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Ma patrie… mon avenir… Trois jeunes, un café et la question qui vaut toutes les promesses électorales


Les campagnes électorales ont ceci de particulier qu’elles font parfois pousser les promesses plus vite que les projets… Pourtant, derrière les slogans et les affiches, une génération observe, doute, questionne… mais continue de chercher… Elle ne demande plus qu’on lui promette le Maroc idéal… elle veut savoir quel Maroc est réellement possible, comment le construire et quelle place elle y occupera… C’est précisément autour d’un café, au détour d’une conversation avec trois jeunes, que cette question m’a été posée…



Par Mohammed Yassir Mouline

Tout en sirotant mon café, comme à mon habitude, je regardais et j’écoutais ce qui se tramait sur la scène politique marocaine… Les élections approchaient, les partis affûtaient leurs discours, les slogans commençaient à fleurir sur les affiches et, comme à chaque saison électorale, les promesses se mettaient à pousser plus vite que les mauvaises herbes après la pluie…
 
À la table voisine, trois jeunes hommes discutaient justement de tout cela… Ils avaient cette façon bien particulière qu’ont les jeunes de parler politique… avec sérieux lorsqu’ils parlent de leur avenir, avec ironie lorsqu’ils parlent des politiciens et avec cette franchise parfois brutale de ceux qui n’ont plus beaucoup de patience pour les discours bien emballés… L’un faisait défiler sur son téléphone quelques programmes électoraux… Un autre commentait les promesses qui circulaient sur les réseaux sociaux… Le troisième, visiblement plus sarcastique, riait devant certaines propositions qu’il jugeait aussi généreuses que difficiles à financer…
— Ils vont encore tout nous promettre, lança le premier.
— Oui, et après les élections, ils vont nous expliquer pourquoi ce n’était pas possible, répondit le deuxième.
Le troisième leva sa tasse de café comme pour porter un toast :
— À la santé des promesses électorales ! Elles sont toujours gratuites… surtout pour ceux qui les font…
 
Je souris… Mais derrière leurs plaisanteries, quelque chose était beaucoup moins drôle… Il y avait du désenchantement… Pas un désintérêt pour la politique… Bien au contraire… Ces jeunes voulaient comprendre… Ils voulaient choisir… Ils voulaient participer… Ils voulaient même croire encore en la politique… Mais ils ne voulaient plus être pris pour des spectateurs auxquels on distribue, à chaque campagne, quelques slogans, quelques promesses et beaucoup de grandes phrases… Ils cherchaient quelque chose de beaucoup plus simple et, paradoxalement, beaucoup plus difficile… un programme réaliste, réalisable, débarrassé de la surenchère électorale et capable de transformer les promesses en résultats…
 
C’est alors que celui que je connaissais depuis quelque temps se tourna vers moi… Avec cette politesse que l’on rencontre encore chez certains jeunes lorsqu’ils s’adressent à quelqu’un qu’ils considèrent comme plus expérimenté, il me demanda :
À votre avis, vers quelle voie nous orienteriez-vous si nous sollicitions vos conseils, forts de votre expérience de la vie ?
 
Je posai ma tasse… La question méritait mieux qu’une réponse improvisée… Je regardai les trois visages devant moi. Ils ne cherchaient pas un discours partisan. Ils ne me demandaient pas pour qui voter. Ils me demandaient simplement comment reconnaître un projet politique sérieux dans cette forêt de promesses où chaque parti semble découvrir, à la veille du scrutin, la recette miracle du Maroc de demain… Je leur répondis :
— Si vous me demandez mon conseil, ne commencez surtout pas par regarder les slogans… Regardez ce qu’il y a derrière…
Un silence s’installa…
Un programme électoral sérieux, continuai-je, ne doit pas vous promettre de transformer le Maroc en paradis en cinq ans... Il doit vous expliquer comment améliorer le Maroc réel… Il doit vous parler de votre école, de votre emploi, de votre famille, de votre santé, de votre pouvoir d’achat, de votre dignité... Mais il doit également vous parler de l’État, de l’économie, de la souveraineté et de la responsabilité…
 
