissement intervient souvent au niveau des réponses des parties concernées. Le futur dispositif réglementaire ambitionne de fluidifier ces échanges et de renforcer la réactivité globale, condition indispensable à la continuité de l’activité productive et à la stabilité sociale.
Pour le Secrétaire d’État, l’apaisement durable du climat social repose aussi sur la contractualisation des relations professionnelles. Une convention collective rigoureusement appliquée rend, selon lui, l’intervention de l’inspection du travail presque inutile. À ce jour, près de 50 conventions collectives ont été conclues entre entreprises et représentations syndicales. Ce chiffre reste modeste au regard du tissu économique national, mais il traduit une maturité progressive du dialogue social de proximité.
Dans ce cadre, l’inspection du travail conserve sa triple mission : informer les acteurs économiques, fournir un conseil technique et contrôler la conformité réglementaire, notamment en matière de santé, de sécurité et d’hygiène au travail. Autant de fonctions qui participent à la protection des droits sociaux tout en sécurisant l’environnement des affaires.
Interrogé par ailleurs sur l’actualité du Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont il est membre du Bureau politique, Hicham Sabiry évoque une dynamique interne soutenue. Le parti travaille à la structuration de ses instances et prépare sa stratégie en vue des élections législatives prévues en septembre 2026, traduisant une volonté d’anticipation face aux enjeux économiques et sociaux à venir.
Derrière cette réforme technique se dessine une transformation plus profonde des relations professionnelles au Maroc. En renforçant l’arbitrage, en accélérant les procédures et en encourageant les conventions collectives, les pouvoirs publics misent sur la prévention des conflits et la responsabilité partagée. Si sa mise en œuvre tient ses promesses, l’inspection du travail pourrait devenir un véritable pilier de stabilité sociale et de confiance économique.












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