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Maroc–Canada : l’arbitre “Lucky Luke du carton jaune”

Heureusement que l’arbitre n’avait pas trouvé les cartons rouges dans sa poche


Rédigé par le Dimanche 5 Juillet 2026



Le Maroc a gagné trois à zéro contre le Canada. Net, propre, clinique. Mais avant de parler des buts, de la qualification et du quart face à la France, il ne faut pas oublier l’homme qui a failli devenir le personnage principal du match : l’arbitre.

Michael Oliver avait manifestement décidé de ne pas laisser ses cartons jaunes dormir au fond de sa poche. Six cartons dès la première mi-temps, dont quatre contre le Maroc, pour un match qui ressemblait parfois moins à un huitième de finale qu’à un contrôle technique collectif. Au total, la rencontre a compté huit cartons jaunes, zéro rouge, et trente-huit fautes selon les données publiées après le match. 

Heureusement, il n’avait visiblement pas trouvé les cartons rouges. Ou alors il les avait laissés dans le vestiaire, entre le sifflet de secours et la notice du VAR. Car à ce rythme-là, le Maroc aurait pu finir le match à neuf, le Canada à dix, et le ballon tout seul au rond central.

La première mi-temps marocaine fut étrange. Pas catastrophique, mais bizarre. Le Canada a démarré fort, avec de l’intensité, trois corners dans les premières minutes et une vraie occasion de Tani Oluwaseyi, sortie par Yassine Bounou. Le Maroc, lui, a d’abord défendu, encaissé la pression, regardé l’arbitre sortir ses avertissements comme un douanier distribue les formulaires. 

Et pourtant, c’est là que cette équipe a montré quelque chose d’important. Quand le jeu n’était pas fluide, quand le pressing canadien gênait la relance, quand chaque contact ressemblait à une convocation disciplinaire, le Maroc n’a pas paniqué. Il a défendu. Il a serré les dents. Il a attendu.

Puis la seconde mi-temps est arrivée. Et là, changement de film. Le Maroc est passé du mode “survivre sans carton rouge” au mode “terminer le travail”. Azzedine Ounahi a ouvert le score dès le retour des vestiaires sur une combinaison bien sentie, avant d’inscrire un doublé. Soufiane Rahimi a ensuite fermé la boutique en fin de match. Résultat : trois à zéro, qualification, et direction les quarts. 

C’est cela, aussi, une grande équipe : ne pas confondre nervosité et naufrage. Le Maroc a eu une première mi-temps confuse, mais il n’a pas perdu son âme. Il a laissé passer l’orage canadien, puis il a frappé quand il fallait. Le Canada a eu l’énergie ; le Maroc a eu la patience. Le Canada a eu le rythme ; le Maroc a eu le réalisme.

On pourra discuter de l’arbitrage, du nombre de fautes, de cette pluie de cartons jaunes. Mais le tableau final reste implacable : zéro carton rouge, zéro but encaissé, trois buts marqués. Même l’arbitre n’a pas réussi à voler la vedette au score.

La leçon est simple : gagner, c’est gagner. Même quand la première mi-temps donne l’impression que l’arbitre est venu avec une imprimante à cartons. Même quand le match démarre dans le désordre. Même quand il faut d’abord défendre avant de séduire.

Le Maroc n’a pas seulement battu le Canada. Il a survécu à l’intensité, à l’impatience, aux cartons et aux nerfs. Et parfois, dans une Coupe du monde, c’est exactement comme cela qu’on devient dangereux.





Dimanche 5 Juillet 2026

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