Une nomination qui réveille de vieilles inquiétudes
Le parcours du nouveau ministre explique, en partie, ces réactions.
Avant son entrée au gouvernement, Pr Younes Bjijou a exercé des responsabilités au sein de l’hôpital Cheikh Khalifa et de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), notamment comme directeur délégué.
Cette institution intervient dans les soins hospitaliers, la formation médicale et la recherche scientifique.
Depuis le développement des structures de la FM6SS, aussi bien hospitalières et universitaires, certains professionnels libéraux expriment des interrogations.
Ils redoutent que des établissements disposant d’infrastructures modernes, de moyens institutionnels importants et d’une offre diversifiée ne bénéficient d’avantages difficiles à égaler pour les petits et moyens cabinets libéraux.
Mais, il faut distinguer les perceptions des faits démontrés : la présence d’un acteur institutionnel ne suffit pas à prouver une concurrence déstabilisante.
Mais elle soulève une question légitime.
Un petit cabinet de médecine générale, un spécialiste libéral et un grand établissement hospitalo-universitaire disposent-ils réellement des mêmes moyens et des mêmes possibilités de développement ?
C’est cette équité que les pouvoirs publics doivent examiner, au-delà des réactions suscitées par la nomination.
Avant son entrée au gouvernement, Pr Younes Bjijou a exercé des responsabilités au sein de l’hôpital Cheikh Khalifa et de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), notamment comme directeur délégué.
Cette institution intervient dans les soins hospitaliers, la formation médicale et la recherche scientifique.
Depuis le développement des structures de la FM6SS, aussi bien hospitalières et universitaires, certains professionnels libéraux expriment des interrogations.
Ils redoutent que des établissements disposant d’infrastructures modernes, de moyens institutionnels importants et d’une offre diversifiée ne bénéficient d’avantages difficiles à égaler pour les petits et moyens cabinets libéraux.
Mais, il faut distinguer les perceptions des faits démontrés : la présence d’un acteur institutionnel ne suffit pas à prouver une concurrence déstabilisante.
Mais elle soulève une question légitime.
Un petit cabinet de médecine générale, un spécialiste libéral et un grand établissement hospitalo-universitaire disposent-ils réellement des mêmes moyens et des mêmes possibilités de développement ?
C’est cette équité que les pouvoirs publics doivent examiner, au-delà des réactions suscitées par la nomination.
Le nouveau ministre sera-t-il juge et arbitre ?
La question n’est pas seulement de savoir si le Pr Bjijou connaît le secteur sanitaire.
Son parcours témoigne d’une expérience dans la gestion d’institutions de santé et l’enseignement médical.
Le véritable enjeu concerne la manière dont il exercera ses responsabilités.
Comment préserver une distance institutionnelle suffisante entre les intérêts des différents acteurs et les décisions ministérielles ?
Comment garantir que les politiques publiques ne privilégient aucune catégorie de prestataires ?
Comment transformer son expérience en une capacité d’arbitrage reconnue par tous ?
Il ne s’agit pas de mettre en doute ses intentions, mais de rappeler une exigence : la confiance dans l’action publique repose autant sur l’impartialité des décisions que sur les compétences de celui qui les prend.
Cette impartialité doit se traduire par des règles transparentes en matière de financement, de contractualisation, de régulation de l’offre de soins et d’orientation des patients.
Son parcours témoigne d’une expérience dans la gestion d’institutions de santé et l’enseignement médical.
Le véritable enjeu concerne la manière dont il exercera ses responsabilités.
Comment préserver une distance institutionnelle suffisante entre les intérêts des différents acteurs et les décisions ministérielles ?
Comment garantir que les politiques publiques ne privilégient aucune catégorie de prestataires ?
Comment transformer son expérience en une capacité d’arbitrage reconnue par tous ?
Il ne s’agit pas de mettre en doute ses intentions, mais de rappeler une exigence : la confiance dans l’action publique repose autant sur l’impartialité des décisions que sur les compétences de celui qui les prend.
Cette impartialité doit se traduire par des règles transparentes en matière de financement, de contractualisation, de régulation de l’offre de soins et d’orientation des patients.
La complémentarité : une ambition nécessaire
À mon sens, l’arrivée du Pr Younes Bjijou pourrait offrir l’occasion de repenser les relations entre les secteurs public, privé et semi-public.
