Une feuille de route pensée comme colonne vertébrale du climat des affaires
Face aux députés, Karim Zidane a replacé son intervention dans le cadre de la feuille de route 2023-2026 pour l’amélioration du climat des affaires, présentée comme l’ossature de la réforme de l’investissement. Selon le ministre, 98 % des initiatives prévues ont déjà été lancées, avec un taux de réalisation de 67 %, les mesures restantes devant être finalisées au cours de l’année en cours.
L’objectif est clair : réduire les lourdeurs administratives qui freinent encore trop souvent les porteurs de projets et améliorer la coordination entre les différents intervenants publics. Une ambition qui répond à une critique récurrente du tissu entrepreneurial national, souvent confronté à des délais imprévisibles et à une multiplication des interlocuteurs.
Le “parcours de l’investisseur” et le virage numérique
Au cœur de cette réforme figure l’approche dite du « parcours de l’investisseur ». L’idée est simple sur le papier, mais exigeante dans la pratique : identifier chaque point de friction administrative et le corriger. La généralisation de la plateforme numérique CRI Invest, par laquelle transitent désormais tous les dossiers d’investissement, s’inscrit pleinement dans cette logique.
Les délais d’instruction y sont plafonnés à 30 jours, une avancée régulièrement mise en avant par le gouvernement. Au-delà du gain de temps, les autorités insistent sur l’amélioration de la qualité du service rendu, aussi bien aux investisseurs marocains qu’aux investisseurs étrangers, dans un contexte de concurrence accrue entre destinations.
La régionalisation des décisions, un rééquilibrage en marche
Autre levier stratégique : la déconcentration de la décision publique. Les projets d’un montant inférieur à 250 millions de dirhams peuvent désormais être instruits et approuvés au niveau régional. Les Centres régionaux d’investissement (CRI) voient ainsi leur rôle renforcé, non seulement dans l’accompagnement des porteurs de projets, mais aussi dans la mise en œuvre des dispositifs de soutien.
Selon Karim Zidane, cette évolution commence à produire des effets mesurables. Près de 59 % des projets validés par la Commission nationale de l’investissement sont aujourd’hui situés en dehors de l’axe Casablanca-Tanger. Un signal fort dans un pays où la concentration géographique de l’investissement a longtemps alimenté les déséquilibres territoriaux.
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Les TPME au cœur de la stratégie économique
Interrogé sur le soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises, le ministre a rappelé leur rôle structurant dans l’économie nationale. « Il ne peut y avoir de développement social sans le renforcement des capacités de notre tissu productif », a-t-il insisté.
Le dispositif dédié aux TPME prévoit trois types de subventions cumulables, dans la limite de 30 % du montant de l’investissement éligible. Pour en faciliter l’appropriation, des caravanes d’information ont été organisées dans l’ensemble des provinces et préfectures du Royaume, tandis que les CRI ont été mobilisés pour renforcer l’accompagnement de proximité. En parallèle, un pacte de financement a été signé avec le secteur bancaire afin d’améliorer l’accès au crédit et aux mécanismes de garantie.
Des chiffres pour asseoir la crédibilité de la réforme
Sur le plan quantitatif, la Commission nationale de l’investissement a validé à ce jour 250 projets représentant 414 milliards de dirhams. Ces projets sont susceptibles de générer plus de 179 000 emplois directs et indirects.
Dans le détail, 89 projets relevant du dispositif spécifique aux TPME ont été déposés via la plateforme CRI Invest, pour un montant dépassant 1,28 milliard de dirhams et un potentiel de plus de 5 000 emplois. Par ailleurs, 132 projets d’un montant inférieur à 250 millions de dirhams ont été approuvés, pour un investissement cumulé de plus de 12 milliards de dirhams et près de 29 000 emplois annoncés sur l’ensemble du territoire.
Reste désormais l’épreuve du temps. Transformer les engagements en projets productifs, ancrés dans les territoires et créateurs d’emplois stables, demeure le véritable défi. Mais à mi-parcours, une chose est acquise : l’investissement est redevenu un sujet politique central, pensé non plus comme une simple variable économique, mais comme un outil de cohésion, de confiance et de projection collective pour le Maroc.












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