Rappel méthodologique.
Chaque personne interrogée fournit une réponse numérique sur cette échelle, appelée échelle de Cantril.
Pour chaque pays évalué, le score de bonheur se décompose en plusieurs indicateurs mesurés : le PIB par habitant, le soutien social (le fait de pouvoir compter sur quelqu'un), l'espérance de vie en bonne santé, la liberté de faire des choix de vie, la générosité et la perception de la corruption.
"Ces six variables ont été initialement choisies comme étant les meilleures mesures disponibles de facteurs dont les données expérimentales et d'enquêtes ont démontré les liens significatifs avec le bien-être subjectif, et plus particulièrement avec l'évaluation de la vie", précise le rapport, signé chaque année par les économistes John F. Helliwell (Canada), Richard Layard (Royaume-Uni) et Jeffrey D. Sachs (États-Unis). A préciser cependant que le rapport est publié sous l’égide de l’ONU.
Le classement de cette année est établi sur la base d'une moyenne triennale – les données ont été recensées durant la période 2023-2025 –, ce qui lisse les fluctuations dues à des événements majeurs tels que les guerres ou les crises financières.
Au niveau du classement des pays, il n’y a pas un grand chamboulement par rapport aux données du rapport précédent.
On retiendra que les pays où il fait beau à vivre, ne sont pas forcément les pays les plus riches ou les plus forts de la planète. Ainsi, les « petits » pays européens figurent au top 10 du classement :
Finlande, Danemark, Suède, Norvège, Pays-Bas, Luxembourg …Par contre, des pays comme les Etats-Unis et la France arrivent respectivement à la position 27ème et 35ème.
Certaines tendances ne sont ni nouvelles, ni surprenantes. En bas du classement se trouvent généralement des pays en proie à d'importants conflits politiques et géopolitiques.
On y trouve l'Afghanistan à la dernière place (147), précédé par la Sierra Leone (146), le Malawi (145), le Zimbabwe (144), le Botswana (143), le Yémen (142), le Liban (141), et la République démocratique du Congo (140).
Les perdants et les gagnants de la course vers le bonheur.
La liste des winners et des losers ne concorde pas, là aussi, avec le niveau de la richesse.
Ainsi, la plupart des pays industrialisés occidentaux, sont aujourd’hui moins heureux qu’ils ne l’étaient entre 2006 et 2010, affirme le rapport : "Quinze d’entre eux ont connu des baisses significatives, contre quatre qui ont enregistré des hausses significatives."
A l’inverse, pas mal de pays du sud ont enregistré des progrès notables dont le Maroc qui a gagné 0,262 point entre les deux périodes occupant ainsi la 60ème place parmi les gagnants. La Serbie est le pays qui enregistre le plus grand gain avec 2,127 points.
La Chine a fait également un saut qualitatif en gagnant sur la période 1,395 points.
Des pays comme la Tunisie ou l’Egypte ont perdu respectivement 0,298 et 1,108 points.
L’Afghanistan fait carrément naufrage en perdant 2,874 points entre 213 et 2025 pour s’installer « confortablement » dans la dernière place. Le retour des talibans au pouvoir en 2021 y est pour quelque chose.
L’incidence du numérique sur le bonheur.
Ainsi, les chercheurs estiment que l'utilisation intensive des réseaux sociaux semble contribuer à la baisse de leur bien-être dans les pays anglophones et en Europe Occidentale, particulièrement chez les filles.
Ce constat corrobore avec d’autres analyses. Ainsi, le magazine Forbes reconnait « qu’une une utilisation intensive est associée à un bien-être beaucoup plus faible”, mais “ceux qui évitent délibérément les réseaux sociaux semblent aussi manquer certains effets positifs”.
Par ailleurs, "L'étude Pisa menée auprès de jeunes de 15 ans dans 47 pays montre que ceux qui utilisent les réseaux sociaux plus de 7 heures par jour ont un bien-être nettement inférieur à ceux qui les utilisent moins d'une heure."
« Nous démontrons qu’il existe désormais des preuves accablantes de préjudices directs graves et généralisés (tels que le cyberharcèlement et la sextorsion), ainsi que des preuves convaincantes de préjudices indirects préoccupants (tels que la dépression).
De plus, nous montrons que les préjudices et les risques pour les utilisateurs individuels sont si divers et d’une telle ampleur qu’ils justifient l’idée selon laquelle les réseaux sociaux causent des préjudices à l’échelle de la population.»(World Happiness Report 2026).
Problème à prendre au sérieux.
Le Maroc peut faire mieux !
Ce rang qui ne nous honore pas, est la combinaison de notre classement au 103ème rang d’après le PIB par habitant, au 142ème rang d’après le « soutien social », au 80ème rang d’après l’espérance de vie en bonne santé, 97ème d’après « la liberté de faire des choix de vie », au 144ème rang d’après la « générosité ».
Enfin, le pays occupe une bonne place parmi les pays corrompus : 47ème, juste derrière l’Irak (45ème), la Tunisie (36ème). Notons que ce classement concerne la moyenne de la période triennale 2023-2025.
Si notre classement au niveau de la corruption n’est pas surprenant tant ce fléau est devenu ravageur dans notre cher pays, il y a lieu de se poser de sérieuses interrogations sur notre mauvais score qui nous place avec les 5 derniers de la classe au niveau du soutien social et de la générosité. Deux valeurs fondatrices de la cohésion sociale et de la solidarité.
Pour conclure, on ne trouvera pas mieux que de rappeler notre conclusion de 2025 : « Notre pays dont nous sommes fiers en dépit de tout, a des atouts réels qui pourraient rendre les Marocains parmi les peuples les plus heureux de la planète.
C’est possible à condition de procéder aux ruptures nécessaires et d’aller droit vers le but. Une réelle volonté politique de « faire » est requise avant tout. La voie qui mène vers le salut est claire.
Il faut être aveugle politiquement pour ne pas s’en rendre compte. Il faut investir en premier lieu dans l’homme et pour l’homme en mettant le citoyen au cœur du processus de développement tout en veillant à la préservation de notre milieu naturel et la beauté de nos paysages et en renforçant les valeurs humanitaires de solidarité et de justice sociale ».
Par Abdeslam Seddiki.












L'accueil




Le vote déserté










