Faut-il poursuivre tous ceux dont le nom apparaît dans ces archives ?
Dans les sphères où se décident les fusions-acquisitions à plusieurs milliards, où la conformité juridique est épluchée ligne par ligne, où des cabinets spécialisés dissèquent la réputation d’un partenaire avant la moindre signature, personne ne “fréquente” durablement un homme comme Epstein sans avoir, au minimum, vérifié son passé.
Les multinationales paient des fortunes pour des audits de risque, des enquêtes de réputation, des analyses de vulnérabilité.
Les États disposent de services de renseignement parmi les plus sophistiqués de l’histoire humaine.
Et l’on voudrait nous faire croire que personne ne savait rien ?
En Russie, cela porte un nom hérité du KGB : le KOMPROMAT ou l’art de collecter des informations compromettantes afin d’exercer un chantage politique ou financier.
L’idée qu’Epstein ait pu servir d’outil dans une vaste entreprise de captation et de pression n’est pas une fantaisie romanesque ; elle est cohérente avec les logiques de pouvoir les plus classiques. Rien n’est plus efficace pour contrôler un homme influent que de détenir une preuve de sa chute possible.
Certains diront que ces dérives ont toujours existé.
Le scandale n’est plus confiné à une cour royale ou à un cercle aristocratique ; il devient planétaire en quelques heures. La technologie a brisé le monopole du récit détenu par les puissants.
Trop de noms peut anesthésier l’indignation. La transparence fragmentaire devient un instrument de contrôle : on lâche des bribes pour éviter l’explosion totale.
Ce qui a changé, surtout, c’est la conscience collective.
Elle nous rappelle que le pouvoir sans contrôle dérive toujours vers l’abus, que l’argent sans limite engendre la démesure, et que la connivence est le premier pas vers la corruption morale.
Une justice qui hésite face aux puissants se fragilise.
Sinon, ce ne sera pas seulement la réputation de quelques hommes qui s’effondrera, ce sera la confiance même dans l’ordre politique et moral contemporain.












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Le chef du gouvernement a reçu les avocats, le fera-t-il pour les médecins ?