Je leur posai alors une question :
— Et surtout, demandez à chaque parti… comment allez-vous réaliser ce que vous promettez ?... Parce que la politique n’est pas un concours de générosité… Celui qui promet le plus n’est pas nécessairement celui qui fera le plus… La véritable ambition politique commence précisément là où s’arrête la surenchère…
 
Je leur parlai alors du programme du Parti de l’Istiqlal, « Ma patrie… mon avenir »… Non pas comme on récite une brochure électorale, mais comme on ouvre une carte pour regarder le chemin proposé… Le programme part d’une idée essentielle… la puissance du Maroc ne se mesure pas uniquement à ses grands projets, à ses investissements, à ses infrastructures ou à ses performances économiques… Elle se mesure aussi à la dignité de chacun de ses citoyens… Un Maroc puissant est celui où l’enfant peut recevoir une éducation de qualité… où la famille peut vivre dans la stabilité… où l’hôpital public accueille le malade avec respect… où le pouvoir d’achat ne devient pas une épreuve quotidienne… où le mérite compte davantage que les réseaux… où la corruption et la rente ne peuvent transformer l’intérêt général en propriété privée… et où le jeune Marocain regarde l’avenir avec l’envie de construire ici plutôt qu’avec le sentiment qu’il faudrait nécessairement partir pour réussir…
 
— Mais concrètement ? demanda l’un des jeunes…
J’eus presque envie de sourire… C’était précisément la bonne question…
Concrètement, regardez les piliers du programme, leur répondis-je... C’est là que vous verrez s’il s’agit d’un catalogue de promesses ou d’une véritable architecture politique…
 
Le premier pilier touche à la famille et aux valeurs… Je leur expliquai qu’il ne s’agit pas d’un détour sentimental, mais d’un point de départ politique… Car avant de parler d’économie, d’emploi ou de souveraineté, il faut parler de cette cellule fondamentale dans laquelle se construit l’individu… la famille… Préserver sa stabilité, protéger l’enfance, renforcer la cohésion sociale, soutenir l’éducation et les valeurs qui permettent à la société de rester debout, c’est aussi préparer le Maroc de demain…
— Un pays qui veut préparer son avenir, leur dis-je, doit d’abord protéger ceux qui vont le porter…
 
Le deuxième pilier s’attaque à une question qui empoisonne depuis longtemps le rapport entre le citoyen et la politique… la corruption, la rente et les conflits d’intérêts… Là encore, le discours est simple… L’intérêt général ne doit appartenir à personne… Le mérite ne doit pas être condamné à regarder passer les privilèges… Et l’État ne peut demander au citoyen de respecter les règles si certains pensent pouvoir vivre au-dessus d’elles…
— Vous voulez croire en la politique ? leur demandai-je… Alors regardez toujours ce qu’un programme propose pour restaurer la confiance… Car la confiance ne se décrète pas… Elle se mérite…
 
Le troisième pilier nous ramène brutalement à la réalité de chaque foyer… le pouvoir d’achat et le renforcement de la classe moyenne… Je leur fis remarquer qu’on peut parler pendant des heures de croissance, d’investissement, de grands équilibres économiques et de statistiques triomphantes… Mais lorsque les dépenses quotidiennes deviennent une bataille permanente, les grands chiffres finissent par perdre leur pouvoir de consolation… Une famille veut d’abord pouvoir vivre dignement de son revenu… Elle veut pouvoir se nourrir, se loger, se soigner, éduquer ses enfants et préparer son avenir sans avoir l’impression que chaque fin de mois ressemble à une opération de haute voltige
— La politique économique, leur dis-je, commence aussi au fond du panier de la ménagère.
 
