Par Mohammed Yassir Mouline
Assumer plutôt que renier
L’un des traits les plus significatifs de cette démarche tient à la manière dont l’Istiqlal aborde sa participation à la responsabilité gouvernementale… Le parti ne cherche pas à effacer son passage aux responsabilités, ni à transformer la campagne en procès permanent de ceux avec lesquels il a gouverné… Il revendique au contraire ce qui a été réalisé, défend les acquis qu’il juge importants et propose de prolonger ou de corriger les politiques publiques là où il estime qu’elles doivent l’être… Cette attitude donne à la campagne une tonalité particulière… on peut demander un nouveau mandat sans renier le travail accompli… Nizar Baraka s’inscrit lui-même dans cette logique… Son discours récent relie les choix électoraux aux politiques publiques qui auront des effets concrets sur la vie quotidienne des citoyens et de leurs enfants… Le vote est ainsi présenté non comme un simple choix de personnes, mais comme un choix d’orientations pour les années à venir…
La politique sans le procès permanent
Dans une compétition électorale où la tentation de transformer chaque adversaire en cible est toujours présente, l’Istiqlal semble avoir fait un autre pari… parler davantage de ce qu’il veut faire que de ce qu’il reproche aux autres… Pouvoir d’achat, famille, école publique, emploi des jeunes, services publics, souveraineté hydrique, énergétique, industrielle et numérique… le programme présenté par le parti aligne des engagements précis et structurés autour de cinq grandes priorités…
Nizar Baraka en est la principale incarnation politique… Ses déplacements de Tanger à Larache, en passant par les territoires ruraux et les provinces du Sud, ont cherché à donner au programme une dimension de terrain… À Laâyoune, le discours s’est notamment articulé autour des infrastructures, de l’eau, des énergies renouvelables, de l’emploi et du développement économique des provinces du Sud… La campagne ne se contente donc pas de demander aux citoyens d’écouter… elle leur demande de comparer des orientations et des engagements…
« Ma patrie… mon avenir »… une formule qui engage
C’est peut-être là que réside le véritable sens du slogan choisi par l’Istiqlal… « Ma patrie… mon avenir » ne se résume pas à une formule électorale… Dans le discours de Nizar Baraka, le pays devient le point de départ d’une réflexion sur l’avenir… avenir des jeunes, avenir des familles, avenir du pouvoir d’achat, avenir des services publics et avenir des territoires… Le programme présenté pour 2026-2031 insiste ainsi sur la cohésion sociale, l’égalité des chances, la dignité, la responsabilité publique et la préparation des compétences nécessaires aux transformations économiques et technologiques… C’est une manière de rappeler une règle élémentaire de la démocratie… une campagne se termine par un bulletin, mais ses conséquences commencent le lendemain…
La Balance avance sans courir après les autres
Le symbole de la Balance trouve ici une traduction politique assez simple… garder son équilibre… Ne pas répondre à chaque provocation par une provocation… Ne pas transformer la concurrence électorale en règlement de comptes… Ne pas fuir les responsabilités assumées… Ne pas promettre un Maroc abstrait, mais présenter celui que l’on veut construire… C’est aussi le défi personnel de Nizar Baraka… faire de son statut de secrétaire général de l’Istiqlal non seulement une fonction de direction, mais un point de cohérence entre le bilan, le programme et la responsabilité politique… L’Istiqlal ne prétend donc pas découvrir la politique à la veille du scrutin… Il entend capitaliser sur son histoire, son implantation nationale et son expérience gouvernementale pour proposer une nouvelle étape… Cette continuité entre héritage et projection vers l’avenir est précisément ce que résume le slogan « Ma patrie… mon avenir »…
Une campagne ne se mesure pas au bruit qu’elle produit
Au fond, la véritable particularité de cette campagne tient peut-être à ce qu’elle refuse de faire… elle ne cherche pas à gagner quelques décibels en perdant quelques degrés de responsabilité… Le Parti de l’Istiqlal avance avec son histoire, ses responsabilités assumées, ses propositions et ses engagements... Nizar Baraka en porte la parole avec une ligne qui se veut constante… parler du Maroc, de ses citoyens et de leur avenir avant de parler de ses adversaires… Car après les affiches, les meetings et les déclarations, il restera une seule question… qu’est-ce que chaque formation propose réellement de faire du Maroc de demain ?...
C’est là que le slogan istiqlalien prend tout son sens… « Ma patrie… mon avenir »… Pas un pays que l’on invoque seulement pendant la campagne… Pas un avenir que l’on remet toujours à demain… Un Maroc que l’on assume aujourd’hui pour mieux le construire demain…
Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.












L'accueil





Nizar Baraka : quand le vote devient un choix de société










