Dans ces conditions, l’analyse des données devient un levier important.
La sélection de variétés résistantes et mieux adaptées aux conditions locales ainsi que les innovations agronomiques en matière de gestion des sols et des nutriments peuvent alors atténuer les risques liés à l’instabilité climatique, en complément d’une meilleure gestion de la ressource hydrique.
Cependant, pour que cette dynamique s’enclenche, elle devra impérativement inclure les petits agriculteurs pour qu’ils puissent bénéficier des apports de la technologie grâce aux conseils agricoles.
C’est dire l’importance de la vulgarisation efficace pour qu’elle touche l’ensemble des acteurs du secteur agricole.
La transformation durable de l’agriculture marocaine exige donc une articulation fine entre savoir scientifique, innovation agronomique et inclusion sociale.
La modernité agricole n’est donc pas la prescription d’un modèle à suivre à tout prix, mais bien l’inverse, c’est-à-dire la diversité, ce que le digital contribuera à accentuer demain.
L’innovation est le moteur de cette modernité.
Le secteur agricole, par essence, innove sans cesse. Les agriculteurs doivent, depuis toujours, inscrire leurs activités dans des démarches de progrès ; hier pour produire plus et aujourd’hui pour produire mieux, en intégrant les nouvelles solutions et connaissances mises à disposition pour tenir compte des contraintes liées à l’incertitude climatique et à la rareté des ressources naturelles.
Le métier d’agriculteur est alors appelé à se transformer.
Une récente étude de la COMADER a mis en évidence que si l’emploi agricole se contracte en raison à la fois du désengagement progressif des jeunes et du vieillissement accéléré de la main-d’œuvre rurale, il enregistre aussi une dynamique moins visible mais plus structurante, caractérisée par la montée en puissance de l’emploi salarié agricole, reflet d’un progrès statutaire et d’une professionnalisation assumée.
L’enjeu de l’emploi salarié est donc fondamental demain en termes de recrutement, de formation, de management, de projection dans l’avenir et surtout de reconnaissance.
Dans ces conditions, la formation s’érige comme un enjeu essentiel pour réussir un métier qui à l’évidence, est devenu plus complexe car les agriculteurs, dont le niveau de scolarisation est encore globalement faible malgré les efforts déployés, doivent revoir leurs modes de production vers davantage de durabilité et de résilience tout en assurant la production alimentaire du pays.
Par ailleurs, l’accélération de la transformation digitale du secteur agricole nationale va sans doute favoriser l’émergence d’une « agri-tech » capable d’attirer une nouvelle génération d’entrepreneurs ruraux, pas forcément issus du milieu agricole.
A cet égard, les jeunes sont bien placés pour porter cette agriculture repensée qui requiert de plus en plus des compétences techniques et scientifiques.
De nouveaux destins économiques émergeront et constitueront la matrice de cette classe moyenne agricole indispensable au progrès social du pays.
L’important est de développer des politiques publiques efficaces et adaptées pour donner de l’attractivité à ces métiers, mais également pour favoriser de nouvelles installations à travers des dispositifs d’accueil et d’accompagnement à l’échelle des exploitations, des filières et des territoires.
Au passage, la qualité de l’enseignement en milieu rural devient un enjeu décisif car c’est bien l’un des fondamentaux de toute nouvelle expérience rurale. En définitive, nous avons affaire à une nouvelle conquête rurale, au service d’une ambition forte et légitime pour un Maroc intégré et conquérant.
Par Ikbal Sayah.












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