1. Changement d’échelle : la dynamique des volumes
- Capacité productive (×60) : La production industrielle a bondi de 14,2 MMDH à 841,7 MMDH. Le chiffre d’affaires suit cette tendance, atteignant désormais 897,8 MMDH (contre 15 MMDH en 1976).
- Création de richesse : La valeur ajoutée a grimpé de 3,7 MMDH à 240 MMDH, confirmant la densification du tissu productif.
- Investissement (×120) : L’effort d’accumulation de capital est passé de 741 MDH à 89,6 MMDH.
- Projection mondiale (×300) : Les exportations sont passées de 1,3 MMDH à 400,6 MMDH, validant l’insertion du Maroc dans l’économie globale.
- Massification de l’emploi : L’effectif industriel global a été multiplié par près de 7, passant de 155.483 à 1.038.133 personnes.
2. Changement de nature : montée en gamme technologique
Le constat chiffré : La part des industries de moyenne et haute technologie est devenue majoritaire, passant de 20,2 % en 1976 à 50,5 % en 2024.
Les implications structurelles : Ce basculement traduit trois évolutions simultanées :
- Une sophistication accrue des procédés productifs ;
- Une intensification du capital et des compétences (humaines et techniques) ;
- Une intégration renforcée dans des chaînes de valeur mondiales plus complexes.
3. Recomposition sectorielle des exportations
- L’émergence de nouveaux champions : Le secteur du matériel de transport (automobile, aéronautique, ferroviaire…) passe d’une part marginale de 1 % à 47 % des exportations industrielles, devenant le premier poste exportateur.
- La consolidation de la chimie : La chimie et parachimie (incluant la pharmaceutique) a vu sa part plus que doubler, passant de 10 % à 24 %.
- Le recul relatif des secteurs historiques : L’agroalimentaire et le textile cuir, qui représentaient ensemble 86 % des exportations en 1976, voient leur poids relatif diminuer au profit de filières à plus forte valeur ajoutée.
4. Structure de l’emploi : une reconfiguration majeure
- L’émergence d’un nouveau pôle d’emploi : Le secteur du matériel de transport (automobile, aéronautique, ferroviaire…) progresse fortement, sa part dans l’emploi passant de 4 % à 27 %, traduisant un transfert de main-d’œuvre vers des filières plus technologiques.
- La résilience des piliers traditionnels : Bien qu’en repli relatif, le textile et cuir (passant de 35 % à 24 %) et l’agroalimentaire (de 23 % à 20 %) demeurent des gisements d’emplois essentiels. Ils concentrent encore à eux deux 44 % de l’emploi industriel (contre 58 % en 1976).
- Évolution différenciée de la chimie : La chimie et parachimie (de 13 % à 10 %) voit son poids dans l’emploi diminuer, suggérant une croissance portée davantage par la valeur (capital-intensive) que par le volume de main-d’œuvre.
Enseignements transversaux
À mesure que l’industrie gagne en taille, en technologie et en intégration internationale, la question centrale n’est plus uniquement celle de la construction des capacités, mais celle de leur articulation, de leur diffusion et de leur cohérence au sein de l’ensemble du système productif.
Un socle pour la « Nouvelle Ère Industrielle »
Le Royaume a réussi le pari de l’industrialisation en opérant une triple mutation qui sert aujourd’hui de tremplin :
- Une mutation d’échelle (Dimensionnelle) : Avec un appareil productif générant 60 fois plus de richesse et dépassant le cap du million d’emplois, le secteur a atteint une masse critique garante de résilience.
- Une mutation qualitative (Technologique) : La prédominance de la moyenne et haute technologie (50,5 %) autorise désormais le passage à des paliers supérieurs de complexité (R&D, innovation).
- Une mutation compétitive (Structurelle) : L’affirmation de champions mondiaux valide notre modèle d’intégration aux chaînes de valeur globales, levier indispensable pour la conquête de futurs marchés.












L'accueil




Wald Maâlam : et si le Maroc installait l’intelligence artificielle médicale dans ses rues ?










