Un recentrage forcé vers le marché marocain
Habituellement, l’Union européenne absorbe l’essentiel des exportations maliennes de mangues. Mais depuis la saison précédente, les flux sont interrompus. Les livraisons ont été bloquées aux frontières européennes en raison de la présence de mouches des fruits détectées dans plusieurs cargaisons. Plus de soixante-trois cargaisons auraient ainsi été interceptées, entraînant une suspension des importations pour le reste de la campagne.
Cette suspension est toujours en vigueur cette saison. Face à cette fermeture prolongée, les producteurs maliens se tournent vers leurs marchés alternatifs, au premier rang desquels figure le Maroc, deuxième client historique du Mali pour ce fruit.
Des volumes importants attendus dès le début de la récolte
Les premières exportations vers le Maroc sont attendues dans environ un mois, période correspondant au début des récoltes. Les fruits sont actuellement en phase de floraison et les professionnels du secteur anticipent une production jugée stable, tant en quantité qu’en qualité, par rapport à la saison précédente.
La proximité géographique entre le Mali et le Maroc constitue un atout logistique majeur. Le circuit de transport reste relativement court, un élément déterminant pour un fruit aussi fragile que la mangue, sensible à la chaleur et à la durée de conservation.
Un impact attendu sur les prix
L’arrivée massive de mangues maliennes pourrait avoir un effet direct sur les prix sur les marchés marocains. L’abondance de l’offre laisse entrevoir des baisses significatives, rendant ce fruit plus accessible pour les consommateurs, alors qu’il était souvent considéré comme coûteux par le passé. Ce rééquilibrage des prix dépendra toutefois de la capacité du marché marocain à absorber les volumes annoncés et de la régularité des flux tout au long de la saison.
Un enjeu sanitaire toujours central
À l’origine des restrictions européennes figure un risque phytosanitaire lié à des mouches qui pondent leurs œufs sous l’épiderme des fruits mûrs. Conscients de cet enjeu, les autorités maliennes et les acteurs de la filière mangue ont engagé un plan d’action sur douze mois, axé sur la surveillance des mouches des fruits et le suivi de parasites identifiés comme à haut risque. La réussite de cette saison sera donc déterminante. Elle conditionnera non seulement l’écoulement des stocks maliens vers le Maroc, mais aussi la crédibilité future de la filière sur les marchés internationaux.












L'accueil















