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Irrigation au Maroc : quand le pilier de l’agriculture vacille sous le poids des subventions impayées


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 5 Janvier 2026

Retards de subventions, hausse des coûts, crédit plus cher : le secteur marocain de l’irrigation traverse une crise silencieuse mais profonde. Alertant sur un risque d’effondrement aux conséquences lourdes pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’Association marocaine de l’irrigation par aspersion et goutte-à-goutte tire la sonnette d’alarme. Une situation critique qui interpelle l’État, à l’heure où l’eau devient un enjeu stratégique national.



Un secteur stratégique fragilisé par une crise durable

Le malaise couvait depuis plusieurs années. Il est désormais exposé au grand jour. Le secteur de l’irrigation localisée – goutte-à-goutte et aspersion – traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Selon l’Association marocaine de l’irrigation par aspersion et goutte-à-goutte (AMIAG), la crise n’est ni conjoncturelle ni marginale : elle est profonde, structurelle et prolongée.
 

Lors de son assemblée générale tenue le 13 décembre 2025, l’association a dressé un constat alarmant, relayé par le quotidien Assabah dans son édition parue début janvier 2026. Depuis plus de trois ans, les entreprises du secteur accumulent les difficultés, au point de voir leur équilibre financier sérieusement compromis. Sur le terrain, les témoignages convergent : trésoreries asphyxiées, investissements gelés, incertitude permanente.


Subventions en retard et pression financière croissante

Au cœur de cette crise, un problème majeur : les retards prolongés dans le versement des subventions publiques issues du Fonds de développement agricole. Certains dossiers affichent des délais de paiement pouvant atteindre 24 mois. Une situation difficilement soutenable pour des entreprises qui ont déjà livré, installé et mis en service les équipements concernés.
 

À ces retards s’ajoute une hausse généralisée des coûts. Le prix des équipements, des intrants et des matériaux a fortement augmenté, sous l’effet conjugué de l’inflation et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement. En parallèle, le durcissement des conditions de financement accentue la pression : les taux d’intérêt des crédits du Crédit Agricole du Maroc sont passés de 3,5 % à 5,5 %.
 

L’entrée en vigueur de la loi n°21-169 relative aux délais de paiement est venue, selon les professionnels, compliquer davantage la gestion de trésorerie, dans un contexte déjà tendu.


Deux milliards de dirhams d’arriérés et des entreprises exposées

L’AMIAG chiffre les arriérés de subventions dus par l’État à plus de deux milliards de dirhams. Ces montants concernent des projets achevés, réceptionnés et pleinement opérationnels. Dans de nombreux cas, les entreprises ont avancé les financements nécessaires, assumant seules les charges financières et opérationnelles, sans percevoir les aides attendues.
 

Cette situation fragilise dangereusement leur stabilité économique. Elle expose également les dirigeants à des risques juridiques et financiers, alors même que leurs projets contribuent directement à la modernisation de l’agriculture nationale et à une meilleure gestion de l’eau.


Un tissu professionnel qui se délite

Les effets de la crise sont déjà visibles. Selon l’association, 73 % des projets d’irrigation réalisés au niveau national le sont via des mécanismes de délégation de dettes, faute pour de nombreux agriculteurs de pouvoir financer intégralement leurs installations.
 

Plusieurs entreprises ont déjà mis la clé sous la porte. D’autres survivent difficilement, réduisant leurs effectifs ou suspendant leurs activités. Cette hémorragie entraîne une perte de compétences et de savoir-faire hautement qualifiés, accumulés sur des années, voire des décennies.


Une menace directe pour l’agriculture et la sécurité alimentaire

Au-delà des entreprises, c’est toute la chaîne de valeur agricole qui se trouve menacée. L’irrigation constitue un levier central pour la sécurité alimentaire, l’adaptation aux changements climatiques et la gestion durable des ressources hydriques.
 

Un effondrement du secteur compromettrait les efforts engagés par le Maroc pour moderniser son agriculture, améliorer l’efficience de l’eau et renforcer la résilience des exploitations face à la sécheresse.


L’appel à une réaction rapide et concertée

Face à ce qu’elle qualifie de situation catastrophique, l’AMIAG appelle les pouvoirs publics à accélérer le règlement des arriérés de subventions, à mettre en place des mécanismes transitoires de soutien à la trésorerie et à engager une concertation sérieuse avec les professionnels et les experts du secteur.
 

Pour l’association, sauver l’irrigation aujourd’hui revient à préserver l’avenir agricole et hydrique du Royaume.

À l’heure où l’eau devient un enjeu stratégique et où l’agriculture reste un pilier de la cohésion sociale et économique, laisser le secteur de l’irrigation s’enliser serait un pari risqué. L’urgence est réelle. La réponse, elle, ne peut plus attendre.






Lundi 5 Janvier 2026

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