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Istiqlal : entre défense du bilan et préparation de l’après-2026


Rédigé par La rédaction le Mardi 21 Avril 2026

À Rabat, dans une réunion à huis clos, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a rassemblé les groupes parlementaires de sa formation pour dresser le bilan de la fin du quinquennat et préparer la séquence politique qui s’ouvre à l’approche des prochaines élections. Membre central de la majorité gouvernementale, le parti du Mizane entend désormais changer de statut : il ne veut plus seulement participer aux équilibres, mais aspire clairement à en prendre la tête.



Assumer le bilan, mais sans complaisance. Revendiquer les avancées, reconnaître les insuffisances et proposer des correctifs

Depuis le 18e Congrès général, qui a reconduit Nizar Baraka à la direction du parti, l’ambition est assumée. À l’Istiqlal, militants comme dirigeants considèrent que le temps est venu de transformer une participation jugée plus que honorable au gouvernement Akhannouch en tremplin vers un leadership politique plus affirmé. L’objectif est clair : se mettre en ordre de bataille pour les échéances à venir, sans nier pour autant le poids du bilan commun.

Toute la difficulté est là. Comment un parti de la majorité peut-il se présenter devant les électeurs sans être entièrement absorbé par l’héritage du gouvernement qu’il a contribué à faire vivre ? La réponse avancée par Nizar Baraka tient en une ligne : assumer le bilan, mais sans complaisance. Revendiquer les avancées, reconnaître les insuffisances et proposer des correctifs. À ses yeux, cette franchise constitue même la marque de fabrique de l’Istiqlal.

Le chef du parti met en avant plusieurs acquis du quinquennat, d’abord sur le terrain social. Il souligne la hausse des revenus, les résultats du dialogue social, l’augmentation du salaire minimum, les revalorisations dans le secteur public, notamment pour les médecins, les enseignants et les universitaires, ainsi que la baisse de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes. Il cite aussi la réforme des pensions, devenue plus accessible, et rappelle l’effort budgétaire massif consenti en faveur des travailleurs. Dans ce récit, l’Istiqlal veut apparaître comme l’un des moteurs d’un État social renforcé.

Le parti revendique également des avancées structurelles : généralisation de la couverture sociale, aides directes à des millions de Marocains, accélération des grands chantiers d’infrastructure, développement du dessalement, interconnexion hydraulique entre bassins, extension du réseau autoroutier, progression des ports stratégiques comme Nador West Med et Dakhla Atlantique. Pour Nizar Baraka, ces réalisations donnent de la consistance à l’idée d’un État qui agit, investit et protège.

Mais le ton n’est pas triomphaliste. Le leader istiqlalien reconnaît que plusieurs promesses restent inabouties, à commencer par l’emploi. Malgré l’augmentation record de l’investissement public et la création de centaines de milliers de postes depuis 2021, le chômage demeure élevé, autour de 13 %, avec une situation particulièrement préoccupante pour les jeunes et les femmes. L’objectif d’un relèvement du taux d’activité féminin reste loin d’être atteint.

Autre point sensible : le pouvoir d’achat. Nizar Baraka admet que la lutte contre l’inflation n’a pas produit tous les effets attendus, notamment sur la question des viandes rouges, où les mécanismes de subvention n’ont pas empêché les distorsions du marché. Il dénonce au passage le rôle des spéculateurs, des importateurs opportunistes et des intermédiaires qui, selon lui, continuent de peser sur les prix au détriment des ménages.

Pour expliquer ces limites, l’Istiqlal invoque un contexte particulièrement contraint : sécheresse persistante, destruction d’emplois ruraux, insuffisante mobilisation du secteur privé, crises géopolitiques successives, guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient, séisme d’Al-Haouz, inondations. Autant d’événements qui ont obligé l’Exécutif à engager des dépenses exceptionnelles pour amortir les chocs, notamment sur le transport, le gaz et l’électricité.

Au-delà du bilan immédiat, Nizar Baraka cherche surtout à installer les thèmes de la prochaine étape. À ses yeux, l’enjeu n’est pas de savoir qui dirigera le “gouvernement du Mondial”, formule qu’il juge réductrice et démesurée, mais quels défis structurants devront être affrontés. Il en identifie trois : la souveraineté, notamment énergétique et industrielle ; l’appropriation stratégique de l’intelligence artificielle ; et la concrétisation de l’autonomie au Sahara marocain, avec les adaptations institutionnelles et administratives que cela impliquerait.

S’y ajoute une autre exigence, plus politique encore : faire en sorte que le Maroc avance à une seule vitesse. Derrière cette formule, Nizar Baraka remet au centre la question des inégalités territoriales et de l’écart croissant entre régions. Pour l’Istiqlal, la prochaine bataille électorale ne pourra pas être gagnée sur des slogans seuls, mais sur une capacité à proposer un horizon de cohésion nationale, de justice sociale et de souveraineté concrète.

En somme, le parti cherche une ligne d’équilibre : ne pas renier son passage au gouvernement, mais ne pas s’y dissoudre non plus. Défendre ce qui a été fait, reconnaître ce qui a échoué, et se présenter comme une force de continuité critique plutôt que comme un simple gestionnaire du statu quo. Toute la question est désormais de savoir si cette posture sera lisible pour les électeurs — et politiquement payante.





Mardi 21 Avril 2026

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