L’objectif serait de construire une véritable complémentarité plutôt que de laisser ces composantes évoluer dans une compétition permanente et peut être qualifiée par certains de déloyale.
Le secteur public assume une responsabilité fondamentale dans l’accès aux soins, notamment pour les populations vulnérables, économiquement faible.
Le secteur privé libéral contribue à la proximité, à la diversité des compétences et au suivi des patients.
Les institutions de santé à vocation universitaire participent au développement des soins spécialisés, de la formation et de la recherche.
Ces missions peuvent se renforcer mutuellement, à condition d'organiser leurs interactions : conventions équilibrées, parcours coordonnés, orientation des patients, meilleure répartition territoriale des professionnels et financement tenant compte des missions de chaque structure.
L’objectif serait de construire une véritable complémentarité plutôt que de laisser ces composantes évoluer dans une compétition permanente et peut être qualifiée par certains de déloyale.
Le secteur public assume une responsabilité fondamentale dans l’accès aux soins, notamment pour les populations vulnérables, économiquement faible.
Le secteur privé libéral contribue à la proximité, à la diversité des compétences et au suivi des patients.
Les institutions de santé à vocation universitaire participent au développement des soins spécialisés, de la formation et de la recherche.
Ces missions peuvent se renforcer mutuellement, à condition d'organiser leurs interactions : conventions équilibrées, parcours coordonnés, orientation des patients, meilleure répartition territoriale des professionnels et financement tenant compte des missions de chaque structure.
Pourquoi un patient devrait-il choisir entre proximité, qualité et accessibilité financière ?
Pourquoi un médecin libéral devrait-il se sentir menacé par le développement d’un autre acteur si les règles sont transparentes et équitables ?
La complémentarité ne doit pas rester un slogan : elle doit devenir une réalité au bénéfice du patient.
Les petits cabinets, maillon fragile de la médecine de proximité ?
Les petits cabinets constituent souvent un point d’entrée essentiel dans le système de santé.
Ils assurent consultations, suivi des maladies chroniques, prévention, dépistage, éducation sanitaire et orientation vers les spécialistes.
Pourtant, leurs charges, leurs investissements, la numérisation et les contraintes administratives peuvent fragiliser leur activité.
Une évolution du paysage sanitaire qui ignorerait ces réalités risquerait d’accentuer les écarts entre les acteurs les mieux dotés et les professionnels, petits et moyens, indépendants.
Faut-il laisser ces petites structures affronter seules des transformations profondes ?
L’enjeu consiste à garantir des conditions d’exercice équitables, soutenir leur modernisation, faciliter leur intégration dans les parcours de soins et éviter qu’une concentration de l’offre ne réduise les choix des patients ou n’affaiblisse la médecine de proximité.
Protéger la médecine libérale ne signifie pas protéger des privilèges, mais préserver sa capacité à remplir une mission utile à la population dans un cadre équitable et régulé.
La complémentarité ne doit pas rester un slogan : elle doit devenir une réalité au bénéfice du patient.
Les petits cabinets, maillon fragile de la médecine de proximité ?
Les petits cabinets constituent souvent un point d’entrée essentiel dans le système de santé.
Ils assurent consultations, suivi des maladies chroniques, prévention, dépistage, éducation sanitaire et orientation vers les spécialistes.
Pourtant, leurs charges, leurs investissements, la numérisation et les contraintes administratives peuvent fragiliser leur activité.
Une évolution du paysage sanitaire qui ignorerait ces réalités risquerait d’accentuer les écarts entre les acteurs les mieux dotés et les professionnels, petits et moyens, indépendants.
Faut-il laisser ces petites structures affronter seules des transformations profondes ?
L’enjeu consiste à garantir des conditions d’exercice équitables, soutenir leur modernisation, faciliter leur intégration dans les parcours de soins et éviter qu’une concentration de l’offre ne réduise les choix des patients ou n’affaiblisse la médecine de proximité.
Protéger la médecine libérale ne signifie pas protéger des privilèges, mais préserver sa capacité à remplir une mission utile à la population dans un cadre équitable et régulé.
Une alliance sanitaire est-elle possible ?
La réforme du système de santé ne pourra réussir sans vision commune.
