Un homme qui fixait les murs comme s’ils lui parlaient.
Un soir d’hiver, une rixe éclata dans la cour. Yassine fut retrouvé à terre, le crâne ensanglanté. Direction l’hôpital pénitentiaire.
On demanda un scanner cérébral pour écarter une hémorragie.
Dans la salle de radiologie, la machine ronronnait avec une indifférence mécanique.
Les images apparurent, coupe après coupe.
Le radiologue, Dr B.B., plissa les yeux.
Il ne cherchait qu’un traumatisme récent.
Il trouva autre chose.
Une ancienne lésion frontale. Cicatricielle. Discrète mais indéniable. Située dans une zone connue pour gouverner l’impulsivité, le jugement, le contrôle des émotions.
Le docteur resta immobile. Il connaissait les travaux reliant certaines atteintes du lobe frontal à des troubles du comportement.
Désinhibition. Agressivité inappropriée.
Difficulté à anticiper les conséquences des actes.
Était-ce un hasard ?
Ou la clé d’un drame ?
On demanda un scanner cérébral pour écarter une hémorragie.
Dans la salle de radiologie, la machine ronronnait avec une indifférence mécanique.
Les images apparurent, coupe après coupe.
Le radiologue, Dr B.B., plissa les yeux.
Il ne cherchait qu’un traumatisme récent.
Il trouva autre chose.
Une ancienne lésion frontale. Cicatricielle. Discrète mais indéniable. Située dans une zone connue pour gouverner l’impulsivité, le jugement, le contrôle des émotions.
Le docteur resta immobile. Il connaissait les travaux reliant certaines atteintes du lobe frontal à des troubles du comportement.
Désinhibition. Agressivité inappropriée.
Difficulté à anticiper les conséquences des actes.
Était-ce un hasard ?
Ou la clé d’un drame ?
Le rapport fut transmis au médecin de la prison, puis à l’avocat de Yassine.
Très vite, la machine judiciaire, si lente d’ordinaire, se remit en mouvement.
Une demande d’expertise neuropsychiatrique fut déposée.
Lors de l’audience de révision, la salle était comble.
Le procureur, austère, soutenait que des milliers d’individus portaient des lésions sans devenir meurtriers.
L’avocat, lui, évoquait une altération possible du discernement.
Il cita des études, parla de vulnérabilité cérébrale, d’impulsions mal contrôlées.
Puis vint le tour du psychiatre expert.
Yassine présentait, selon lui, des troubles anciens.
Des épisodes de désorganisation, des accès de violence disproportionnée, une difficulté à relier ses actes à leurs conséquences.
- Aucun suivi sérieux avant l’incarcération.
- Aucun bilan approfondi.
Le médecin conclut avec gravité : Cet homme devait relever d’une prise en charge psychiatrique depuis des années.
La prison n’a fait qu’aggraver sa pathologie.
Un silence glacial envahit la salle. Car derrière Yassine se dessinait une réalité plus vaste.
Dans l’ombre des barreaux, combien d’hommes et de femmes souffraient de troubles mentaux sévères sans diagnostic adéquat ?
Combien purgeaient une peine alors qu’ils auraient dû recevoir des soins spécialisés ?
La radiologie, en révélant une cicatrice invisible, avait fissuré une certitude judiciaire.
L’image n’innocentait pas. Elle n’accusait pas non plus.
Elle posait une question vertigineuse : Peut-on juger un acte sans comprendre le cerveau qui l’a produit ?
Le juge ordonna une hospitalisation en unité psychiatrique sécurisée pour évaluation prolongée.
Le verdict définitif fut suspendu.
Dans sa cellule désormais vide, un rai de lumière filtrait par la lucarne. Était-ce le début d’une rédemption, ou simplement un déplacement de murs ?
Le scanner n’avait pas parlé.
Il avait montré.
Et parfois, dans la froide objectivité d’une image médicale, se cache une vérité plus troublante que n’importe quel témoignage.
Car certaines prisons enferment des corps.
D’autres enferment des esprits qui n’auraient jamais dû s’y trouver.
Par Dr BOUMEHDI Bounhir.
Une demande d’expertise neuropsychiatrique fut déposée.
Lors de l’audience de révision, la salle était comble.
Le procureur, austère, soutenait que des milliers d’individus portaient des lésions sans devenir meurtriers.
L’avocat, lui, évoquait une altération possible du discernement.
Il cita des études, parla de vulnérabilité cérébrale, d’impulsions mal contrôlées.
Puis vint le tour du psychiatre expert.
Yassine présentait, selon lui, des troubles anciens.
Des épisodes de désorganisation, des accès de violence disproportionnée, une difficulté à relier ses actes à leurs conséquences.
- Aucun suivi sérieux avant l’incarcération.
- Aucun bilan approfondi.
Le médecin conclut avec gravité : Cet homme devait relever d’une prise en charge psychiatrique depuis des années.
La prison n’a fait qu’aggraver sa pathologie.
Un silence glacial envahit la salle. Car derrière Yassine se dessinait une réalité plus vaste.
Dans l’ombre des barreaux, combien d’hommes et de femmes souffraient de troubles mentaux sévères sans diagnostic adéquat ?
Combien purgeaient une peine alors qu’ils auraient dû recevoir des soins spécialisés ?
La radiologie, en révélant une cicatrice invisible, avait fissuré une certitude judiciaire.
L’image n’innocentait pas. Elle n’accusait pas non plus.
Elle posait une question vertigineuse : Peut-on juger un acte sans comprendre le cerveau qui l’a produit ?
Le juge ordonna une hospitalisation en unité psychiatrique sécurisée pour évaluation prolongée.
Le verdict définitif fut suspendu.
Dans sa cellule désormais vide, un rai de lumière filtrait par la lucarne. Était-ce le début d’une rédemption, ou simplement un déplacement de murs ?
Le scanner n’avait pas parlé.
Il avait montré.
Et parfois, dans la froide objectivité d’une image médicale, se cache une vérité plus troublante que n’importe quel témoignage.
Car certaines prisons enferment des corps.
D’autres enferment des esprits qui n’auraient jamais dû s’y trouver.
Par Dr BOUMEHDI Bounhir.












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