Dans le football africain, certains principes voyagent plus vite que les équipes… Ils changent parfois d'avis entre Rabat et Washington sans même avoir besoin de visa… Lors de la CAN organisée au Maroc, quelques délégations et leurs relais médiatiques avaient soudain découvert une vocation tardive pour l'inspection générale des travaux finis… Chaque détail méritait enquête, chaque procédure appelait commentaire, chaque incident devenait sujet à controverse... On scrutait les stades à la loupe, on disséquait les conditions d'accueil, on pesait les moindres imperfections comme s'il s'agissait d'un rapport d'audit destiné à sauver le football mondial… !!
Quelques mois plus tard, les mêmes découvrent les rigueurs de l'organisation américaine… Contrôles renforcés, protocoles sécuritaires draconiens, déplacements strictement encadrés, chaleur accablante et contraintes logistiques assumées comme telles… Et soudain, plus rien… Le silence est devenu la langue officielle de la compétition… Comme quoi, certaines critiques ne dépendent pas toujours des faits… Elles dépendent parfois simplement de l'adresse où les faits se produisent… !!
La suite de l'histoire est celle d'une étrange géographie de l'indignation, où ce qui relevait hier du scandale à Rabat devient aujourd'hui une formalité administrative à Washington, et où les principes semblent parfois changer de maillot plus vite que les joueurs eux-mêmes… La magie opère… Ce qui était au Maroc une « atteinte au confort des délégations » devient aux États-Unis une « exigence normale d’un grand tournoi »… Ce qui relevait hier du « scandale organisationnel » est aujourd’hui rebaptisé « protocole professionnel »... Les mots changent, les faits restent… !!
Le plus savoureux reste peut-être le communiqué publié par la Fédération sénégalaise pour éteindre l'incendie provoqué par les images du tarmac… Selon les explications officielles, les fouilles n'avaient rien d'humiliant… elles avaient été organisées en coordination avec la FIFA pour accélérer l'embarquement de la délégation… Alors lorsqu'un contrôle se déroule aux États-Unis, il devient une optimisation logistique… lorsqu'une bouteille d'eau manque ou qu'un moustique apparaît en Afrique, cela devient un scandale d'État... Il faut croire que certains désagréments changent de nature dès qu'ils passent la douane américaine… !!
Il faut reconnaître que certains pratiquent la gymnastique intellectuelle avec un talent olympique… Transformer une critique en compliment selon la latitude du pays hôte exige une souplesse remarquable… On est ici face à une discipline sportive à part entière… Le plus amusant est que le Maroc a peut-être commis une faute impardonnable… celle de trop bien recevoir... Car dans certaines circonstances, l’hospitalité produit l’effet inverse de celui recherché... Plus vous ouvrez les portes, plus certains cherchent la poussière derrière les rideaux… Plus vous facilitez les choses, plus ils considèrent ces facilités comme un dû... Plus vous faites preuve de générosité, plus ils la confondent avec une obligation… !!
À Washington, en revanche, personne ne discute les règles... On les applique… On les subit… Et parfois même on les admire… Comme quoi, l’autorité voyage mieux que la courtoisie… C’est précisément ce qui rend intéressantes les récentes déclarations de Donald Trump sur la Coupe du monde... Pour une fois, le milliardaire américain a rappelé une évidence que beaucoup semblent avoir oubliée… un pays organisateur n’est pas une agence de voyages chargée de satisfaire tous les caprices de ses visiteurs… Son rôle consiste à fournir des infrastructures, des services et de la sécurité... Celui des équipes participantes consiste à jouer au football… Une idée révolutionnaire à notre époque… !!
Car dans certaines compétitions africaines, on a parfois l’impression que le pays hôte doit non seulement construire les stades, mais aussi garantir la météo idéale, l’humidité réglementaire, la température homologuée et, pourquoi pas demain, la direction du vent… Le plus étonnant reste que le Maroc accepte souvent ce rôle avec une patience quasi monastique… Attention… il ne s’agit pas de renoncer à l’hospitalité marocaine… Celle-ci constitue l’une des plus belles cartes de visite du pays… Mais entre la générosité et la naïveté, il existe une frontière que même les meilleurs architectes de stades devraient pouvoir distinguer…
Car le sport moderne n’est plus seulement une affaire de ballons et de buts... C’est un instrument de puissance, d’influence et d’image… Les grandes nations investissent dans les compétitions parce qu’elles y trouvent un retour économique, diplomatique et stratégique... Elles n’organisent pas des tournois pour recevoir des leçons de ceux qu’elles accueillent… Le Maroc a montré son savoir-faire… Mais il faut aussi rappeler une règle simple que certaines délégations semblent parfois oublier… l’invité mérite le respect, mais l’hôte aussi…
Après tout, dans n’importe quelle maison marocaine, celui qui critique le couscous, la température du salon et la couleur des rideaux finit généralement par entendre une phrase pleine de sagesse populaire… la porte est ouverte… !! Et il n’est pas certain que Donald Trump la formulerait autrement… !!
Le Maroc a peut-être appris une vieille leçon de politique internationale… lorsque vous traitez certains invités comme des princes, ils se comportent parfois comme des inspecteurs des impôts… Mais lorsqu’un véritable gendarme leur montre le règlement, ils découvrent soudain les vertus du silence et les charmes de la discipline… Comme quoi, entre Rabat et Washington, ce ne sont pas seulement les fuseaux horaires qui changent… Ce sont aussi les principes… !!
Le Maroc, lui, peut continuer d’avancer sereinement... Car les nations qui construisent des stades, des infrastructures et des succès durables finissent toujours par laisser derrière elles celles qui ne construisent que des prétextes... Les critiques passent, les réalisations restent... Et lorsqu’un pays parvient à transformer l’hospitalité en puissance et l’organisation en référence continentale, il n’a plus besoin de répondre au bruit… il lui suffit de continuer à montrer l’exemple… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.












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