Le nouveau ministre devra composer avec la régionalisation de la gouvernance sanitaire, la transformation des structures de soins et les attentes liées à la généralisation de la protection sociale.
Trois chantiers apparaissent prioritaires :
D’abord, établir un diagnostic transparent de l’offre de soins : quels territoires manquent de médecins ?
- Quelles spécialités sont insuffisamment accessibles ?
- Quelles capacités existent dans les secteurs public, privé et semi-public ?
Ensuite, définir des règles communes et lisibles, tenant compte des différences de statut, de mission et de financement.
La régulation ne doit ni favoriser arbitrairement une catégorie ni entraver l’innovation.
Enfin, instaurer un dialogue associant médecins libéraux, établissements hospitaliers, professionnels publics, organismes de protection sociale et patients.
Cette démarche permettrait de dépasser les suspicions, de mieux utiliser les ressources disponibles, de réduire les ruptures dans les parcours et d’améliorer l’accès aux compétences médicales sur l’ensemble du territoire.
Le nouveau ministre devra composer avec la régionalisation de la gouvernance sanitaire, la transformation des structures de soins et les attentes liées à la généralisation de la protection sociale.
Trois chantiers apparaissent prioritaires :
D’abord, établir un diagnostic transparent de l’offre de soins : quels territoires manquent de médecins ?
- Quelles spécialités sont insuffisamment accessibles ?
- Quelles capacités existent dans les secteurs public, privé et semi-public ?
Ensuite, définir des règles communes et lisibles, tenant compte des différences de statut, de mission et de financement.
La régulation ne doit ni favoriser arbitrairement une catégorie ni entraver l’innovation.
Enfin, instaurer un dialogue associant médecins libéraux, établissements hospitaliers, professionnels publics, organismes de protection sociale et patients.
Cette démarche permettrait de dépasser les suspicions, de mieux utiliser les ressources disponibles, de réduire les ruptures dans les parcours et d’améliorer l’accès aux compétences médicales sur l’ensemble du territoire.
Une opportunité à transformer en engagements
Alors, les cabinets privés doivent-ils s’inquiéter de cette nomination ?
Rien ne permet de conclure que l’arrivée d’un nouveau ministre entraînera, à elle seule, une détérioration de leur situation.
Toutefois, les préoccupations des médecins libéraux méritent des réponses : elles reflètent des interrogations anciennes sur la régulation, les conditions de concurrence et la place de la médecine indépendante.
L’expérience du nouveau ministre peut constituer un atout pour comprendre les enjeux institutionnels.
Elle rend également indispensable une attention particulière à la transparence des arbitrages et à la confiance de tous les partenaires.
L’avenir dira si cette nomination ouvre une nouvelle étape dans les relations entre les secteurs public, privé et semi-public.
Le véritable enjeu n’est pas de déterminer qui gagnera ou perdra, mais quel modèle sanitaire le Maroc souhaite construire :
Un système où les secteurs se disputent les patients et les ressources, ou un système où leurs compétences se complètent au service de l’intérêt général.
Le succès du Pr Younes Bjijou se mesurera à sa capacité à transformer la diversité des acteurs en une force collective, sans sacrifier l’équité, la proximité ni la qualité des soins.
Rien ne permet de conclure que l’arrivée d’un nouveau ministre entraînera, à elle seule, une détérioration de leur situation.
Toutefois, les préoccupations des médecins libéraux méritent des réponses : elles reflètent des interrogations anciennes sur la régulation, les conditions de concurrence et la place de la médecine indépendante.
L’expérience du nouveau ministre peut constituer un atout pour comprendre les enjeux institutionnels.
Elle rend également indispensable une attention particulière à la transparence des arbitrages et à la confiance de tous les partenaires.
L’avenir dira si cette nomination ouvre une nouvelle étape dans les relations entre les secteurs public, privé et semi-public.
Le véritable enjeu n’est pas de déterminer qui gagnera ou perdra, mais quel modèle sanitaire le Maroc souhaite construire :
Un système où les secteurs se disputent les patients et les ressources, ou un système où leurs compétences se complètent au service de l’intérêt général.
Le succès du Pr Younes Bjijou se mesurera à sa capacité à transformer la diversité des acteurs en une force collective, sans sacrifier l’équité, la proximité ni la qualité des soins.












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