Le quatrième pilier concerne l’État social et les services publics… L’école… L’hôpital… Les services administratifs… Tout ce que le citoyen rencontre dans sa vie quotidienne…
— Vous savez pourquoi ce pilier est essentiel ? leur demandai-je…
Ils me regardèrent…
— Parce que c’est là que le citoyen rencontre réellement l’État… Pas dans les discours… Pas dans les meetings… Pas dans les affiches… Dans l’école où il inscrit son enfant... Dans l’hôpital où il accompagne son père… Dans l’administration où il vient chercher un document… Un État social crédible doit donc garantir des services publics efficaces, accessibles et respectueux de la dignité humaine… Une école qui donne sa chance… Un système de santé qui soigne... Une administration qui accompagne au lieu de décourager…
 
Puis vient le cinquième pilier… la souveraineté stratégique du Maroc… À ce moment-là, le jeune homme qui avait jusque-là beaucoup écouté leva les yeux de son téléphone… Je lui expliquai que la souveraineté ne se résume plus à défendre une frontière ou à brandir un drapeau… Elle se construit aussi autour de l’eau, de l’énergie, de l’alimentation, des médicaments, de l’industrie, du numérique et des capacités technologiques du pays… Un Maroc souverain doit pouvoir réduire ses dépendances stratégiques, protéger ses intérêts, renforcer son économie productive et conserver la liberté de décider de son avenir…
 
— Voilà pourquoi, leur dis-je, le social et la souveraineté ne sont pas deux sujets différents… Un pays qui ne protège pas ses citoyens s’affaiblit… Un pays qui ne maîtrise pas ses ressources stratégiques se fragilise… Et un pays qui ne prépare pas sa jeunesse compromet les deux…
 
Il restait alors le sixième pilier… Je marquai une pause…
— Celui-là, vous devriez l’écouter particulièrement attentivement… La jeunesse… Le Pacte pour la jeunesse…
Je regardai les trois garçons…
Parce qu’un programme peut parler de la jeunesse… Mais la vraie question est de savoir s’il lui parle réellement… Une jeunesse ne demande pas seulement qu’on parle d’elle pendant une campagne… Elle demande une école qui prépare à l’emploi, une formation qui corresponde au marché, une possibilité d’entreprendre, une insertion professionnelle, une autonomie et une place dans la décision publique… Elle demande surtout qu’on ne lui dise pas simplement : « vous êtes l’avenir », tout en lui laissant le présent sans réponse… Le programme veut notamment agir contre ces situations où un jeune se retrouve durablement en dehors des études, de la formation, de l’emploi ou d’un parcours d’accompagnement, et mise également sur les nouvelles opportunités offertes par le numérique, le travail à distance et les métiers émergents…
 
— Mais surtout, ajoutai-je, ne considérez pas ce Pacte comme une faveur accordée à la jeunesse… La jeunesse n’est pas une faveur… Elle est une force nationale… Et c’est peut-être ici que le slogan « Ma patrie… mon avenir » prend sa véritable dimension… Car il ne signifie pas simplement : J’aime mon pays… Il signifie : Mon avenir doit pouvoir se construire dans mon pays… La nuance est immense… On peut toujours séduire une jeunesse avec des slogans… On peut même lui promettre la lune, les étoiles et, pourquoi pas, une navette pour y aller… Mais convaincre durablement une génération exige autre chose… Il faut lui montrer le chemin… Il faut lui dire ce qui est possible, ce qui est prioritaire, ce qui peut être exécuté, ce qui nécessitera du temps et ce qui dépendra aussi de la mobilisation collective… Il faut avoir le courage de dire : voilà ce que nous voulons faire… voilà pourquoi nous voulons le faire… voilà comment nous comptons le faire… et voilà comment vous pourrez nous juger…
 
Je regardai les trois jeunes… Leur ironie du début avait disparu… Ils écoutaient désormais comme on écoute quelque chose qui concerne directement sa propre vie…
— Vous comprenez maintenant pourquoi je vous dis de ne pas juger un programme à la quantité de ses promesses ? leur demandai-je.
Le premier hocha la tête...
— Il faut regarder sa cohérence…
— Et sa faisabilité, ajouta le deuxième.
Le troisième sourit :
— Et surtout, savoir qui paiera la facture !
Je ris…
— Voilà… Vous commencez à faire de la politique…
 
