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Le renchérissement, conséquence du déni des réalités


Rédigé par le Vendredi 12 Avril 2024

Le monde entier attend, non sans inquiétudes, une très probable frappe de l’Iran en réaction au bombardement par Israël de son consulat à Damas, le 1er avril, et la contre-représailles qu’elle pourrait susciter.



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Israël n’a pas laissé à l’Iran d’autres choix que de s’impliquer directement dans le conflit en cours au Moyen Orient pour la simple raison que le gouvernement Netanyahou n’a lui-même d’autres choix que de chercher à élargir ledit conflit à l’ensemble de la région.

Après six mois de guerre dans la bande de Gaza et les plus de 32.000 morts palestiniens qu’elle a entraîné jusqu’à présent, ternissant pour longtemps la réputation d’Israël auprès de l’opinion publique mondiale, le gouvernement Netanyahou n’aurait réussi à tenir aucune de ses promesses aux Israéliens : aucun otage n’a été libéré et le Hamas est loin d’être anéanti.

L’acceptation de cette réalité et l’aveu d’échec qui en découle, sont, toutefois, impossibles à assumer par Benjamine Netanyahou et les membres radicaux de sa coalition.

Pour ces derniers, une catastrophique guerre régionale, qui n’exclut par le recours à l’arme nucléaire dont dispose Israël, serait toujours préférable à la reconnaissance d’une défaite.

Tel est pris qui croyait prendre

C’est le même déni de la réalité que l’on peut constater en Europe concernant le conflit en Ukraine. Kiev n’a aucune chance de remporter la guerre contre la Russie et n’en a, de toute manière, jamais eu la capacité.

En soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie, les Etats-Unis s’attendaient à un effondrement rapide de l’économie russe, et par conséquent, du régime de Vladimir Poutine. Ce scénario ne s’est pas produit.

L’économie russe affiche, pour 2023, un rutilant taux de croissance du Pib de l’ordre de 3,6%. Celle des Etats-Unis, qui aurait quand même profité de cette guerre au détriment de ses alliés européens, est parvenue à enregistrer un honorable 2,5%.

Les vrais dindons de la farce sont les pays de la zone euro, privés du gaz naturel russe bon marché, qui doivent se contenter d’un misérable 0,5%.

Après avoir dépensé quelques 14.000 milliards de dollars, depuis le 11 septembre 2001, dans des guerres qui n’ont rien apporté au peuple américain, et cumulé une dette colossale de 34.000 milliards de dollars (impossible à rembourser), les Etats-Unis ne sont plus aussi enthousiasmes pour financer et armer l’Ukraine pour qu’elle puisse continuer son conflit contre la Russie.

Comme il n’est pas du tout question pour l’administration Biden de reconnaître, après le retrait d’Afghanistan en 2021, la réalité de cette nouvelle défaite, cette fois-ci en Europe orientale, Washington compte bien se décharger du soutien à l’Ukraine sur ses alliés européens.

Angoissant jusqu’auboutisme

Les pays européens, désindustrialisés et actuellement plongés dans un marasme économique, n’ont évidemment pas les moyens d’apporter une aide efficace à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie.

Mais là encore, il n’est pas envisageable pour les Emmanuel Macron, Olaf Scholtz, Rishi Sunak et autre Ursula Von Der Leyen de regarder la réalité en face.

Cela reviendrait à avouer à leurs électeurs qu’ils les ont bercés d’illusions, depuis plus de deux ans, en leur faisant croire qu’ils étaient en capacité « d’empêcher la Russie de gagner la guerre » (dixit Macron), ce qui, d’ailleurs, ne veut rien dire en soi.

Le reste du monde voit parfaitement les dirigeants israéliens et occidentaux s’entêter dans leurs fourvoiements et s’en inquiète.

Jusqu’où entraineront-ils l’humanité dans leur aveuglement ?





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 12 Avril 2024

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