En marge du Salon international de l’agriculture de Paris, le ministre marocain de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, s’est entretenu dimanche à Paris avec son homologue française Annie Genevard, en présence de l’ambassadrice du Maroc en France, Samira Sitaïl. Cette rencontre a permis aux deux responsables de saluer l’excellence des relations agricoles entre les deux pays, consolidées par la signature en 2024 d’un accord-cadre couvrant les secteurs agricole et forestier, ainsi que par plusieurs arrangements administratifs sectoriels.
Au-delà des formules diplomatiques, les deux parties ont exprimé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre des feuilles de route adoptées. L’élevage, la formation agricole, la santé animale et végétale figurent parmi les axes prioritaires. Mais c’est surtout la gestion durable des ressources hydriques qui s’impose comme le cœur de cette coopération.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, la question de l’eau est devenue structurante. La ministre française a souligné que le Maroc et la France font face à des défis similaires, ce qui renforce la pertinence d’un partage d’expertise et d’innovations. Au Maroc, où les campagnes agricoles restent étroitement dépendantes des précipitations, la maîtrise de l’eau conditionne à la fois la production, les revenus ruraux et l’équilibre social des territoires.
Les deux ministres ont également insisté sur l’importance des partenariats en matière d’enseignement et de recherche agricoles. Instituts de formation, universités et centres techniques sont appelés à jouer un rôle central dans la modernisation du secteur et dans l’accompagnement des transitions climatiques et technologiques. Cette coopération académique est perçue comme un investissement stratégique pour les générations futures.
Annie Genevard a par ailleurs salué la participation du Maroc à cet événement international majeur, rappelant que le Royaume avait été invité d’honneur lors de l’édition précédente. Elle a également évoqué la nouvelle impulsion donnée aux relations bilatérales depuis la visite du président Emmanuel Macron au Maroc en 2024.
Sur le plan économique, les échanges agricoles entre les deux pays continuent d’afficher une dynamique positive. Les filières végétales et animales se développent dans un esprit de complémentarité, soutenant les exportations, le transfert de savoir-faire et la montée en gamme des productions.
Considéré comme le plus grand événement agricole en France et l’un des plus importants au monde, le salon constitue une plateforme stratégique réunissant professionnels, décideurs publics, chercheurs et consommateurs. L’édition 2025 a attiré plus de 600 000 visiteurs, confirmant le rayonnement international de ce rendez-vous incontournable et son rôle de vitrine des innovations agricoles, des produits du terroir et des enjeux liés à la sécurité alimentaire et au développement durable.
Dans les allées animées du salon, un producteur marocain confiait, entre deux rendez-vous : « Aujourd’hui, l’agriculture ne se pense plus seul. L’eau, le climat, les marchés… tout nous oblige à coopérer. » Une remarque simple, mais révélatrice d’un partenariat qui dépasse les protocoles pour s’ancrer dans les réalités du terrain.
Face aux tensions hydriques et aux impératifs de sécurité alimentaire, la coopération agricole entre le Maroc et la France prend une dimension stratégique. Entre innovation, gestion de l’eau et formation des nouvelles générations rurales, elle esquisse les contours d’une agriculture plus résiliente et d’un avenir partagé.












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