Car à force de transformer les campagnes électorales en enchères publiques, la politique finit par perdre ce qui devrait constituer son capital principal… la crédibilité… Le citoyen n’est pas naïf… Et la jeunesse l’est encore moins… Elle sait reconnaître une promesse spectaculaire lorsqu’elle n’est accompagnée d’aucun mode d’emploi… Elle sait également reconnaître un projet lorsqu’il ne cherche pas à l’impressionner mais à lui parler franchement… C’est pourquoi un programme qui évite la surenchère et accepte de parler de priorités, de moyens, d’exécution et de résultats mérite d’être lu autrement qu’un simple tract électoral…
 
Le programme « Ma patrie… mon avenir » cherche précisément à relier les préoccupations quotidiennes aux grandes questions nationales… la famille pour construire une société solide… la lutte contre la corruption et la rente pour restaurer la confiance… le pouvoir d’achat et la classe moyenne pour protéger le quotidien… l’État social pour garantir la dignité… la souveraineté stratégique pour défendre l’indépendance du Maroc… et la jeunesse pour donner un visage à l’avenir… Six piliers… Une même logique… Partir de l’humain pour renforcer la Nation…
 
Je repris lentement ma tasse de café…
— Votre génération n’a pas besoin qu’on lui promette un Maroc imaginaire... Elle a besoin qu’on lui présente un Maroc possible…
Un silence…
Puis le jeune homme qui m’avait posé la question au début me répondit :
Donc, finalement, le programme ne nous demande pas seulement de voter pour demain… il nous demande de réfléchir à ce que nous voulons faire de demain…
Je lui répondis :
— Exactement… Et c’est peut-être là que réside toute la différence… « Ma patrie… mon avenir » ne dit pas seulement à la jeunesse : « voici ce que nous allons faire pour vous ». Il lui dit aussi : « voici le Maroc que vous aurez à construire avec nous »… Car un pays ne transmet pas seulement un héritage à sa jeunesse… Il lui confie un avenir… Et cet avenir ne peut pas être construit à coups de promesses impossibles, de surenchères électorales ou de slogans jetables après le scrutin… Il doit être construit par le travail, la responsabilité, la confiance, la compétence et la continuité…
 
C’est ici que Al Mizan entend inscrire sa démarche… Non pas dans le bruit de celui qui promet le plus, mais dans la conviction que la politique doit redevenir une affaire de projet, de responsabilité et de résultats… Car la politique n’est pas l’art de promettre l’impossible… C’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaireEt le Maroc de demain n’a pas besoin d’une jeunesse à qui l’on vend des rêves en promotion… Il a besoin d’une jeunesse convaincue, exigeante, responsable et suffisamment confiante pour prendre part à la construction du pays… Une jeunesse qui ne soit pas seulement appelée à applaudir le Maroc de demain, mais à le bâtir…
 
Alors, au moment de choisir, que les jeunes ne demandent pas seulement : « Qu’allez-vous nous promettre ? »… Qu’ils demandent : « Qu’allez-vous réellement faire ? Avec quels moyens ? Dans quels délais ? Et comment pourrons-nous vous demander des comptes ? »… C’est à cette question que se reconnaît la maturité politique… Et c’est peut-être cela, finalement, que « Ma patrie… mon avenir » veut dire à toute une génération : ne vous contentez pas de rêver du Maroc de demain... Exigez qu’on vous présente le chemin pour y parvenir… Parce qu’une patrie n’est véritablement un avenir que lorsque sa jeunesse peut y voir son propre avenir…
 
Et qu’un programme politique ne devient véritablement un contrat avec la société que lorsqu’il accepte de passer du papier au terrain, du slogan à l’action, de la promesse au résultat… Le reste ?
Le café refroidit… Les affiches se décollent… Les slogans passent… Mais le Maroc, lui, reste… Et c’est précisément pour cela que son avenir mérite mieux qu’une surenchère électorale… Il mérite un projet, une méthode et une génération prête à le porter…
 
« Ma patrie… mon avenir » : six piliers pour une ambition simple… construire un Maroc où la dignité du citoyen devient la force de la Nation, et où la jeunesse ne regarde plus l’avenir depuis la rive de l’attente, mais depuis le cœur même du pays qu’elle est appelée à bâtir…
 
Wa Assalamou Alaikoum wa Rahmatou Allah.



Mardi 1 Septembre 2026

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