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La BAD confie à Société Générale la construction d’une plateforme de titrisation synthétique à 2 milliards de dollars


le Mercredi 3 Décembre 2025

Présentée lors des Market Days de l’Africa Investment Forum (AIF) à Rabat, la nouvelle « SST Platform » de la Banque africaine de développement vise à libérer des marges de prêt pour financer des projets à fort impact en Afrique. La BAD a nommé Société Générale conseiller principal pour structurer cette plateforme multi-organisateurs, dont la phase initiale ciblera un portefeuille de référence d’environ 2 milliards de dollars.



La scène s’est tenue à Rabat, le 26 novembre 2025 : sous les auspices de l’Africa Investment Forum, la Banque africaine de développement (BAD) et Société Générale ont signé un accord pour lancer la structuration d’une Plateforme de titrisation synthétique d’« origination multiple » la SST Platform. Conçue comme un véhicule renouvelable, rotatif et évolutif de transfert de risque, elle reprend et industrialise la logique des opérations déjà menées par la BAD depuis 2018 dans le cadre de l’initiative « Room to Run ». 
 

La mécanique est limpide sur le papier : en transférant une partie du risque crédit via des instruments synthétiques, les institutions de financement du développement (IFD) se libèrent de contraintes de capital réglementaire et gagnent en capacité d’octroi de prêts. Pour la BAD, l’enjeu dépasse la simple optimisation de bilan il s’agit surtout d’attirer des capitaux privés pour compenser la raréfaction des financements concessionnels et de rendre finançable une nouvelle vague de projets d’infrastructure, d’énergie propre et de développement social.


Une ambition technique qui appelle prudence et pédagogie

La phase initiale, officiellement ciblée autour d’un portefeuille de référence de 2 milliards de dollars, combinera des actifs provenant notamment de la BAD et de la Development Bank of Southern Africa (DBSA), avec la possibilité d’intégrer d’autres institutions publiques africaines. La diversification recherchée  secteurs, zones géographiques, profils de risque — est destinée à rendre le véhicule attractif pour investisseurs institutionnels internationaux. 
 

Mais prudence : la titrisation synthétique reste un instrument technique, parfois mal compris du grand public et même de certains acteurs financiers. Si elle peut libérer des « headrooms » de prêt, elle transfère aussi des risques  réels vers des contreparties privées. La qualité du montage juridique, la transparence des stress tests, la granularité des portefeuilles et la clarté des modalités de mise en œuvre seront déterminantes pour éviter des effets pervers (moral hazard, opacité des expositions) et pour convaincre les investisseurs sur le long terme. Sur ce plan, le rôle de Société Générale, pressentie pour modéliser, documenter et préparer l’offre aux investisseurs, paraît central. 


Un signal politique et financier à l’AIF mais quelle portée pour le Maroc ?

Porter cette annonce lors de l’AIF à Rabat n’est pas anodin : l’événement, qui a consolidé plus de 15 milliards de dollars d’intentions et rapproché projets bancables et capitaux, offre une vitrine politique et commerciale majeure. Pour le Maroc pays hôte  la tenue de discussions sur des instruments innovants renforce son positionnement comme hub régional pour le financement de projets. 
 

Côté acteurs, les déclarations officielles soulignent l’ambition : Pascale Olivié (Société Générale) a souligné la contribution de la banque « à l’avancement de la finance durable et à l’attraction d’investissements privés pour une croissance inclusive en Afrique », tandis que Max Ndiaye (BAD) a qualifié la plateforme de « catalyseur » pour élargir la marge de manœuvre des prêts destinés aux projets à fort impact. Ces propos, échos des communiqués, confirment la dimension stratégique de l’opération. 


Ce qu’il faut surveiller

Plusieurs éléments méritent une attention rapprochée :

• La transparence des modèles de risque utilisés et la publication régulière des stress tests ;
• Les garde-fous juridiques et opérationnels pour éviter un transfert caché de risques publics vers des investisseurs privés ;
• La capacité de la plateforme à standardiser la documentation et les méthodologies condition sine qua non pour atteindre une mobilisation « à l’échelle » ;
• Enfin, l’évaluation de l’impact réel sur l’accès au crédit pour les projets locaux, notamment au Maghreb et en zones rurales.
 

Sur ce point, la BAD affirme que la SST s’inscrit dans sa Stratégie décennale 2024-2033 et dans les « Quatre points cardinaux » du président Sidi Ould Tah, qui placent la mobilisation du capital privé au cœur de la transformation structurelle du continent. Reste à traduire ces engagements en résultats mesurables, au bénéfice des populations et non seulement des bilans. 

La SST Platform pourrait constituer une pierre angulaire pour financer la prochaine génération de projets durables en Afrique. Mais son succès dépendra moins du titre officiel et des chiffres annoncés que de la qualité de l’exécution technique, de la gouvernance et de la capacité des institutions africaines à veiller à ce que l’outil serve l’intérêt public, et pas seulement l’optimisation comptable. Pour le Maroc et la région, l’opportunité est réelle à condition d’en garder la maîtrise collective.






Mercredi 3 Décembre 2025

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Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


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