Un message de calme dans un contexte sous tension
Le timing n’est pas anodin. La rencontre s’inscrit dans un contexte encore chargé d’émotions sportives, après une finale de CAN qui a suscité passions, polémiques et images parfois difficiles à encaisser pour les deux peuples. Ousmane Sonko n’a pas esquivé le sujet. Il a reconnu l’existence de dépassements regrettables et d’une charge émotionnelle forte, tout en appelant clairement à ne pas laisser l’émotion l’emporter sur la raison.
Pour le chef du gouvernement sénégalais, la véritable portée historique de ce moment réside justement dans la capacité des deux États à dépasser l’instant, à prendre de la hauteur et à préserver une relation construite sur le long terme. Un message direct, sans détour, dans un climat où les réseaux sociaux peuvent parfois enflammer plus vite que la diplomatie n’apaise.
« Ma visite n’est pas liée à la finale de la CAN »
Point important de son allocution : Ousmane Sonko a tenu à dissocier clairement sa visite officielle de l’événement sportif. Selon lui, ce déplacement au Maroc n’est en aucun cas une réaction à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
Il a insisté sur le fait que cette visite avait été préparée bien avant la compétition et qu’elle s’inscrivait dans une logique politique structurante. « Elle constitue une étape politique d’une importance majeure », a-t-il affirmé, soulignant qu’il ne s’agit ni d’un geste symbolique de circonstance ni d’un déplacement dicté par l’actualité sportive.
Des relations ancrées dans l’histoire et le spirituel
Le Premier ministre sénégalais a ensuite déroulé une lecture plus profonde des relations maroco-sénégalaises. Il a évoqué des relations millénaires, remontant à plusieurs siècles, forgées par les routes commerciales historiques reliant le Maroc à sa profondeur africaine via le Sénégal.
Ces échanges ont, selon lui, façonné des liens humains spontanés, loin des alliances conjoncturelles. À cette dimension historique s’ajoute une dimension spirituelle forte, incarnée par le statut d’Amir Al Mouminin du Roi Mohammed VI et par les liens soufis, notamment autour de la confrérie Tijaniyya, très influente au Sénégal. Sonko a souligné que cet héritage religieux a joué un rôle déterminant dans le renforcement des liens culturels et humains entre les deux pays, un socle souvent sous-estimé mais central dans la relation bilatérale.
Coopération économique et ambitions partagées
Sur le plan institutionnel, Ousmane Sonko a rappelé que le cadre juridique entre Rabat et Dakar repose sur plus de 140 accords de coopération, couvrant aujourd’hui presque tous les secteurs. Il a salué la présence des entreprises marocaines au Sénégal, actives notamment dans la banque, l’assurance, l’agroalimentaire, les BTP, les mines, la pharmacie ou encore l’énergie.
Ces entreprises, a-t-il précisé, font partie intégrante du tissu économique sénégalais et bénéficient des mêmes droits et obligations que les acteurs locaux. En miroir, il a exprimé le souhait de voir les hommes d’affaires sénégalais accéder plus largement au marché marocain, un sujet qui sera au cœur du forum économique prévu à Casablanca.












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