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L’Unesco dresse un diagnostic du cinéma africain


Le septième art en Afrique connaît des évolutions rapides qui font concourir les productions cinématographiques africaines dans les compétitions internationales, tandis que les festivals africains ou ceux qui s'intéressent au cinéma africain prennent un rythme ascendant.



 
Depuis quelques années, le cinéma africain s'est hissé au niveau international, et de nombreux films ont été récompensés et programmés dans les festivals les plus prestigieux. Mais le secteur se plaint jusqu'à présent d'un manque de financement, et de l’absence de politiques culturelles chez les gouvernements africains, malgré le fait que ces dernières années le cinéma est devenu une véritable industrie qui joue un rôle économique indéniable.
 
Dans un constat de la réalité du cinéma sur le Continent, l'UNESCO a récemment publié un rapport dans lequel elle diagnostique les conditions du cinéma dans les pays africains et en sort avec des recommandations qui organiseraient une croissance soutenue pour ce secteur.
 
Dans ce rapport de 70 pages, l'organisation a estimé que la production d'œuvres cinématographiques connaît un développement remarquable en Afrique grâce aux technologies numériques, mais que l'exploitation de ses capacités économiques reste nettement en deçà du niveau requis dans la grande majorité des pays du continent.
 
L'UNESCO a fait l'éloge du cinéma au Nigeria (Nollywood), qui produit environ 2500 films par an, ce qui a permis la naissance d'une production cinématographique locale avec son propre modèle économique.
 
Cependant, elle a souligné que la production cinématographique dans la plupart des autres pays africains fait face à de grandes difficultés pour trouver un business model qui garantit une croissance durable en raison de la taille et de la rareté des marchés nationaux.
 
Le rapport souligne également que l'essentiel du marché est dominé par les biens et services audiovisuels étrangers, ce qui ne permet ni la connaissance mutuelle entre les peuples du continent, ni la promotion de la diversité culturelle, ni le développement économique d'une société nationale ou une industrie régionale.
 
Par exemple, les plateformes numériques ont affecté les productions cinématographiques traditionnelles en Afrique, et en particulier les cinémas dans les pays qui souffrent encore d'un manque de financement, de production et de distribution.
 
L'UNESCO a en plus soutenu le fait que le cinéma et la production audiovisuelle créent environ cinq millions d'emplois et représentent cinq milliards de dollars du produit brut total du continent, bien que ses capacités permettent de multiplier ces chiffres par quatre, soulignant la sous-exploitation de ces capacités.
 
Le rapport indique également que seulement 44% des pays africains ont des commissions nationales du film, tandis que seulement 55% des pays ont des politiques pour soutenir l'industrie cinématographique. De plus, l'Afrique est l'un des continents avec la plus faible part de distribution cinématographique, car les statistiques indiquent qu'il y a un écran pour 787 402 personnes.
 
Le cinéma africain sub-saharien comme dans la diaspora a, selon le rapport, tendance à contempler l'histoire africaine et l'homme africain à l'intérieur et à l'extérieur de son pays, puisque les Africains ont été victimes d’une véritable la diaspora il y a plusieurs siècles, notamment avec de la traite, négrière qui a grandement contribué à construire un nouveau monde sur la rive ouest de l'Atlantique.
 
Les films africains actuels ne cherchent plus à se venger de ce passé, mais tentent plutôt de le démanteler, et de redonner du respect à l'homme africain. Il est désormais un « sujet » et non plus un « objet ». Il peut voir le monde de son propre regard, aller dans des lieux qu'il décide, et obtenir une reconnaissance grâce à ses propres talents. Les cinéastes africains en sont conscients et essayent de refléter cette image dans leurs productions.  Ainsi, les films africains sont devenus une sorte de contemplation cognitive, esthétique et critique du soi africain et du monde.
 
Les cinéastes africains essayent de changer la vision qu’ont les Africains du cinéma. Ceci en les libérant du racisme occidental qui a perpétué l'image mentale colonialiste qui les considérait comme des sauvages, primitifs et malhonnêtes. Mais également des visions nationalistes des réalisateurs africains, après les indépendances dans les années soixante du siècle dernier , et leurs œuvres qui mettent en valeur les civilisations africaines, et rappellent les crimes de « l'Européen civilisé ».
 
Des questions non moins complexes attendent la nouvelle génération de cinéastes africains, notamment l'immigration clandestine, nouvelle plaie saignante et le vieux colonialisme, qui pillaient richesses et vies, tournaient le dos et ne voulaient pas en porter une part de responsabilité morale.
 
Aujourd’hui, l'Afrique contribue pour une large part à la production cinématographique internationale, malgré les capacités financières limitées que les gouvernements allouent au septième art et à la culture en général. L'Egypte et le Nigeria fournissent des productions abondantes, tandis que d'autres pays soutiennent les grands festivals de cinéma, dont le plus ancien est le Festival du film de Carthage, fidèle à son caractère africain, fondé en 1966, et le FESPACO, dont la première session s'est tenue en 1969, au Burkina Faso.
 
Cependant, l'ambition des producteurs de films reste supérieure à ce qu'ils sont, et c'est ce qu'ils tentent d'atteindre en essayant de trouver de nouvelles solutions pour améliorer la production cinématographique dans le continent.
Samedi 9 Octobre 2021


Mustapha Bourakkadi
Journaliste sans la prétention de détenir la science infuse... ma seule ambition est de rapporter... En savoir plus sur cet auteur

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