Le Maroc s’est résolument engagé dans une voie distincte, à rebours des orientations adoptées par des pays à caractéristiques comparables.
Ce choix est perçu, à l'époque, comme une compromission avec l'ancienne puissance coloniale Cette perception est aujourd’hui largement nuancée.
La politique du Maroc a permis de :
•Conserver un secteur public stratégique, l’OCP, pour la gestion du phosphate ; l’ODI, pour le développement industriel, les Banques, BMCE, BCP, Crédit Agricole, BNDE et,
•Engager, en 1973, une politique de « marocanisation » qui a permis le transfert, aux nationaux, d’une partie des terres agricoles et des entreprises détenues par des étrangers.
Dans la philosophie qu’il a adopté le Maroc a choisi de s’appuyer sur les élites bourgeoises et rurales sans les déposséder. Ce choix ne s'est, malheureusement, pas fait sans violence.
Les « années de plomb » ont marqué une grande partie de la fin du siècle. Elles continuent à être exploitées contre le Maroc. En effet le pays traine encore quelques casseroles, notamment auprès de la gauche extrême française, exploitées par nos ennemis, au bilan pourtant bien pire que le nôtre.
Pourtant deux ruptures globales sont venues valider le plan audacieux et à contre-courant du Roi Hassan II.
•La création de zones économiques spéciales de Shenzhen (1980),
•L’ouverture progressive aux capitaux étrangers Ces décisions ont acté, à l'intérieur même du bloc communiste, l'échec de la planification intégrale comme moteur de développement.
La chute du mur de Berlin (1989) puis l'effondrement du bloc soviétique achèvent de discréditer le modèle de l'économie planifiée comme alternative systémique. L’Égypte a vite compris que le projet « Bandung » était contre-productif.
Dès 1973 Anouar Sadate a changé d’alliance. L’Algérie le fera beaucoup plus tard avec les conséquences dramatiques de la décennie noire des années 1990.
Le Maroc, qui a subi de plein fouet les crises pétrolières des années 1973 et 1979, engage dès 1983 des plans d'ajustement structurel dans la douleur sociale mais sans rupture systémique.
C’est sous Mohammed VI que la diversification économique a pris tout son sens avec des plans pour le textile, le tourisme, l’automobile, l’aéronautique et le port de Tanger Med, ainsi que l’open sky faisant du Maroc un Hub international. Soixante ans plus tard on peut dire que le Maroc a fait le bon choix tout en précisant que le prix payé, la répression, a été très lourd.
On sait aujourd’hui que la souveraineté économique ne s’acquiert pas sur la seule rupture idéologique avec l'Occident, mais sur l'insertion maîtrisée dans l'économie mondiale.
Il reste toutefois encore du travail à faire. En effet le choix libéral a surtout profité à une oligarchie, creusé les inégalités territoriales et retardé la justice sociale sur trois plans : éducation, santé et justice.
Ce sont des chantiers lancés par le dernier discours du trône, mais encore timidement ouvert. C’est pourtant une urgence.
Par Bargach Larbi.












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Les Très Petites Entreprises ont-elles disparu des politiques publiques ?











